Des femmes afghanes manifestent en soutien aux manifestations antigouvernementales en Iran

Des femmes afghanes tenant des pancartes alors qu'elles participent à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Kaboul jeudi, en soutien aux manifestations qui ont éclaté en Iran à la suite de la mort d'une femme détenue par la police des mœurs. (AFP)
Des femmes afghanes tenant des pancartes alors qu'elles participent à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Kaboul jeudi, en soutien aux manifestations qui ont éclaté en Iran à la suite de la mort d'une femme détenue par la police des mœurs. (AFP)
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Publié le Vendredi 30 septembre 2022

Des femmes afghanes manifestent en soutien aux manifestations antigouvernementales en Iran

  • Les manifestantes se sont rassemblées devant l'ambassade d'Iran à Kaboul en scandant «femmes, vie, liberté»
  • Le rassemblement a été rapidement dispersé par les forces de sécurité talibanes, qui ont tiré en l'air

KABOUL: Jeudi, des femmes afghanes se sont rassemblées devant l'ambassade d'Iran à Kaboul, se joignant aux manifestations mondiales contre la mort d'une jeune femme détenue par la police des mœurs iranienne.

Mahsa Amini, âgée de 22 ans, a été arrêtée à Téhéran le 12 septembre pour ne pas avoir couvert ses cheveux d'une manière jugée appropriée par les autorités. Les femmes arrêtées avec Mahsa Amini ont déclaré qu'elle avait été battue à l'intérieur d'un fourgon de police. Trois jours plus tard, elle est décédée à l'hôpital après être tombée dans le coma.

La colère des Iraniens face à sa mort a provoqué des journées de fureur et de manifestations dans tout le pays, dans ce qui constitue la plus grande démonstration de contestation contre le gouvernement depuis plus d'une décennie.

Les manifestations ont également gagné d'autres pays.

Un groupe d'environ 25 femmes rassemblées devant l'ambassade d'Iran à Kaboul portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Belle Mahsa, ton sang est notre voie et notre inspiration», tandis qu'elles scandaient «les femmes, la vie, la liberté», la phrase répétée par les manifestants en Iran.

Une étudiante universitaire de 24 ans qui a participé à la manifestation a affirmé à Arab News qu'elle avait assisté au rassemblement par solidarité.

«Les femmes en Iran sont comme nous confrontées à la même oppression. Nous voulions montrer que nous pouvions amplifier la voix de nos sœurs en Iran tout en mettant l’accent sur nos propres craintes pour la liberté et la dignité», a-t-elle confié sous couvert d'anonymat.

«Les manifestations généralisées en Iran, soutenues par des hommes et des femmes, nous ont également encouragé à poursuivre notre combat pour les droits des femmes afghanes. Celles-ci ont eu le courage de défier le comportement contraignant des talibans. Nous ne serons pas réduites au silence et nous nous relèverons», a-t-elle expliqué.

Les droits des femmes afghanes ont été limités depuis que les talibans ont pris le contrôle du pays après le retrait des forces dirigées par les États-Unis en août 2021.

Bien que les talibans aient auparavant promis une version assouplie de la réglementation rigoureuse qu’ils avaient appliquée lors de leur première prise du pouvoir de 1996 à 2001, les femmes ont déjà reçu l'ordre de se couvrir le visage en public et sont interdites de faire seules de longs trajets et de travailler dans la plupart des secteurs, hormis dans la santé et  l'éducation.

Depuis septembre 2021, l'autorisation du ministère de la Justice est nécessaire pour organiser une manifestation. Les slogans utilisés lors des rassemblements doivent également être approuvés par les autorités.

Peu de temps après le début du rassemblement devant l'ambassade, la manifestation a été dispersée par les forces de sécurité talibanes, qui ont tiré en l'air. Pour les militantes afghanes des droits des femmes comme Muzhgan Nouri, cette manifestation était un «bel exemple de fraternité et de solidarité entre des femmes partageant les mêmes souffrances et les mêmes craintes».

«Les femmes afghanes ont manifesté à chaque fois qu'elles en ont ressenti le besoin, et elles devraient pouvoir le faire maintenant. Le gouvernement doit les soutenir et les protéger au lieu de leur inspirer la crainte», a-t-elle affirmé à Arab News. «J'espère que les femmes continueront à se défendre les unes les autres.»

 

Ce texte est ls traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.