Jill Biden, une future Première dame moderne et rassembleuse

Jill Biden regarde le Chase Center aux petites heures du matin auprès de son mari, Joe Biden.  (Gagner McNamee/Getty Images/AFP)
Jill Biden regarde le Chase Center aux petites heures du matin auprès de son mari, Joe Biden. (Gagner McNamee/Getty Images/AFP)
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Publié le Samedi 07 novembre 2020

Jill Biden, une future Première dame moderne et rassembleuse

  • Jill Biden, enseignante de 69 ans, a été impliquée et à séduit lors de la campagne
  • "Nous ne sommes pas d'accord sur tout, ce n'est pas nécessaire, on peut toujours s'aimer et se respecter"

WASHINGTON: Son énergie et son discours optimiste ont séduit lors de la campagne, dans laquelle Jill Biden s'est impliquée sans relâche avec un même message: seul son mari Joe pourra rassembler un pays divisé à l'extrême en entrant à la Maison Blanche.

Avec une vigueur semblant parfois dépasser celle de son époux, qui a longtemps limité ses déplacements, cette enseignante de 69 ans a multiplié les visites dans les Etats-clés, essentiels à la victoire démocrate le 3 novembre. 

Elle appelle tous les Américains, "démocrates et républicains, ruraux et urbains", à se rassembler pour dépasser les clivages politiques, battre la pandémie et la crise économique.

"Nous ne sommes pas d'accord sur tout, ce n'est pas nécessaire, on peut toujours s'aimer et se respecter", affirme-t-elle dans un discours aux antipodes des diatribes du président sortant Donald Trump.

Elle montre aussi une image plus intime de Joe Biden, dont la vie a été frappée par des "tragédies inimaginables".

Jill Biden raconte notamment comment l'ancien vice-président de Barack Obama (2009-2017) avait trouvé la force de reprendre ses activités à la Maison Blanche, quelques jours seulement après la mort de son fils Beau, décédé d'un cancer du cerveau en 2015. 

"Il a appris à guérir une famille, et de la même façon on guérit un pays: avec amour, compréhension, des petits gestes de gentillesse, du courage et un espoir inébranlable", lance-t-elle en écho aux crises frappant actuellement les Etats-Unis.

Joe et Jill Biden se sont mariés en 1977, cinq ans après une première tragédie, quand un accident de voiture avait emporté la première épouse du sénateur et leur fillette. 

Encore petits, ses deux fils survivants, Beau et Hunter, avaient eux-mêmes suggéré à leur père d'épouser Jill, a raconté Joe Biden dans des mémoires, où il avait écrit: "Elle m'a redonné la vie".

Première dame du 21e siècle

Jill Biden avait interrompu sa carrière lorsqu'elle avait eu leur fille, Ashley, en 1981, mais avait ensuite repris ses études pour décrocher un doctorat en éducation. 

Elle enseigne toujours dans une université du nord de la Virginie, près de Washington, où elle veut continuer à travailler sous la présidence de Joe Biden.

Sans compter Hillary Clinton, brièvement sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill, elle deviendrait ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle.

Jill Biden transformerait alors "à jamais les attentes et les limites" de la fonction, estime Kate Andersen Brower, auteure d'un livre sur l'histoire des Premières dames américaines.

"Elle fera entrer la fonction de Première dame dans le 21e siècle", ajoute Katherine Jellison, spécialiste de l'histoire américaine à l’université de l'Ohio, soulignant que "la plupart des Américaines doivent concilier vie professionnelle et vie de famille".

Elle s'est totalement investie dans la campagne de son mari, dès les primaires. Le candidat démocrate avait ainsi pris l'habitude de se présenter comme "le mari de Jill Biden". 

Malgré sa fine silhouette, la prochaine "First Lady" avait repoussé, sans hésiter, une protestataire qui s'approchait de son époux lors d'un meeting à Los Angeles en mars.

Rare moment d'apaisement dans une campagne abrasive, le sénateur républicain et allié de Donald Trump, Lindsey Graham, a salué en Jill Biden "une personne remarquable" après son discours à la convention démocrate.

Solide aux côtés de son mari, elle a dénoncé les "calomnies" lancées par le camp Trump pour "détourner l'attention" au sujet des accusations récentes de corruption portées contre Joe et Hunter, cadet à problèmes qui a fait des affaires en Chine et en Ukraine lorsque son père était numéro deux de Barack Obama. 

Elle est toutefois restée discrète face à l'accusation de viol dans les années 1990 faite par une femme, Tara Reade, que Joe Biden a catégoriquement nié.

Le président-élu s'est aussi vu reprocher d'avoir un rapport trop tactile avec des femmes, qui se sont plaintes de gestes trop envahissants. Jill Biden affirme ne voir qu'un comportement innocent de son mari, qui a admis avoir "appris" des déclarations de ces femmes jugeant leur espace intime envahi.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.