Macron appelle Erdogan à lutter contre tout «contournement» des sanctions visant Moscou

Le président français Emmanuel Macron et le président turc Recep Tayyip Erdogan ( à droite ) participent à une réunion bilatérale en marge d'un sommet extraordinaire de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 24 mars 2022. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron et le président turc Recep Tayyip Erdogan ( à droite ) participent à une réunion bilatérale en marge d'un sommet extraordinaire de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 24 mars 2022. (AFP).
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Publié le Vendredi 07 octobre 2022

Macron appelle Erdogan à lutter contre tout «contournement» des sanctions visant Moscou

  • Macron «a souligné l’importance des régimes de sanctions européens pour mettre fin à l'escalade russe et a appelé à lutter contre toute stratégie de contournement», a indiqué l'Elysée à l'issue d'un échange entre les deux dirigeants
  • Très dépendante des gaz et pétrole russes, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, tout en proposant sans relâche sa médiation entre Moscou et Kiev

PRAGUE: Le président français Emmanuel Macron a insisté jeudi auprès de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sur la nécessité de lutter contre tout "contournement" des sanctions contre la Russie.

"Il a souligné l’importance des régimes de sanctions européens pour mettre fin à l'escalade russe et a appelé à lutter contre toute stratégie de contournement", a indiqué l'Elysée à l'issue d'un échange entre les deux dirigeants, en marge de la première réunion de la Communauté politique européenne à Prague.

Très dépendante des gaz et pétrole russes, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, tout en proposant sans relâche sa médiation entre Moscou et Kiev.

Le pays, destination prisée des ressortissants russes, a vu arriver des milliers d'entre eux depuis le début de la guerre, touristes, réfugiés et hommes d'affaires qui sont devenus à partir de mai les premiers acquéreurs de biens immobiliers en Turquie.

M. Macron a par ailleurs exprimé son "inquiétude" concernant la situation en mer Egée, théâtre de tensions récurrentes entre la Grèce et la Turquie.

"Il a appelé à la reprise du dialogue entre les parties pour éviter l’escalade et préserver le respect du droit international", a précisé l'Elysée.


Pour les Ukrainiens, 90 ans après la Grande famine, un «génocide» se répète

Un habitant du village de Drobyshevo près de la ville de Lyman dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Un habitant du village de Drobyshevo près de la ville de Lyman dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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  • Avec l'invasion russe qui a mis leur pays à feu et à sang, pour beaucoup en Ukraine l'Histoire se répète
  • L'Ukraine a perdu quatre à huit millions d'habitants dans la grande famine de 1932-1933, orchestrée par Staline pour réprimer toute velléité nationaliste

KIEV: Il y a 90 ans, ils étaient des millions à mourir de la Grande famine provoquée volontairement par le régime stalinien et considérée comme "génocide" par Kiev. Aujourd'hui, avec l'invasion russe qui a mis leur pays à feu et à sang, pour beaucoup en Ukraine l'Histoire se répète.

"Ce qui s'est passé dans les années 1930 est un génocide et ce qui se passe maintenant c'est aussi un génocide", estime Ganna Pertchouk, une retraitée venue à une cérémonie religieuse à la mémoire des victimes de l'Holodomor (extermination par la faim). "Les parallèles sont très clairs".

Derrière elle, un centre commémoratif de la Grande famine, en forme d'une bougie géante s'élève dans le brouillard sur une colline surplombant le fleuve Dnipro.

Une douzaine de prêtres orthodoxes vêtus de robes noires et argentées se préparent à célébrer leur service en plein air, malgré les températures proches de zéro degré.

L'archevêque Filaret, 93 ans et longue barbe blanche, pose un bouquet d'œillets rouges devant un monument représentant une fillette émaciée qui presse des épis de blé contre sa poitrine avant de lancer la cérémonie.

"Nous prions pour ceux qui ont péri de la famine", chante un prêtre. "Mémoire éternelle", entonne le chœur composé d'une dizaine de fidèles.

Victoire sur le Mal
"L'Holodomor n'était pas le résultat d'une mauvaise récolte, mais l'extermination intentionnelle du peuple ukrainien", lance Filaret.

Surnommée "le grenier à blé de l'Europe" pour la fertilité de ses terres noires, l'Ukraine a perdu quatre à huit millions d'habitants dans la grande famine de 1932-1933, orchestrée selon des historiens par Staline pour réprimer toute velléité nationaliste et indépendantiste de ce pays, alors république soviétique.

Ce drame est officiellement considéré comme un "génocide" par Kiev et plusieurs pays occidentaux, un terme farouchement rejeté par Moscou.

Comme beaucoup d'Ukrainiens, Mme Pertchouk en a des mémoires familiales. Sa belle-mère, qui était une petite fillette à l'époque, lui racontait comment sa famille la cachait dans un village de la région de Kiev "pour qu'elle ne se fasse pas manger" par des voisins rendus fous par la faim, alors que des cas de cannibalisme étaient recensés parmi la population.

