À 45 jours des législatives, les républicains dévoilent leur «engagement pour l'Amérique»

Les républicains espèrent ainsi priver les démocrates de leurs majorités au Congrès (Photo, AFP).
Les républicains espèrent ainsi priver les démocrates de leurs majorités au Congrès (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 24 septembre 2022

À 45 jours des législatives, les républicains dévoilent leur «engagement pour l'Amérique»

  • Les conservateurs ont promis une «énergie fabriquée aux Etats-Unis»
  • Ce scrutin est toujours périlleux pour le pouvoir en place

WASHINGTON: Un combat acharné contre l'inflation, la criminalité et l'immigration, et une défense de la "liberté": à 45 jours des élections législatives américaines, le parti républicain a présenté vendredi le programme qu'il prévoit d'appliquer s'il venait à s'emparer du pouvoir au Congrès.

Réunis dans un entrepôt dans la banlieue de l'ancien bastion industriel de Pittsburgh, dans le nord-est du pays, les conservateurs ont dévoilé leur "Engagement pour l'Amérique", une série de mesures qui permettent au parti de se définir autrement que dans son opposition aux politiques du président démocrate Joe Biden.

"Nous avons passé la dernière année et demie -- l'ensemble des républicains de ce groupe -- à parcourir le pays pour écouter vos problèmes, combattre ce que les démocrates ont fait", a déclaré Kevin McCarthy, qui espère devenir le prochain président de la Chambre des représentants, à l'issue des élections de mi-mandat de novembre.

Le choix de ce lieu ne doit rien au hasard: la Pennsylvanie, Etat connu autant pour ses grands centres urbains que pour ses industries en déclin, détient probablement la clé des élections législatives.

Ce scrutin, lors duquel l'ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat sont renouvelés, est toujours périlleux pour le pouvoir en place, et les républicains espèrent ainsi priver les démocrates de leurs majorités au Congrès.

«Payer le plein d'essence»

En Pennsylvanie vendredi, les conservateurs ont d'abord passé de longues minutes à éreinter le bilan de Joe Biden et d'un Congrès aux mains des démocrates sur l'inflation.

"En parcourant le pays, des salles à manger des gens aux usines, nous avons entendu le même problème", a assuré le leader républicain Kevin McCarthy. "Comment puis-je me payer mon plein d'essence? Ma nourriture, mon lait?", a-t-il énuméré.

Les conservateurs ont promis une "énergie fabriquée aux Etats-Unis", sans toutefois faire la moindre mention du dérèglement climatique.

Devant cette assemblée, les républicains se sont aussi longuement attardés sur l'immigration, un sujet explosif aux Etats-Unis, qui l'est encore davantage à quelques semaines des élections. L'opposition accuse les démocrates d'avoir transformé la frontière avec le Mexique en passoire.

Sur ce sujet, le "Grand Old Party" a donné la parole à un shérif local, James Custer, énumérant le nombre d'overdoses au fentanyl dans son comté. "Ces overdoses sont directement liées au fait que notre frontière au sud soit ouverte", a-t-il dénoncé, ces opiacés provenant très souvent du Mexique.

Les républicains promettent également à l'Amérique un "avenir fondé sur la liberté", notamment dans les écoles du pays, théâtres ces dernières années de débats enflammés sur le confinement, le port du masque, la vaccination anti-Covid ou l'enseignement du racisme.

Angle d'attaque 

Une façon de mobiliser leur électorat sur des sujets de société, après des années de lutte contre l'avortement.

Depuis la décision de la Cour suprême qui a dynamité en juin le droit constitutionnel à avorter aux Etats-Unis, les conservateurs se montrent bien plus discrets sur cette question, conscients que des positions trop extrêmes pourraient leur coûter cher dans les urnes.

Les démocrates ont au contraire fait de cette question leur principal angle d'attaque.

S'adressant devant le plus grand syndicat d'enseignants américain vendredi après-midi, le président Biden a une nouvelle fois promis qu'il légaliserait l'avortement dans tout le pays, moyennant que ses majorités soient renforcées au Congrès.

Le dirigeant démocrate en a profité pour vivement critiquer le nouveau programme républicain, une "très mince série de mesures" qui illustrent selon lui l'emprise des idées "trumpistes" sur le parti conservateur.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Short Url
  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.