Le Mali formule ses conditions avant l'arrivée d'une mission ouest-africaine

Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta (à droite) et le chef de la junte guinéenne, Mamady Doumbouya (Photo, AFP).
Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta (à droite) et le chef de la junte guinéenne, Mamady Doumbouya (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Le Mali formule ses conditions avant l'arrivée d'une mission ouest-africaine

  • La mission était prévue mardi, mais le Mali a fait savoir ne pouvoir la recevoir que jeudi ou vendredi
  • Le Mali et la Côte d'Ivoire sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés

BAMAKO: Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a prévenu que son pays ne se laisserait pas imposer une solution à la crise diplomatique avec le voisin ivoirien par une mission de chefs d'État ouest-africains attendue en fin de semaine.

"Nous allons les écouter. Nous avons dit depuis le début que tout ce que le Mali veut, c'est chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’attente entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Mais si c'est pour imposer des décisions au Mali, cela ne passera pas", a déclaré M. Diop dans un entretien en bambara avec VOA Afrique, posté sur les réseaux sociaux des Affaires étrangères.

Les dirigeants des États membres de la Communauté des États ouest-africains (Cédéao) réunis en sommet extraordinaire jeudi à New York ont décidé l'envoi au Mali d'une mission composée des chefs d'État ghanéen, sénégalais et togolais pour trouver une issue à la crise avec la Côte d'Ivoire.

La mission était prévue mardi, mais le Mali a fait savoir ne pouvoir la recevoir que jeudi ou vendredi.

Le Mali et la Côte d'Ivoire sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée à Bamako.

Ils devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali, mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'État.

M. Diop a redit que l'affaire était entre les mains de la justice malienne, mais que le Mali avait aussi accepté une médiation du Togo. Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta, était ouvert à un accord avec la Côte d'Ivoire "en dehors de la justice" et trois soldates, sur les 49 militaires arrêtés au départ, ont été relâchées, a-t-il dit.

C'est alors que "la Cédéao a été impliquée sans que le Mali ne soit consulté", a dit M. Diop.

"Une décision a été prise unilatéralement en faveur de la Côte d’Ivoire. Pourtant, ce n’est pas un problème de la Cédéao, c’est entre le Mali et la Côte d’Ivoire", a-t-il ajouté : "Quiconque veut apporter une solution sera le bienvenu...  Mais les démarches entamées par la Cédéao ne constituent pas des solutions pour nous".


Shanghaï sous haute surveillance policière après un weekend de manifestations

Cette capture d'écran tirée d'une vidéo le 27 novembre 2022 montre une file de véhicules de police lors de manifestations à Shanghai le 27 novembre (Photo, AFP).
Cette capture d'écran tirée d'une vidéo le 27 novembre 2022 montre une file de véhicules de police lors de manifestations à Shanghai le 27 novembre (Photo, AFP).
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  • De grands rassemblements ont eu lieu dimanche dans le centre-ville de Shanghaï, où la police a affronté des manifestants qui convergeaient vers la rue Wulumuqi
  • Lundi, la présence policière était à nouveau imposante dans le secteur

SHANGHAI: Des files de voitures de police tous feux clignotants, des centaines d'agents en patrouille : Lundi soir, les rues de Shanghai étaient placées sous haute surveillance après une fin de semaine émaillées de manifestations contre la stratégie zéro-Covid imposée par les autorités.

Depuis un incendie meurtrier dans la ville d'Urumqi, dans le nord-ouest du pays, la colère gronde en Chine, de nombreuses personnes accusant les mesures draconniennes prises contre l'épidémie d'avoir entravé les secours.

De grands rassemblements ont eu lieu dimanche dans le centre-ville de Shanghaï, où la police a affronté des manifestants qui convergeaient vers la rue Wulumuqi, le nom en mandarin d'Urumqi.

Lundi, la présence policière était à nouveau imposante dans le secteur et, au cours de la journée, l'AFP a vu des agents arrêter quatre personnes, puis en relâcher une.

Des routes qui avaient été fermées la veille ont été rouvertes à la circulation mais également sous forte présence policière. Les rues de plusieurs pâtés de maisons du secteur de la rue Wulumuqi étaient envahies de barrières métalliques bleues érigées dans la nuit, selon un journaliste de l'AFP.

