Les raisons du départ de la Fnac du Maroc

Le magasin a annoncé un déstockage et des promotions alléchantes de 70% (Photo Twitter).
Le magasin a annoncé un déstockage et des promotions alléchantes de 70% (Photo Twitter).
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Les raisons du départ de la Fnac du Maroc

  • Comment l’une des plus grandes enseignes du monde de la distribution de livres et de matériel multimédia a-t-elle décidé, après onze ans de présence au Maroc, de baisser le rideau?
  • «Ce n’est pas le piratage qui a nui aux activités de la Fnac au Maroc, mais plutôt leur erreur de casting managérial et leur faible connaissance du marché marocain»

CASABLANCA: Au Morocco Mall de Casablanca, l’un des plus grands centres commerciaux du continent africain, les gens se pressent. Accroupis dans le magasin Fnac, l’un des plus importants de la région, ils sont à l’affût d’une bonne affaire. Le magasin a annoncé un déstockage et des promotions alléchantes de 70%. Une opération qui a fait le bonheur de certains amateurs de jeux vidéo, peu aisés, qui ne pouvaient s’offrir des produits Fnac jugés onéreux. Les quelques employés restés sur place, après la fermeture totale, ne cachent pas leur désarroi. Ce sentiment est partagé par des clients fidèles rencontrés sur place.

Comment l’une des plus grandes enseignes du monde de la distribution de livres et de matériel multimédia a-t-elle décidé, après onze ans de présence au Maroc, de baisser le rideau, alors qu’elle avait annoncé à l’époque, en grande pompe, un ambitieux plan de développement sur le marché marocain? Aujourd’hui, seuls trois magasins sont sortis de terre au Maroc, un à Tanger et deux à Casablanca – l’un occupe deux étages au Morocco Mall et l’autre se situe dans le quartier très fréquenté du Maârif, près du Twin Center. Ces trois sites sont aujourd’hui définitivement fermés. En revanche, son principal concurrent, Virgin Megastore, a su se démarquer en ouvrant dix magasins dans les plus grandes artères et les plus importants centres commerciaux du pays.

Pour le groupe Aksal, partenaire de Fnac au Maroc, ce choix répond à des réorientations stratégiques qui visent à se positionner davantage sur le digital. Un argument qui ne convainc pas Nabil Jebbari, entrepreneur culturel et expert en économie de la culture. «Je ne pense pas que le départ de la Fnac du Maroc soit dû à une réorientation vers le digital. Les présences physique et digitale peuvent bel et bien coexister sur le marché marocain.

Plusieurs facteurs ont poussé le groupe français à plier bagage. Ils avaient un problème au niveau du modèle de développement, de l’investissement en foncier et son amortissement. Surtout, il y avait un problème au niveau du casting. Les managers de l’enseigne n’ont pas pu répondre aux attentes des consommateurs locaux. Pourtant, ils ont eu onze ans pour le faire. Virgin Megastore l’a fait et le résultat est tangible aujourd’hui», déclare Nabil Jebbari à Arab News en français.

 

Il fallait créer un lieu de rencontre entre le consommateur et le créateur de contenu artistique et culturel.

Selon notre interlocuteur, il existait en effet un décalage entre la production culturelle locale et les produits vendus par Fnac. En outre, l’enseigne n’organisait que rarement des événements susceptibles de créer une plus grande proximité avec son public cible comme des rencontres littéraires ou artistiques. Il fallait créer un lieu de rencontre entre le consommateur et le créateur de contenu artistique et culturel. Et, visiblement, l’enseigne n’y est pas parvenue. Virgin Megastore a profité de cette quasi-absence et a su adapter son offre, profitant du fait que le marché culturel marocain est en plein essor.

«Le Maroc compte aujourd’hui des fédérations d’e-sport et la scène artistique et culturelle est en plein boom. Qu’il s’agisse de gaming, de musique ou de l’édition, il existe énormément d’opportunités, malgré la difficulté du marché marocain. Concernant le piratage et le secteur informel, il est vrai qu’ils ont des répercussions sur le secteur, mais je ne pense pas qu’il pourrait pousser une enseigne aussi solide que la Fnac à quitter le Maroc. Le piratage répond à d’autres paramètres liés à la nouveauté et à l’actualité, notamment dans le gaming. Il fallait s’y adapter. Ce n’est pas le piratage qui a nui aux activités de la Fnac au Maroc, mais plutôt leur erreur de casting managérial et leur faible connaissance du marché marocain, auquel ils n’ont pas répondu de manière efficace», conclut Nabil Jebbari.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.