Les concerts de Roger Waters en Pologne annulés à cause de ses déclarations sur l'Ukraine

Roger Waters se produit au Madison Square Garden le 30 août 2022 à New York. (AFP).
Roger Waters se produit au Madison Square Garden le 30 août 2022 à New York. (AFP).
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Les concerts de Roger Waters en Pologne annulés à cause de ses déclarations sur l'Ukraine

  • Le conseil municipal de Cracovie doit se prononcer cette semaine sur une motion déclarant Roger Waters «persona non grata». L'un des membres du conseil municipal a appelé les habitants de la ville à boycotter ses concerts
  • L'organisateur des concerts, Live Nation Polska, a indiqué samedi sur Twitter que les concerts, qui avaient été prévus en avril 2023 dans la grande salle de sports de la ville avaient été annulés, mais sans fournir de précisions

VARSOVIE : Roger Waters, co-fondateur du groupe de rock Pink Floyd, a exprimé sa fureur dimanche après l'annulation de deux concerts programmés à Cracovie en Pologne à cause de ses déclarations jugées complaisantes vis-à-vis de la Russie, concernant la guerre en Ukraine.

Le conseil municipal de Cracovie doit par ailleurs se prononcer cette semaine sur une motion déclarant Roger Waters "persona non grata". L'un des membres du conseil municipal, Lukasz Wantuch, a appelé les habitants de la ville à boycotter ses concerts.

Dans une lettre ouverte début septembre, le musicien britannique avait écrit que l'Occident devrait arrêter de fournir des armes à l'Ukraine et accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky d'avoir toléré un "nationalisme extrême" avant de l'enjoindre de mettre un terme à "cette guerre meurtrière".

L'organisateur des concerts, Live Nation Polska, a indiqué samedi sur Twitter que les concerts, qui avaient été prévus en avril 2023 dans la grande salle de sports de la ville avaient été annulés, mais sans fournir de précisions.

Roger Waters, actuellement en tournée aux Etats-Unis, a démenti sur Facebook les affirmations des médias polonais selon lesquelles son groupe avait renoncé et s'en est pris à M. Wantuch, l'accusant de "censurer de manière draconienne" son travail.

"Lukasz Wantuch semble ne rien connaître de mon histoire (qui a consisté) à oeuvrer toute ma vie, au prix de certains sacrifices personnels, au service des droits humains", a déclaré le chanteur-compositeur.

Paraphrasant les paroles du grand succès des Pink Floyd "Another Brick in the Wall", Waters a ajouté: "Hey! Lukasz Wantuch! +laissez les enfants tranquilles!+".

Il a affirmé qu'il voulait uniquement appeler les pays impliqués "à travailler en vue d'une paix négociée plutôt que d'aggraver la situation vers une issue encore pire".


Retour de la «Star Ac»: TF1 satisfaite des audiences

Star Academy. (Photo, Twitter, @StarAcademyTF1)
Star Academy. (Photo, Twitter, @StarAcademyTF1)
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  • «Large leader», la finale de cette dixième saison a été suivie en moyenne par 3,8 millions de téléspectateurs, un «véritable succès» qui se décline sur toutes les cibles, a souligné la chaine
  • Par tranches d'âge, la part d'audience a été de 58% pour les 15-34 ans, 42% pour les 25-49 ans et 61% pour les 25-34 ans

PARIS: TF1 s'est félicitée dimanche des audiences de la saison de la "Star Academy", l'émission de télé-crochet vedette des années 2000 revenue à l'antenne cet automne et remportée samedi par la jeune chanteuse Anisha. 

"Large leader", la finale de cette dixième saison a été suivie en moyenne par 3,8 millions de téléspectateurs, un "véritable succès" qui se décline sur toutes les cibles, a souligné la chaine dans un communiqué. 

L'émission a ainsi rassemblé 44% du public sur la cible reine des "femmes responsables principales des achats de moins de 50 ans", selon les chiffres présentés par TF1. 

Par tranches d'âge, la part d'audience a été de 58% pour les 15-34 ans, 42% pour les 25-49 ans et 61% pour les 25-34 ans. 

Pour la chaîne, les bons résultats de la finale confirment ceux enregistrés tout au long de la saison. 

Hors finale et demi-finale, le programme a réuni "en moyenne 4,2 millions de téléspectateurs" en prime time, un "bilan exceptionnel", a insisté TF1. 

De son côté, "La Quotidienne" a fait un "carton d'audience", avec 1,9 million de téléspectateurs en moyenne, a-t-elle ajouté. 

