A San Francisco, un chef ouvre une patte-tisserie pour chiens

Le propriétaire de Dogue, Rahmi Massarweh, présente des pâtisseries exclusivement destinées aux chiens dans son restaurant de San Francisco, en Californie, le 5 octobre 2022.  (Photo : Josh Edelson / AFP)
Le propriétaire de Dogue, Rahmi Massarweh, présente des pâtisseries exclusivement destinées aux chiens dans son restaurant de San Francisco, en Californie, le 5 octobre 2022. (Photo : Josh Edelson / AFP)
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Publié le Vendredi 07 octobre 2022

A San Francisco, un chef ouvre une patte-tisserie pour chiens

  • Formé à la cuisine française dans un restaurant réputé de la baie de San Francisco, cet Américain vient de lancer son enseigne gastronomique pour chiens
  • Ce chef iconoclaste a eu l'idée d'ouvrir ce nouveau restaurant grâce aux caprices d'un de ses Mastiffs anglais

SAN FRANCISCO : Votre toutou boude ses croquettes ? A San Francisco, un chef lui propose désormais une offre de fin gourmet, dans une pâtisserie canine qui propose des menus allant jusqu'à 75 dollars.

Chez Dogue, pas besoin d'être un molosse pour pousser la porte d'entrée : le chef cuisinier Rahmi Massarweh accueille tous les meilleurs amis de l'homme, pour peu que leur propriétaire ait un portefeuille bien rempli.

Formé à la cuisine française dans un restaurant réputé de la baie de San Francisco, cet Américain vient de lancer son enseigne gastronomique pour chiens, où il propose des patte-tisseries à s'en lécher les babines.

Les cabots aux palais les plus fins ont par exemple le choix entre le Petit Gateau, avec son coeur de poulet émincé recouvert d'une couche de crême pâtissière soigneusement sculptée, et le Golden Paste Cake, un petit flan qui allie la noix de coco bio et le curcuma avec une fine gélatine de miel.

L'aspect visuel est extrêmement important, explique à l'AFP M. Massarweh. En matière de nourriture pour chiens, cela a toujours été un objectif de la concevoir de manière à ce que j'ai envie de la manger moi-même.

Ce chef iconoclaste a eu l'idée d'ouvrir ce nouveau restaurant grâce aux caprices d'un de ses Mastiffs anglais. Le goujat refusait d'ingurgiter sa pâtée, alors le cuisinier a commencé à utiliser son savoir-faire pour lui concocter des petits plats avec des ingrédients frais et de saison.

- Dogguccinos -

Avec son nouveau commerce, le cuistot canin espère rendre hommage à (s)es racines dans la cuisine française classique, et en même temps, adresser un clin d'oeil (...) aux Mastiffs anglais que sa femme et lui possèdent.

En semaine, l'offre de friandises et autres dogguccinos - des boissons crémeuses infusées avec de la spiruline ou du charbon - démarre à 4,95 dollars. Les propriétaires peuvent également commander des menus sur mesure à emporter.

Le dimanche, la boutique se transforme carrément en restaurant, avec un menu entrée-plat-dessert à 75 dollars.

Une prétention qui n'a pas l'air d'effrayer Joe Lake, venu avec MJ, sa chienne branchée qui arbore une teinture rose sur la moitié de son pelage.

Ca a été une très bonne expérience jusqu'à présent, estime le propriétaire derrière ses lunettes carrées vintage. Elle aime la nourriture et elle aime l'attention qu'elle reçoit ici.

Mais l'établissement ne fait pas que des heureux. Sur les réseaux sociaux certains habitants y voient un symptôme d'une ville qui a perdu la tête avec l'argent de la Silicon Valley voisine,-plus absorbée par les frivolités que par l'explosion du sans-abrisme et de la consommation de drogues dans ses rues.

M. Massarweh, lui, se concentre sur le bonheur de ses clients à quatre pattes.

Avec les chiens, il n'y a pas de façade, sourit-il. S'ils aiment (la nourriture), ils aiment. Si ce n'est pas le cas, il n'y a rien à faire, ils ne vont pas la manger.