Il a dénombré 12 voitures de police sur 100 mètres, le long de la rue Wulumuqi, à Shanghaï.

"Ce soir, l'atmosphère est tendue. Il y a beaucoup de policiers alentours", a jugé un témoin à l'AFP à la tombée de la nuit. Sous le pseudonyme de Taku, il a indiqué avoir perdu son emploi dans une compagnie aérienne internationale en raison de la pandémie et jugeait les manifestations justifiées. "Le reste du monde a rouvert, mais la Chine reste paralysée à cause d'une politique zéro-Covid... Cette ville vire à la folie", a-t-il ajouté en espérant "avec impatience que quelque chose se passe".

Un autre jeune homme a raconté à l'AFP que la police lui avait spécifiquement demandé s'il avait téléchargé des applications étrangères sur son téléphone, une question à laquelle de nombreux Chinois ont eu apparemment à répondre selon des publications sur les réseaux sociaux.

«Vérifications normales»

Une femme, la trentaine, qui travaille dans un magasin alentour s'est plainte de la baisse de son activité. "L'atmosphère est étrange, mais je ne me sens pas en danger", a-t-elle dit.

A proximité, la grande Place du Peuple a été fermée lundi soir au public et des bars des environs ont confirmé qu'ils avaient reçu ordre de fermer à 22H00 (14H00 GMT) pour "des contrôles de contaminations".

Des grappes d'agents de police en vestes réfléchissantes ont pris position devant chaque sortie de métro.

Mais dans l'ensemble, l'atmosphère semblait plutôt apaisée lundi soir. L'AFP a juste vu un groupe de quatre policiers interpellant deux jeunes hommes, fouillant leurs sacs et vérifiant leurs appareils photo et téléphones portables avant de les laisser repartir au bout de quelques minutes, un "contrôle de routine", selon la police.

La présence policière a aussi été renforcée autour de la mairie, des dizaines de fourgons de police et d'unités mobiles garées le long de la route.


Les Etats-Unis vont débloquer une aide d'urgence sur l'infrastructure énergétique en Ukraine

La Russie s'est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l'infrastructure énergétique à travers l'Ukraine (Photo, AFP).
La Russie s'est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l'infrastructure énergétique à travers l'Ukraine (Photo, AFP).
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  • Cette aide, qui sera détaillée par le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, «sera substantielle et ce n'est pas fini»
  • Elle s'inscrit dans la perspective d'une conférence internationale des bailleurs de fonds qui se tiendra le 13 décembre en France

BUCAREST: Les Etats-Unis devraient annoncer mardi une aide financière "substantielle" à l'Ukraine pour l'aider à faire face aux dommages causés par la Russie sur ces infrastructures énergétiques, en marge d'une réunion de l'Otan en Roumanie, ont indiqué lundi des hauts responsables américains.

Cette aide, qui sera détaillée par le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, arrivé lundi soir à Bucarest, "sera substantielle et ce n'est pas fini", a indiqué à des journalistes l'un des hauts responsables s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, en se refusant à donner de plus amples détails ou le montant précis. Il a toutefois rappelé que l'administration Biden avait budgété 1,1 milliard de dollars pour l'énergie en Ukraine et en Moldavie.

Elle s'inscrit dans la perspective d'une conférence internationale des bailleurs de fonds en "soutien à la résistance civile ukrainienne", qui se tiendra le 13 décembre en France, a-t-il souligné.

La Russie s'est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l'infrastructure énergétique à travers l'Ukraine. Selon des chiffres cités par le gouvernement ukrainien, entre 25 à 30% de cette infrastructure a été endommagée.

"Ce que font les Russes c'est de cibler spécifiquement des stations de transformation à haut voltage" et pas seulement les centrales électriques elles-mêmes, afin de perturber toute la chaîne de la production à la distribution, a expliqué le responsable américain.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan se réunissent mardi et mercredi dans la capitale roumaine où il sera fortement question du soutien de l'Alliance atlantique à l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février.

L'Allemagne, qui préside le G7, a pour sa part convoqué mardi après-midi une réunion en marge de l'Otan sur la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, au cours de laquelle les Etats-Unis appelleront les autres pays à renforcer leur aide dans ce domaine, selon le diplomate américain.

