Législatives jeudi au Koweït, les sixièmes en dix ans

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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Législatives jeudi au Koweït, les sixièmes en dix ans

  • Quelque 305 candidats sont en lice pour l'un des 50 sièges du Parlement, alors que huit candidatures ont été invalidées mardi par la justice. Les résultats officiels devraient être connus vendredi
  • Parmi les candidats, 22 femmes espèrent faire leur retour dans l'hémicycle après avoir perdu leur seule représentante aux dernières élections, en décembre 2020

KOWEIT: Les électeurs koweïtiens sont appelés aux urnes jeudi pour choisir leurs députés, les sixièmes élections en dix ans dans le riche Etat pétrolier du Golfe plongé dans une interminable crise politique entre l'exécutif et le législatif.

Contrairement aux autres Etats de la région, le Koweït est doté d'une vie politique dynamique, avec un Parlement -- élu pour quatre ans -- doté de larges pouvoirs législatifs et où les débats sont souvent vifs.

Ce riche pays pétrolier est toutefois secoué depuis des années par des crises politiques à répétition qui ont entravé ses velléités de réformes économiques.

Parmi les principaux exportateurs de pétrole brut au monde, le Koweït est dirigé par la famille régnante des Al-Sabah qui garde les clés du pouvoir même si les élus ont d'importantes prérogatives, n'hésitant pas à mettre sur le grill des ministres appartenant à la famille royale accusés de mauvaise gestion, voire de corruption.

Les partis politiques ne sont ni interdits ni reconnus, mais de nombreux groupes, parmi lesquels les islamistes, agissent de facto comme des formations politiques.

Le scrutin de jeudi sera marqué par la participation de personnalités de l'opposition qui avait boycotté les élections ces dix dernières années, déplorant les interférences de l'exécutif dans le pouvoir législatif.

Parmi ces candidats, Mohammed al-Dossari dit avoir été encouragé par le discours d'apaisement du prince héritier, cheikh Mechaal al-Ahmad al-Jaber Al-Sabah, ainsi que "son engagement à ne pas s'ingérer dans les élections".

"La majorité au sein du nouveau Parlement va coopérer avec le gouvernement afin de réformer l'Etat et d'en finir avec la corruption", estime ce candidat de l'opposition.

En annonçant fin juin la dissolution du Parlement, au nom de "la stabilité de l'Etat", le prince héritier s'était engagé à "ne pas intervenir dans les choix du peuple" et dans ceux des élus.

En avril, le gouvernement avait démissionné quatre mois après sa formation, alors que des députés s'apprêtaient à interroger le Premier ministre d'alors sur des pratiques jugées "inconstitutionnelles".

«Retard des réformes»

Le discours du prince héritier a "rassuré" les Koweïtiens et "encouragé les forces politiques" à participer aux élections, estime l'analyste koweïtien Ayed al-Manaa.

Quelque 305 candidats sont en lice pour l'un des 50 sièges du Parlement, alors que huit candidatures ont été invalidées mardi par la justice. Les résultats officiels devraient être connus vendredi.

Parmi les candidats, 22 femmes espèrent faire leur retour dans l'hémicycle après avoir perdu leur seule représentante aux dernières élections, en décembre 2020. Les Koweïtiennes, très actives au sein de la société civile, ont obtenu le droit de voter et de se présenter en 2005.

Lors des dernières élections en 2020, l'opposition, formée essentiellement de candidats islamistes, avait remporté 24 sièges sur 50, sans parvenir à répéter l'exploit de 2012, lorsqu'elle avait obtenu la majorité, avant que le Parlement ne soit dissous par l'exécutif.

Les crises politiques au Koweït ont largement miné les ambitions de réformes jugées pressantes par les experts, alors que le pays espère diversifier son économie, largement dépendante du pétrole.

Si le Koweït, qui abrite près de 4,2 millions d'habitants, dont 70% d'expatriés, bénéficie actuellement d'un pétrole cher à l'instar des autres pays exportateurs, son budget a été durement affecté par la chute des cours du brut depuis 2014.

En mars, le Fonds monétaire international (FMI), a estimé qu'"une reprise économique est en cours" au Koweït, grâce à la hausse des prix du pétrole et l'assouplissement des restrictions sanitaires liées au Covid-19.

Mais l'institution basée à Washington pointe "les retards dans les réformes budgétaires et structurelles", soulignant qu'une résolution de l'impasse politique permettrait d'améliorer "le sentiment des investisseurs" et de diminuer les risques de "pressions sociales".


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.