Mort de l'écrivain français philanthrope Dominique Lapierre

 Dominique Lapierre, auteur du best-seller sur Calcutta «La Cité de la Joie» (Photo, AFP).
Dominique Lapierre, auteur du best-seller sur Calcutta «La Cité de la Joie» (Photo, AFP).
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  • Sa veuve a annoncé à la presse locale «sa mort de vieillesse» à l'âge de 91 ans
  • Dominique Lapierre était né le 30 juillet 1931 à Châtelaillon, dans l'ouest de la France, d'un père diplomate et d'une mère journaliste

PARIS: Décédé dimanche, Dominique Lapierre, qui a fait de l'Inde sa seconde patrie, était autant philanthrope qu'écrivain à succès ayant vendu, avec son "frère de plume" l'Américain Larry Collins, quelque 50 millions d'exemplaires de leurs six romans, dont "Paris brûle-t-il ?".

"Ce n'est pas suffisant d'être un auteur de best-sellers, il faut se battre contre ces injustices que vous dénoncez dans vos livres", disait cet ancien journaliste français, baroudeur énergique aimant la belle vie.

Sa veuve a annoncé à la presse locale "sa mort de vieillesse" à l'âge de 91 ans.

C'est ainsi qu'après avoir écrit, seul, "La cité de la joie" (1985), sur un bidonville de Calcutta, il donna une bonne part de ses droits d'auteurs aux miséreux qui l'avaient inspiré. La somme fut rondelette : le roman s'est au total vendu à 12 millions d'exemplaires et fit l'objet d'un film, réalisé par Roland Joffé, en 1992.

En 2005, il assurait que, grâce à ses droits d'auteur, des dons de lecteurs et les gains de conférences prononcées dans le monde entier, son action humanitaire "avait permis de guérir en 24 ans 1 million de tuberculeux, soigner 9.000 enfants lépreux, construire 540 puits d'eau potable et armer quatre bateaux hôpitaux sur le delta du Gange".

Dans l'état indien du Bengale-occidental, il était "érigé au rang d'idole", comme le montrait un saisissant reportage de Paris-Match en 2012 alors qu'il recherchait de nouveaux financements à ses centres humanitaires pour pallier la baisse de dons, à cause de la crise financière européenne et américaine.

Quand il ne voyageait pas, il occupait une demeure de Ramatuelle, dans le sud de la France, séparée de celle de Collins, décédé en 2005, par un court de tennis, acquise avec les droits d'auteur de "Paris brûle-t-il?", (1964, 20 millions de lecteurs, 30 éditions internationales).

René Clément a fait un film de ce récit de la Libération de Paris, le 25 août 1944, avec une pléiade de stars. Les Américains Francis Ford Coppola et Gore Vidal avaient cosigné le scénario.

Dominique Lapierre était né le 30 juillet 1931 à Châtelaillon, dans l'ouest de la France, d'un père diplomate et d'une mère journaliste. Lycéen à Condorcet, à Paris, il devint au début des années 50 journaliste à Paris-Match, parcourant les points chauds de la planète.

Visite chez Mère Teresa
Après "Paris brûle-t-il?", il poursuit sa fructueuse collaboration avec Collins : "Où tu porteras mon deuil" (1968, sur le torero El Cordobes), "Ô Jérusalem" (1972), "Cette nuit la liberté" (1975, sur l'indépendance de l'Inde), "Le cinquième cavalier" (1980, fiction autour d'une bombe atomique) et le thriller "New York brûle-t-il?" (2004).

Les deux hommes se complétaient admirablement. Lapierre enquêtait sur les services secrets français et Collins sur la CIA. Puis le premier écrivait en français et le second en anglais et chacun traduisait l'autre.

Le livre achevé, Lapierre, l'extraverti, qui n'hésitait pas à introduire du lyrisme dans ses pages, partait faire la promotion dans le monde francophone et hispanophone. Plus discret, collant davantage aux faits bruts, Collins (décédé en 2005) allait en vanter les mérites chez les anglo-saxons.

Lapierre a aussi co-écrit, avec l'Espagnol Javier Moro, "Il était minuit cinq à Bhopal" (2001) et, avec Jean-Pierre Pedrazzini, "Il était une fois l'URSS" (2005).

Au début des années 80, après la parution de "Cette nuit la liberté", il débarque avec son épouse chez Mère Teresa, à Calcutta. Il commence par lui donner 50.000 dollars en disant : "c'est une goutte d'eau dans l'océan des besoins". La religieuse (décédée en 1997 et déclarée Sainte par le pape François en 2016) lui répond : "sans elles, l'océan ne serait pas l'océan".

Il donne par la suite plusieurs millions de dollars à des programmes de lutte contre la lèpre, le choléra ou la tuberculose, pour la construction de logements ou la distribution de microcrédits.