Ce sera l'occasion aussi de souligner la "cohésion et l'unité remarquables" de l'Alliance atlantique depuis le début de la guerre en Ukraine, a affirmé à des journalistes lundi Karen Donfried, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

La Roumanie, ainsi que la Moldavie voisine, a été durement impactée par la guerre et quelque 2 millions de personnes y ont transité en fuyant l'Ukraine. Bucarest accueille à ce jour près de 80 000 réfugiés, selon des chiffres cités par Washington.

Outre la guerre en Ukraine, les ministres de l'Otan feront un point d'étape sur l'adhésion de la Finlande et de la Suède, déjà ratifiée par 28 des 30 pays membres mais qui reste suspendue au feu vert de la Turquie et de la Hongrie, et ils discuteront de la menace croissante posée par la Chine.

Cette discussion, initiée lors du sommet de l'Otan en juin dernier à Madrid, autour du géant asiatique "ne veut pas dire que l'Otan cherche à s'étendre à la Chine, mais cela reflète le défi posé par la Chine en Europe", a affirmé Mme Donfried citant en particulier le défi technologique.


Wikileaks: Cinq journaux appellent à la fin des poursuites contre Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en février 2016 (Photo, AP).
Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en février 2016 (Photo, AP).
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  • Ils estiment que «douze ans après les premières publications», «il est temps pour le gouvernement des Etats-Unis d'abandonner ses poursuites contre Julian Assange»
  • Assange est actuellement détenu dans une prison de haute-sécurité près de Londres en attendant l'examen de son appel

LONDRES: Cinq médias (The New York Times, The Guardian, El Pais, Le Monde et Der Spiegel) ont appelé lundi le gouvernement américain à abandonner les poursuites contre le fondateur de Wikileaks Julian Assange pour une fuite massive de documents.

L'Australien de 51 ans est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir publié à partir de 2010 plus de 700 000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan, à l'origine d'une série de révélations publiées notamment par ces cinq journaux. Il risque 175 ans de prison.

Arrêté par la police britannique en 2019 après sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, il est actuellement détenu dans une prison de haute-sécurité près de Londres en attendant l'examen de son appel contre la décision du gouvernement britannique de l'extrader.

"Recueillir et diffuser des informations sensibles quand c'est nécessaire pour l'intérêt public constitue une part essentielle du travail des journalistes au quotidien", écrivent les rédacteurs en chef et directeurs de la publication des cinq journaux.

"Si ce travail est criminalisé, non seulement la qualité du débat public mais aussi nos démocraties s'en trouveront considérablement affaiblies."

Ils estiment que "douze ans après les premières publications", "il est temps pour le gouvernement des Etats-Unis d'abandonner ses poursuites contre Julian Assange", "publier n'est pas un délit".

La tribune rappelle que les responsables des rédactions des cinq journaux avaient "jugé nécessaire de critiquer publiquement son attitude en 2011 lorsque des versions non expurgées des télégrammes diplomatiques ont été rendues publiques, et certains d'entre nous restent préoccupés par l'accusation figurant dans l'acte de poursuites américain selon laquelle il aurait aidé à l'intrusion informatique dans une base de données classifiée".

"Mais nous sommes solidaires aujourd'hui pour exprimer notre grande inquiétude face aux poursuites judiciaires sans fin que subit Julian Assange", insiste la tribune.

Ses auteurs soulignent que le recours, lancé sous la présidence américaine de Donald Trump, à un texte de loi datant de 1917 pour lutter contre les espions "n'avait jamais été utilisé à l'encontre de journalistes, de médias ou de diffuseurs".

"Un tel acte d'accusation crée un précédent dangereux" et "menace la liberté d'informer".

Le mois dernier, le ministre américain de la Justice Merrick Garland a publié de nouvelles directives plus protectrices pour les journalistes, sans pour autant laisser augurer de conséquences définitives concernant Julian Assange.

Elles autorisent les poursuites contre les journalistes soupçonnés d'agir en tant qu'agents de puissances étrangères et préconisent une approche au cas par cas pour les affaires concernant les personnes qui ne sont pas forcément journalistes au sens traditionnel du terme.