Mozambique: replanter les champs à Palma, décimée par les djihadistes

Des policiers rwandais le 27 septembre 2022 devant un centre de jeunesse abandonné à Palma, dans la province septentrionale de Cabo Delgado, au Mozambique. (Camille LAFFONT/AFP)
Des policiers rwandais le 27 septembre 2022 devant un centre de jeunesse abandonné à Palma, dans la province septentrionale de Cabo Delgado, au Mozambique. (Camille LAFFONT/AFP)
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Publié le Mardi 04 octobre 2022

Mozambique: replanter les champs à Palma, décimée par les djihadistes

  • La province pauvre et à majorité musulmane du Cabo Delgado, frontalière avec la Tanzanie, est frappée depuis 2017 par des attaques de groupes armés affiliés au groupe Etat islamique
  • Depuis, la vie et les gens reviennent lentement mais tout manque

PALMA, MOZAMBIQUE: La brousse est silencieuse, la faune a disparu. Autour de la ville portuaire de Palma, dans le nord-est du Mozambique, théâtre il y a plus d'un an d'une violente attaque djihadiste, ceux qui osent revenir replantent les champs, survivant dans l'attente des premières récoltes.

La province pauvre et à majorité musulmane du Cabo Delgado, frontalière avec la Tanzanie, est frappée depuis 2017 par des attaques de groupes armés affiliés au groupe Etat islamique.

En mars 2021, un raid meurtrier minutieusement planifié a dévasté Palma, 75.000 habitants. Le mégaprojet de gaz naturel du groupe français TotalEnergies, à seulement quelques kilomètres, a été stoppé net.

Depuis, la vie et les gens reviennent lentement mais tout manque: "Quand nous avons fui dans la brousse nous avons mangé ce que nous avons trouvé, des singes, des éléphants. Nous commençons à replanter nos champs, mais nous avons besoin que le gouvernement nous aide", confie à l'AFP Henriques Laba, chef du village de Mute, dans le district de Palma.

Mais les autorités locales ont déserté. Le centre administratif de Palma n'est plus que ruines. Les djihadistes se sont acharnés sur les bâtiments gouvernementaux, symboles d'un Etat accusé d'avoir depuis longtemps abandonné la population locale.

Les rangs des groupes armés ont été grossis pas le ressentiment d'une jeunesse locale, pauvre et sans emploi, qui accuse les autorités de s'emparer sans partage des richesses locales.

Racines du mal

"Si on laisse des jeunes ici, sans éducation, avec seulement leurs croyances religieuses, c'est facile de les manipuler et de les recruter pour un peu d'argent", explique à l'AFP Jonas Alvaro José, un enseignant de Palma où seulement deux écoles ont rouvert.

La province du Cabo Delgado compte le plus fort taux d'analphabétisme du pays, environ 67% selon l'Agence américaine pour l'aide au développement (USAID).

A Mute, le chef de village assure qu'aucun des jeunes n'a rejoint les djihadistes, pour l'instant. "Je voudrais que le gouvernement fasse le nécessaire pour que ça n'arrive jamais. Les recrutés sont principalement des Mozambicains, ce qui conduit un jeune à rejoindre leurs rangs, c'est la pauvreté", est convaincu Henriques Laba.

Le gouvernement a "significativement augmenté son budget destiné aux provinces du nord, ce qui démontre qu'il y a une prise de conscience des enjeux", souligne auprès de l'AFP Mirko Manzoni, envoyé spécial des Nations unies au Mozambique.

Mais selon lui, les connaissances sur le fonctionnement et le mode de recrutement de ces groupes armés sont insuffisantes pour tirer des conclusions.

L'armée mozambicaine en difficulté est épaulée depuis l'an dernier par plus de 3.100 soldats rwandais et des pays voisins d'Afrique australe.

Ces derniers mois, les violences ont connu une relative accalmie dans les deux districts sous protection des forces rwandaises. Mais des attaques sporadiques se poursuivent, notamment dans le sud de la province. Les organisations humanitaires restreignent encore leurs déplacements sur des routes peu sûres.

A Olumbi, un autre village à quelques dizaines de kilomètres de Palma, la plupart des maisons ont été détruites et l'aide se fait attendre. "Nous souffrons parce que nous manquons de nourriture et nous n'avons plus de moyens de gagner notre vie", explique Najum Ntete, un commerçant.

Il a perdu plusieurs membres de sa famille dans les violences et sa maison. Le village est à 85% musulman mais les djihadistes n'ont pas fait de distinction.

Pour certains locaux, la présence des troupes étrangères est la seule planche de salut: "Si les Rwandais s'en vont, je m'en vais aussi", jure Markito, qui ne donne pas son nom.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.