Parmi d'autres initiatives, Dominique Lapierre, qui parlait couramment le bengali, avait ouvert plusieurs écoles dans la région. Une partie de leur financement provenait de la vente aux enchères (2006, 825.000 dollars) d'une robe portée par l'actrice Audrey Hepburn, dans le film "Diamants sur canapé" (1961). Il l'avait reçue en cadeau du couturier Hubert de Givenchy.

Il était sous tutelle depuis 2014 en raison de sa santé. Son héritage faisait l'objet d'âpres discussions.

Le 5 décembre 2022, sa femme Dominique Conchon-Lapierre annoncé le décès de l'écrivain au quotidien français Var-Matin. Elle a confié dans cet entretien être "en paix et sereine depuis que Dominique ne souffre plus".


L'artiste français JR en soutien des Iraniennes à New York

Cette photo "comptait beaucoup pour la famille", a affirmé l'artiste (Photo, AFP).
Cette photo "comptait beaucoup pour la famille", a affirmé l'artiste (Photo, AFP).
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  • JR a eu recours à des volontaires pour composer les cheveux de la jeune Nika Shakarami, morte à 16 ans lors des manifestations
  • Grâce à ce groupe de volontaires, plus d'une centaine au total, les cheveux de Nika reprennent vie

NEW YORK: L'artiste français JR a présenté dimanche à New York sa dernière performance, qui illustre avec force la lutte des Iraniennes contre le régime de Téhéran en représentant le visage d'une Iranienne morte pendant les manifestations et sa chevelure formée par des personnes volontaires.

"En tant qu'artiste, on se demande souvent comment on peut aider des causes qui sont aussi justes et qui, quelque part, concernent beaucoup de gens dans le monde, beaucoup de femmes dans le monde, surtout en ce moment et en Iran", a expliqué à l'AFP Jean René, plus connu sous son nom d'artiste JR.

Après plusieurs semaines de réflexion, il a décidé d'avoir recours à des volontaires pour composer les cheveux de la jeune Nika Shakarami, morte à 16 ans lors des manifestations déclenchées en Iran par la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre, après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne qui jugeait qu'elle ne portait pas son voile correctement.

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JR a choisi le parc des Quatre libertés sur Roosevelt Island car il se situe en face du siège des Nations unies (Photo, AFP).

Une tante de Nika Shakarami a transmis à l'artiste français une des dernières photos publiées par la jeune fille sur les réseaux sociaux, retirée depuis.

JR a choisi le parc des Quatre libertés sur Roosevelt Island, une île au milieu de l'East River qui longe l'est de Manhattan, face au siège des Nations unies, pour présenter son œuvre dimanche. Grâce à ce groupe de volontaires, plus d'une centaine au total, les cheveux de Nika reprennent vie au rythme du vent glacial qui souffle sur New York.

Cette photo "comptait beaucoup pour la famille", a affirmé l'artiste qui a présenté pour la première fois son œuvre au Brésil.

"À notre petite échelle, c'est une des rares choses qu'on puisse faire, et donc de créer une image comme ça, quelque part, ça ramène de l'attention pour montrer aussi qu'à l'autre bout du monde, on pense à toutes ces femmes et tous ces gens qui se battent sur place", a expliqué cet artiste engagé, qui a déjà présenté des œuvres autour du mur de séparation entre le Mexique et les États-Unis, le conflit israélo-palestinien ou plus récemment la guerre en Ukraine.

«Les gens sont les cheveux»

"Je me suis dit qu'il faudrait que je crée une image, en fait, où les gens sont les cheveux et en fait, une image qui ne peut pas se faire sans les gens, sans l'aide des gens", a-t-il ajouté.

L'architecte iranienne Aila Ahkhmi, 36 ans, qui a participé avec plus d'une centaine d'autres volontaires à la composition du voile, a dit espérer que "notre voix" parvienne jusqu'en Iran, où "malheureusement, tant la population que les activistes et artistes sont empêchés de parler parce qu'immédiatement, ils sont arrêtés et emprisonnés".

Cette performance fait partie de la campagne "Des yeux sur l'Iran" promue par des femmes iraniennes membres d'organisations comme Pour les libertés, Voix vitales et la coalition mondiale Femme, vie, liberté, qui au moment de son lancement le 28 novembre dernier, a reçu le soutien de l'ex-candidate à l'élection présidentielle américaine Hillary Clinton.