Lancée en 2001 par la société de production Endemol, la "Star Academy" a initialement été diffusée pendant huit saisons sur TF1, avec une dernière finale en décembre 2008. 

Elle a aussi été diffusée durant une unique saison sur la chaine NRJ 12, en 2012-2013. 


Un monde surréaliste se referme avec la Biennale de Venise

Affiche de La Biennale de Venise. (Photo : site officiel de l'événement)
Affiche de La Biennale de Venise. (Photo : site officiel de l'événement)
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  • Cette exposition diversifiée, ouverte aux artistes internationaux, a en effet accueilli des artistes de différents pays arabes venant d’Arabie saoudite, d'Égypte, des Émirats arabes unis, du Liban, d'Oman, et de Syrie
  • L'exposition de chaque pays est couronnée de son propre titre et reflète le travail d'âmes brillantes

BEYROUTH : La 59e édition de la Biennale d’art de Venise, « The Milk of Dreams » (Le lait des rêves), s’est clôturée dimanche 27 novembre. Une occasion de revenir sur cet événement qui s'est déroulée dans le Pavillon Central (Giardini) et dans l'Arsenale, de la Cité des Doges, avec la participation de 213 artistes de 58 pays, dont au moins six pays arabes.

Cette exposition tire son titre d'un livre de Leonora Carrington, dans lequel l'artiste surréaliste décrit un monde magique où chacun peut changer, être transformé, devenir quelque chose ou quelqu'un d'autre grâce à son imagination, a expliqué la commissaire de l'événement, Cecilia Alemani, créatrice italienne basée à New York.

En somme, un exercice où la vie est réenvisagée.

Alemani avait détaillé les trois axes thématiques de cette édition de la Biannale Arte : «La représentation des corps et de leurs métamorphoses ; la relation entre les individus et les technologies ; le lien entre les corps et la Terre».

Une exposition à vocation universelle

Le catalogue de l’exposition Le lait des rêves, se compose de deux volumes. Le premier est consacré à l'exposition internationale, organisée par Cecilia Alemani.  Celui-ci comprend la contribution originale de la commissaire ainsi qu'un large éventail d'illustrations et d'essais critiques rédigés par certains des penseurs et écrivains les plus avant-gardistes d'aujourd'hui.

Le volume II est consacré aux participations nationales et aux événements collatéraux.

Cette exposition diversifiée, ouverte aux artistes internationaux, a en effet accueilli des artistes de différents pays arabes venant d’Arabie saoudite, d'Égypte, des Émirats arabes unis, du Liban, d'Oman, et de Syrie. L'exposition de chaque pays est couronnée de son propre titre et reflète le travail d'âmes brillantes.

Arabie Saoudite

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The Teaching Tree, 2022, Installation sculpturale, avec des feuilles de palmier, du pigment, des pneumatiques et une structure métallique, dimensions hors tout variables (Photo : Samuele Cherubini).

Le pavillon saoudien de la 59e Biennale de Venise présente l'artiste Muhannad Shono. Shono a dûment créé The Teaching Tree, une installation à grande échelle recouverte de feuilles de palmier séchées et peintes, animée par des systèmes pneumatiques.

La forme ambiguë perce la longueur de l'espace et se dilate et se contracte par intermittence, comme si elle respirait.

C'est grâce à la Commission saoudienne des arts visuels et au ministère de la Culture, avec l'aide de la conservatrice Reem Fadda, que cette œuvre a été présentée lors de cet événement.

Égypte

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(Photo : site officiel de l'artiste mohamedshoukry)

Le pavillon égyptien a présenté un projet d'installation médiatique d'intelligence artificielle qui imite l'utérus féminin. L'utérus féminin "est le lieu de la naissance, du nouveau départ et de la connexion spirituelle", indique l'explicatif du collectif d’artistes égyptiens Mohamed Shoukry, Weaam El Masry et Ahmed El Shaer, créateurs de l’œuvre.

Émirats arabes unis

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Mohamed Ahmed Ibrahim, Between Sunrise and Sunset, 2022. Papier mâché, carton, thé, tabac, herbe, feuilles. 128 pièces, dimensions variables. Avec l'aimable autorisation du pavillon national des Émirats arabes unis à la Biennale de Venise. (Photo : Ismail Noor de Seeing Things.)

Avec l'œuvre de Mohamed Ahmed Ibrahim, intitulée Between Sunrise and Sunset, c’est une installation unique qui constitue l'intégralité de l'exposition du Pavillon national des Émirats arabes unis (EAU).

