Espagne: au procès d'un drame ferroviaire, les larmes et la colère des familles

Cette photo d'archive prise le 25 juillet 2013 montre le train à grande vitesse Alvia le lendemain de son déraillement et de son écrasement contre un mur de béton, quatre kilomètres avant Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne (Photo, AFP).
Cette photo d'archive prise le 25 juillet 2013 montre le train à grande vitesse Alvia le lendemain de son déraillement et de son écrasement contre un mur de béton, quatre kilomètres avant Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 05 octobre 2022

Espagne: au procès d'un drame ferroviaire, les larmes et la colère des familles

  • Le 24 juillet 2013 au soir, le train à grand vitesse Alvia 04155 en provenance de Madrid avait brutalement déraillé peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle
  • Au total, 80 personnes avaient trouvé la mort, dont 68 Espagnols, deux Français, deux Américains et plusieurs Latino-américains

SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE, Espagne: Neuf ans après l'accident de train de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui a fait 80 morts en 2013, la justice a commencé mercredi à examiner dans un climat tendu les défaillances ayant conduit au pire drame ferroviaire espagnol depuis 1944.

Arrivés à l'aube par petits groupes, le visage fermé, les yeux parfois embués de larmes, les proches des victimes ont pris place dans une salle de la Cité de la Culture de cette ville de Galice (nord-ouest de l'Espagne), exceptionnellement transformée en tribunal au vu du grand nombre de parties civiles présents.

"Aujourd'hui, nous nous sentons fatigués, tristes et en colère, avec l'envie que ce cauchemar s'arrête. Nous voulons savoir enfin tout ce qui a dysfonctionné", a confié à l'AFP, avant l'audience, María Ángeles Prado, qui a perdu sa fille de 21 ans et sa nièce dans l'accident.

"Elles étaient parties voir un feu d'artifice. Nous avions dit: +Prenez le train, pas la voiture+, en pensant que c'était plus sûr", raconte la sexagénaire, la gorge nouée, en évoquant "un deuil très difficile" fait d'"angoisse" et de "douleur insupportable".

"Si le conducteur avait bien fait son travail, ma fille et sa cousine seraient encore en vie, c'est sûr. Mais il aurait pu se sentir mal, avoir une indisposition... On ne peut pas confier un train à grande vitesse (...) à une seule personne", dénonce-t-elle.

«Grave négligence»

Le 24 juillet 2013 au soir, le train à grand vitesse Alvia 04155 en provenance de Madrid avait brutalement déraillé peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, avant de s'encastrer dans un mur d'enceinte situé à quatre kilomètres de la ville.

Au total, 80 personnes avaient trouvé la mort, dont 68 Espagnols, deux Français, deux Américains et plusieurs Latino-américains. L'accident, survenu la veille de la fête de Saint-Jacques, qui réunit chaque année des milliers de pèlerins catholiques dans la cité galicienne, avait également fait plus de 140 blessés.

L'enquête avait rapidement mis en évidence une vitesse excessive. Le train de la Renfe, compagnie de chemin de fer espagnole, roulait à 179 km/h lorsqu'il a déraillé, alors que la vitesse sur cette portion ferroviaire était limitée à 80 km/h.

Le conducteur du train, Francisco Garzon, qui se trouvait au téléphone avec le contrôleur du train juste avant l'accident, a fait preuve "d'imprudence", ont ainsi estimé les magistrats. Cet homme, âgé de 52 ans au moment de l'accident, avait demandé "pardon" aux victimes un an après les faits.

A ses côtés comparaît Andrés Cortabitarte, ancien responsable de la sécurité de l'Adif, le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, accusé de n'avoir pas réalisé d'étude de risques sur le virage concerné, dépourvu de systèmes de signalisation, d'alerte et de freinage automatique.

Quatre ans de prison ont été requis contre chacun des deux hommes, jugés pour "homicide résultant d'une grave négligence professionnelle". Au total, plus de 600 témoins et experts sont attendus à la barre de ce procès, programmé jusqu'au 10 février.

Insultes

En marge de la première journée d'audience, consacrée à des points de procédure, l'avocat de Francisco Garzon, Manuel Prieto, a appelé le tribunal à ne pas faire reposer toute la responsabilité du déraillement sur les épaules de son client.

"Tous les êtres humains font des erreurs, mais le manque de mesures (de sécurité) est ce qui permet à l'erreur humaine de se transformer en accident", a assuré l'avocat, en décrivant Francisco Garzon - resté silencieux sur le banc des accusés - comme "inquiet" et "nerveux".

Un message relayé par Jesus Dominguez, porte-parole de l'association de victimes Alvia 04155, qui dénonce depuis plusieurs années les "manquements" de l'Etat et la "lenteur" de la justice espagnole, accusée d'avoir laissé de côté la question des responsabilités politiques.

"Nous avons un sentiment doux-amer car ce procès arrive près de 10 ans" après les faits et donc trop tard "pour certaines personnes, qui sont depuis malheureusement décédées", a-t-il souligné, en regrettant que "seul le conducteur" se soit jusqu'à présent excusé auprès des victimes.

Signe de la colère accumulée au cours des neuf années d'enquête, l'ancien responsable de l'Adif, Andrés Cortabitarte, a été copieusement insulté par les familles à l'issue de la première journée de débats, une personne lui ayant même porté un coup à la sortie du tribunal.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.