Cette campagne s'efforce d'obtenir de l'Organisation des Nations unies qu'elle expulse l'Iran de la Commission de l'ONU sur la condition de la femme, lors d'un vote attendu le 14 décembre.

Selon un dernier bilan fourni par le général Amirali Hajizadeh, du corps des Gardiens de la Révolution, il y a eu plus de 300 morts lors des manifestations depuis le 16 septembre.

Les autorités iraniennes ont finalement annoncé dimanche la suppression de la très contestée police des mœurs.


George Clooney et U2 honorés par le Kennedy Center à Washington

L'acteur américain George Clooney et le musicien Bono du groupe de rock irlandais U2 (Photo, AFP).
L'acteur américain George Clooney et le musicien Bono du groupe de rock irlandais U2 (Photo, AFP).
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  • Une kyrielle de stars de Hollywood et le tout-Washington vont célébrer la carrière de la grande chanteuse de soul Gladys Knight
  • Le show sera diffusé par toutes les grandes chaînes américaines le 28 décembre

WASHINGTON: George Clooney et le groupe de rock irlandais U2 figurent parmi les personnalités qui reçoivent dimanche les honneurs du Kennedy Center, le prix culturel le plus prestigieux de Washington, en présence de Joe Biden.

Une kyrielle de stars de Hollywood et le tout-Washington vont également célébrer les carrières de la grande chanteuse de soul Gladys Knight, de la cheffe d'orchestre et compositrice d'origine cubaine Tania Leon et de la chanteuse de gospel évangélique Amy Grant, lors de cette soirée de gala dont c'est la 45e édition.

Joe Biden et son épouse Jill, ainsi que la vice-présidente Kamala Harris et son époux Douglas Emhoff, doivent assister à cette prestigieuse soirée dans le grand centre culturel de la capitale américaine, que l'ex-président Donald Trump, très peu populaire dans le monde de la culture américaine, avait boudé pendant tout son mandat.

Une série de célébrités vont se succéder sur la scène du Kennedy Center pour rendre hommage à celles honorées dimanche, qui auront auparavant participé à une réception privée à la Maison Blanche avec les Biden et quelques invités triés sur le volet, au lendemain d'un dîner d'honneur samedi soir au département d'État, en présence du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Le show sera diffusé par toutes les grandes chaînes américaines le 28 décembre.

L'acteur oscarisé George Clooney, 61 ans, et son épouse Amal, une avocate spécialisée dans la défense des droits humains, sont particulièrement attendus cette année sur le tapis rouge. Star du film "Ocean's Eleven" et de "Batman et Robin", qui a également réalisé et produit plusieurs films, il s'est déclaré honoré de recevoir cet hommage.

"Moi qui ai grandi dans une petite ville du Kentucky, je n'aurais jamais imaginé être assis un jour au balcon des Honneurs du Kennedy Center", a-t-il indiqué dans un communiqué. "Être mentionné au même titre que le reste de ces incroyables artistes est un honneur."

«Élargir le cercle»

Surnommée "l'Impératrice de la soul", Gladys Knight, 78 ans, s'est déclarée "infiniment touchée".

"L'attachement du Kennedy Center à l'art est sans équivalent et je suis très reconnaissante", a-t-elle ajouté.

Le chanteur et philanthrope Bono et son groupe U2, qui ont vendu 170 millions d'albums dans le monde, sont honorés pour des titres mythiques comme "Sunday Bloody Sunday", "Desire" et "With or without you".

Lauréate du prix Pulitzer de musique pour son opéra "Stride", Tania Leon, 79 ans, est connue pour ses compositions innovantes et puissantes, mêlant musique classique et rythmes cubains, ainsi que pour sa musique de chambre.

Amy Grant, 62 ans, a quant à elle été la première chanteuse de musique chrétienne à obtenir un disque de platine, et elle a remporté six Grammy Awards.

Première star de la musique chrétienne à être reconnue par le Kennedy Center, elle a indiqué que "jamais dans (ses) rêves les plus fous" elle n'avait pensé recevoir cette récompense.

"Au fil des années, j'ai vu beaucoup de mes héros célébrés par leurs collègues artistes, toujours émue par la capacité des films et de la musique à nous rassembler et à trouver en nous ce que nous avons de meilleur", a-t-elle ajouté dans un communiqué. "Je vous remercie d'élargir le cercle pour nous tous."