"Imaginez-vous cette horreur !" lance, larmes aux yeux, cette ancienne infirmière de 61 ans qui dit "prier pour notre victoire, qui sera la victoire sur le Mal".

"C'était une famine génocidaire créé artificiellement... Maintenant que nous vivons cette guerre massive lancée sans provocation par la Russie contre l'Ukraine, nous voyons l'Histoire se répéter", lui fait l'écho le prêtre Oleksandre Chmouryguin, 38 ans.

Poutine après Staline
"A l'époque ils exterminaient les Ukrainiens par la famine, aujourd'hui ils nous exterminent avec des armes lourdes" en bombardant "des villes pacifiques" et "nos infrastructures énergétiques", renchérit cet homme de 38 ans.

Car sur fond de revers militaires, la Russie pilonne depuis octobre des installations ukrainiennes privant des millions d'Ukrainiens d'électricité, de chauffage et d'eau alors que l'hiver s'installe dans ce pays.

La ville de Kiev était parmi les plus touchée par ces coupures avec quelque 600.000 foyers privés d'électricité dans la soirée de vendredi deux jours après une dernière vague de bombardements.

Parmi les personnes rassemblées pour commémorer les victimes de la famine, l'avocat Andriï Savtchouk, 39 ans, évoque une perte "irréparable" pour l'Ukraine.

"Le système de Staline, l'Etat répressif voulait détruire l'Ukraine en tant que nation. Aujourd'hui, nous voyons que les efforts déployés par Staline sont poursuivis par (le président Vladimir) Poutine", a-t-il déclaré.

Mais si "les Ukrainiens ont pu tenir" dans les années 1930, ils "tiendront bon" face à Moscou, assure-t-il. "Nous avons une volonté inflexible et la confiance. Et le monde entier est avec nous".


Venezuela: Washington allège les sanctions après un accord entre Maduro et l'opposition

Le gouvernement américain a autorisé le géant pétrolier Chevron à reprendre partiellement ses extractions d'hydrocarbures au Venezuela  (Photo, AFP).
Le gouvernement américain a autorisé le géant pétrolier Chevron à reprendre partiellement ses extractions d'hydrocarbures au Venezuela (Photo, AFP).
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  • Le dialogue s'est ouvert en août 2021 à Mexico, après des tentatives qui ont tourné court en 2018 et 2019
  • Sept millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays en raison de la crise politique et économique

MEXICO: Les Etats-Unis ont annoncé samedi un allègement de l'embargo pétrolier envers le Venezuela sur fond d'isolement de la Russie, immédiatement après l'annonce de la signature d'un accord entre le pouvoir de Nicolas Maduro et l'opposition à Mexico.

Le gouvernement américain a autorisé le géant pétrolier Chevron à reprendre partiellement ses extractions d'hydrocarbures au Venezuela quelques minutes après l'annonce d'un "second accord partiel de protection sociale du peuple vénézuélien", salué par la communauté internationale.

Dans un communiqué, le département du Trésor a autorisé Chevron à relancer en partie sa co-entreprise avec Petroleos de Venezuela (PdVSA, société d'Etat vénézuélienne). Chevron doit cependant s'assurer que "PdVSA ne reçoive aucun revenu des ventes de pétrole réalisées par Chevron".

Dans un autre communiqué, le géant pétrolier s'est engagé à respecter le "cadre réglementaire imposé", en confirmant avoir reçu l'autorisation de reprendre en partie ses activités au Venezuela.

En mai, Washington avait déjà permis à Chevron de "négocier les termes de potentielles futures activités au Venezuela", ce qui représentait une première entorse à l'embargo sur le pétrole vénézuélien imposé par Washington en 2019 dans l'espoir d'évincer Nicolas Maduro.

Les Etats-Unis cherchent de nouvelles sources d'hydrocarbures pour compenser la perte du brut russe à la suite des sanctions prises en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le Venezuela disposerait des plus grandes réserves au monde, d'après certains experts.

Dans un communiqué commun, les Etats-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada ont "salué la décision de reprise du dialogue" entre le régime socialiste de Maduro et l'opposition.

Un haut responsable américain a qualifié l'accord d'"étape importante dans la bonne direction".

Pas d'accord sur les élections 

Ce dialogue représente "un espoir pour toute l'Amérique latine" et "le triomphe de la politique", s'est félicité le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard.

En même temps que les pourparlers de Mexico, Caracas accueille depuis lundi la reprise des négociations entre le gouvernement colombien et l'ELN (Armée de libération nationale), considérée comme la dernière guérilla active en Colombie.

Sur le fond, le pouvoir et l'opposition sont tombés d'accord pour entreprendre toutes les démarches nécessaires afin de débloquer des "fonds légitimes" appartenant au Venezuela "qui se trouvent geler dans le système financier international".