L'œuvre commandée découle du lien profond qui unit l'artiste à l'environnement physique de sa ville natale de Khor Fakkan, une ville située à la lisière des montagnes rocheuses d'Al Hajar, là où elles rencontrent les eaux, sur la côte est de l'émirat de Sharjah, aux Émirats arabes unis.

Liban

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Ayman Baalbaki, Porte de Janus, 2021, techniques mixtes. (Photo : Harmonies Magazine )

Le pavillon libanais de la Biennale Arte 2022 a présenté les œuvres de la cinéaste et vidéaste libanaise Danielle Arbid, basée à Paris, aux côtés du plasticien Ayman Baalbaki - qui vit et travaille à Beyrouth - avec une scénographie conçue par Aline Asmar d'Amman, architecte et fondatrice de Culture in Architecture.

Ce projet artistique, influencé par le contexte libanais et qui fait écho à des problématiques mondiales, nous invite à un voyage symbolique dans le monde contemporain à travers un thème, une ville et deux artistes", expliquait Nada Ghandour lors d'une conférence de presse au musée libanais Sursock.

Oman

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Budoor Al Riyami, Breathe, 2022, vue de l'installation. Cinq sculptures et moniteurs en médias mixtes, chacun présentant des films (deux minutes) projetés sur cinq bases en résine. Commandé par le pavillon du Sultanat d'Oman (Crédit photo : David Levene)

Le pavillon du Sultanat d'Oman se distingue par la diversité de ses talents artistiques. Son exposition, intitulée "Destined Imaginaries", réunit cinq artistes omanais de trois générations différentes : Anwar Sonya, Hassan Meer, Budoor Al Riyami, Radhika Khimji et Raiya Al Rawahi, dont les œuvres présentent des vestiges futurs d’habitats abstraits, largement inspirés de leurs expériences de la pandémie de Covid, et offrent un instantané du paysage créatif dynamique du pays.

Les artistes omanais ont cherché à répondre, à travers leur art, à une question soulevée par la directrice artistique de la Biennale, Cecilia Alemani : "À quoi ressemblerait la vie sans nous ?

Syrie

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Pavillon de la République arabe syrienne, la Syrie à la Biennale d'art de Venise - Arsenale - Ville de Venise. (Photo : In Venice Today.com)

Les artistes syriens Saousan Alzubi, Ismaiel Nara, Adnan Hamideh, Omran Younis, Aksam Tallaa sont depuis longtemps solidement implantés sur la scène artistique nationale et arabe, se prévalant déjà de nombreuses participations à des événements internationaux. Aux côtés des artistes internationaux invités - Giuseppe Amadio, Lorenzo Puglisi, Marcello Lo Giudice, Hannu Palosuo, Franco Mazzucchelli – ces artistes syriens apportent un message d'amour et de paix de leur pays, une terre de civilisation et de fraternité, avec un patrimoine culturel fort et complexe profondément enraciné dans l'histoire.

Une nouvelle génération d'artistes qui expose ses ancêtres

«Les œuvres de l'exposition reflètent certains des ‘ancêtres’ des artistes d’aujourd’hui, nous indiquant où ceux-ci puisent leur inspiration », déclare Roberto Cicutto, président de La Biennale di Venezia.

« ‘Le Lait des Rêves’ s'inscrit inévitablement dans les bouleversements de notre époque, marquée par une pandémie internationale. Dans des moments comme celui-ci, comme le montre clairement l'histoire de La Biennale de Venise, l'art et les artistes peuvent nous aider à imaginer de nouveaux modes de coexistence et de nouvelles possibilités infinies de transformation », a expliqué Cecilia Alemani.


L'Afghanistan, pays «oublié», à l'affiche de deux nouveaux documentaires

 Sur cette photo d'archives prise le 10 septembre 2022, (de gauche à droite) le réalisateur Marcel Mettelsiefen, l'ancien maire de Maidan Shahr, en Afghanistan, Zarifa Ghafari et la réalisatrice Tamana Ayazi posent pour l'AFP lors du Festival international du film de Toronto 2022 à Toronto, au Canada. (AFP).
Sur cette photo d'archives prise le 10 septembre 2022, (de gauche à droite) le réalisateur Marcel Mettelsiefen, l'ancien maire de Maidan Shahr, en Afghanistan, Zarifa Ghafari et la réalisatrice Tamana Ayazi posent pour l'AFP lors du Festival international du film de Toronto 2022 à Toronto, au Canada. (AFP).
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  • «Nous avons oublié ce qu'il s'est passé» en Afghanistan, souligne le réalisateur de «Retrograde», Matthew Heineman
  • «Il n'y a pas grand monde qui parle de ce pays que nous avons laissé derrière nous», regrette-t-il

LOS ANGELES : Si la guerre en Ukraine attire toute l'attention, deux documentaires entendent braquer les projecteurs sur l'histoire de victimes du conflit en Afghanistan, plus d'un an après le brusque retrait des troupes américaines.