Cet argent alimentera un "fonds pour la protection sociale du peuple vénézuélien" pour répondre aux besoins les plus urgents du pays (système de santé, réseau électrique, éducation, réponse aux récentes pluies torrentielles qui ont tué près de 80 personnes en octobre).

Pour la conception et la gestion de ce fonds, les deux parties vont demander le soutien des Nations unies, selon l'accord lu par un représentant de la Norvège, pays médiateur dans le dialogue inter-vénézuélien de Mexico.

"Par la voie de cet accord, nous allons sauver plus de trois milliards de dollars", a estimé le représentant en chef du pouvoir vénézuélien, le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez.

Le fonds sera géré par l'ONU "avec un cadre programmatique de projets et de chantiers à exécuter", a déclaré le représentant de l'opposition, Gerardo Blyde.

Le président Maduro exige la levée des sanctions économiques américaines qui frappent son pays, notamment de l'embargo sur les exportations de pétrole.

Pour sa part, l'opposition vénézuélienne réclame des solutions à la "crise humanitaire", "le respect des droits humains", et des garanties pour des "élections libres et observables", a indiqué jeudi un communiqué de la Plateforme unitaire.

Il n'y a pas de consensus sur ces élections qui devraient avoir lieu en 2024, d'après une source proche du dossier consultée jeudi par l'AFP.

Dans leur communiqué commun, les Etats-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada ont demandé aux deux parties de "faire preuve de bonne volonté en vue d'un accord global conduisant à des élections libres et régulières en 2024".

L'opposition accuse M. Maduro d'avoir été réélu en 2018 de manière frauduleuse.

La pauvreté touche huit personnes sur dix au Venezuela, d'après l'enquête nationale Encovi sur les conditions de vie publiée au début du mois.

Sept millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays en raison de la crise politique et économique, notamment depuis la mort de l'ancien président Hugo Chavez en 2013.

Le dialogue s'est ouvert en août 2021 à Mexico, après des tentatives qui ont tourné court en 2018 et 2019.

Nicolas Maduro a suspendu les pourparlers deux mois plus tard, après l'extradition aux Etats-Unis d'Alex Saab, un homme d'affaires vénézuélien proche du pouvoir poursuivi pour blanchiment de capitaux.


Mondial-2022: Mbappé rejoint Valencia au classement des buteurs

Kylian Mbappe célèbre le deuxième but de son équipe lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Danemark (Photo, AFP).
Kylian Mbappe célèbre le deuxième but de son équipe lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Danemark (Photo, AFP).
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  • Kylian Mbappé, auteur de trois buts a rejoint l'Equatorien Enner Valencia en tête du classement des buteurs du Mondial-2022
  • La star de l'Argentine Lionel Messi, enfin, fait partie des sept joueurs à deux buts après avoir ouvert le score face au Mexique (2-0)

DOHA: Kylian Mbappé, auteur de trois buts dont un doublé avec les Bleus samedi contre le Danemark (2-0), a rejoint l'Equatorien Enner Valencia en tête du classement des buteurs du Mondial-2022.

L'avant-centre Polonais Robert Lewandowski, lui, a débloqué son compteur en Coupe du monde en marquant le deuxième but contre l'Arabie Saoudite (2-0), lui qui était resté muet au Mondial-2018 et lors de la première journée contre le Mexique cette année.

La star de l'Argentine Lionel Messi, enfin, fait partie des sept joueurs à deux buts après avoir ouvert le score face au Mexique (2-0).

Classement des buteurs du Mondial 2022 de football à l'issue des matches joués samedi:

3 buts: Mbappé (France), E. Valencia (Equateur)

2 buts: Gakpo (Pays-Bas), Giroud (France), Messi (Argentine), Richarlison (Brésil), Saka (Angleterre), Taremi (Iran), Torres (Espagne)

1 but: Al-Dawsari (Arabie Saoudite), Al-Shehri (Arabie Saoudite), Álvaro Morata (Espagne), Asano (Japon), A. Ayew (Ghana), Bale (Pays de Galles), Batshuayi (Belgique), Bellingham (Angleterre), Bukari (Ghana), Cheshmi (Iran), Christensen (Danemark), Cristiano Ronaldo (Portugal), Dia (Sénégal), Diedhiou (Sénégal), Dieng (Sénégal), Doan (Japon), Duke (Australie), Embolo (Suisse), Félix (Portugal), Fernández (Argentine), Gavi (Espagne), Goodwin (Australie), Grealish (Angleterre), Gündogan (Allemagne), Klaassen (Pays-Bas), Leão (Portugal), Lewandowski (Pologne), Marco Asensio (Espagne), Muntari (Qatar), Olmo (Espagne), Rabiot (France), Rashford (Angleterre), Rezaian (Iran), Soler (Espagne), Sterling (Angleterre), Weah (Etats-Unis), Zielinski (Pologne)