Le documentaire "Retrograde", produit par National Geographic et diffusé aux Etats-Unis début décembre, suit un général afghan qui a tenté en vain de contenir l'avancée des talibans à l'été 2021. Le film "In Her Hands: un destin afghan", déjà disponible sur Netflix, retrace quant à lui l'histoire de l'une des plus jeunes femmes maires en Afghanistan, qui a dû fuir le pays lorsque les islamistes ont pris le pouvoir.

"Nous avons oublié ce qu'il s'est passé" en Afghanistan, souligne le réalisateur de "Retrograde", Matthew Heineman. "Il n'y a pas grand monde qui parle de ce pays que nous avons laissé derrière nous", regrette-t-il.

Zarifa Ghafari, l'ancienne maire à l'affiche de "In Her Hands", a estimé auprès de l'AFP que sous le règne des talibans, l'Afghanistan est "le seul pays au monde aujourd'hui où une femme peut vendre son corps, ses enfants, tout ce qu'elle veut, mais ne peut pas aller à l'école".

Mais, déplore-t-elle, "l'Afghanistan n'est plus le sujet des discussions" dans les réunions diplomatiques internationales.

Les deux films commencent quelques mois avant le retrait des troupes américaines, alors que les protagonistes tentent de bâtir un avenir meilleur pour leur pays. Ils se terminent avec ces derniers, contraints de regarder de l'étranger les talibans détruire ce qu'il ont tenté de construire.

Dans "Retrograde", le général afghan Sami Sadat a accepté que les caméras de Matthew Heineman le suivent alors qu'il dirigeait les opérations pour repousser les talibans, après que les Américains ont quitté une base dans le sud du pays.

"Tous les signes disaient +arrêtez, abandonnez, c'est fini+, et il avait cette foi aveugle que peut-être, juste peut-être, s'il s'accrochait à (la ville de) Lashkar Gah ou à (la province de) Helmand, ils pourraient vaincre les talibans ", se souvient le réalisateur.

Sami Sadat a finalement dû s'enfuir dans le chaos de l'aéroport de Kaboul en août 2021, filmé par l'équipe de tournage, alors que les Afghans se massaient aux grilles, espérant trouver une place dans les derniers avions américains en partance.

"C'était l'une des choses les plus difficiles dont j'ai été témoin dans ma carrière", raconte Matthew Heineman, nommé aux Oscars pour "Cartel Land", sorti en 2015.

Prise pour cible

Zarifa Ghafari a survécu à des tentatives d'assassinat et a vu son père abattu par les talibans avant de quitter elle aussi l'Afghanistan lorsque les islamistes se sont installés.

"En parlant de ce moment, je ne peux toujours pas m'arrêter de pleurer...", confie l'élue, elle qui s'est attirée l'ire des talibans en défendant l'accès des filles à l'éducation après avoir été nommée maire de Maidan Shahr, près de Kaboul, à 24 ans.

Les réalisateurs de "In Her Hands: un destin afghan" sont retournés depuis en Afghanistan pour filmer Massoum, ancien chauffeur de Zarifa Ghafari désormais au chômage, se rapprocher des talibans, même après qu'ils eurent visé sa cliente dans le passé.

"L'histoire de Massoum est celle de l'Afghanistan, où les gens se sentent trahis", ajoute Zarifa Ghafari.

Partager leur douleur

Bien que les conflits en Afghanistan et en Ukraine soient de nature très différente, les deux films offrent un récit édifiant sur ce qui peut arriver lorsque l'Occident se détourne d'un affrontement pour un autre.

"Il est évident que cela s'est produit tout au long de l'histoire et que cela continuera à se produire à l'avenir. Et donc, que pouvons-nous apprendre de cette expérience?" s'interroge Matthew Heineman.

"Peu importe ce qui se passe en Ukraine et ce qui s'est passé en Ukraine, nous vivons la même chose qu'eux depuis 60 ans" en Afghanistan, affirme Zarifa Ghafari. "Nous partageons leur douleur".