L'Iran déploie des chars et des avions de guerre dans la province rétive du Kurdistan

Des étudiants de l'université d'Azad, à Téhéran, protestent en couvrant leurs mains de peinture rouge pour rappeler le sang des manifestants assassinés. (AFP)
Des étudiants de l'université d'Azad, à Téhéran, protestent en couvrant leurs mains de peinture rouge pour rappeler le sang des manifestants assassinés. (AFP)
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

L'Iran déploie des chars et des avions de guerre dans la province rétive du Kurdistan

  • Amnesty International se dit «préoccupée par la répression des manifestations observées dans la ville de Sanandaj»
  • Parmi les personnes arrêtées au cours de la répression commise par les forces de sécurité figure la fille de l'ancien président iranien Akbar Hachemi Rafsanjani, Faezeh Hachemi (59 ans)

DJEDDAH: Mardi dernier, les services de sécurité iraniens ont déployé dans la ville de Sanandaj (province du Kurdistan) une force d'intervention composée de chars, d'un avion de guerre et de bus qui transportaient des forces spéciales. Cette mobilisation intervient dans le contexte de manifestations qui se poursuivent depuis plus de trois semaines sans laisser présager le moindre apaisement.

Le Kurdistan est la province d'origine de Mahsa Amini (22 ans). Sa mort en détention causée par la police des mœurs a provoqué une vague de manifestations à travers le pays. La réponse brutale de l'Iran à ces manifestations a fait plus de deux cents morts.

C'est à Sanandaj que les manifestations atteignent leur paroxysme. Les associations de défense des droits de l'homme redoutent de lourdes pertes et accusent les autorités de bombarder les quartiers.

Parmi ces organisations figure Hengaw, dont le siège se trouve en Norvège, qui a rapporté qu'un avion de chasse était arrivé à l'aéroport de Sanandaj en provenance d'Iran et que plusieurs bus qui transportaient des forces spéciales se dirigeaient vers la ville.

Pour sa part, Amnesty International se dit «préoccupée par la répression des manifestations observées dans la ville de Sanandaj». Selon l’organisation, «des rapports indiquent que les forces de sécurité font usage d'armes à feu et tirent des gaz lacrymogènes à tort et à travers, y compris sur les maisons».

Le Centre des droits de l'homme basé en Iran prévient que ce paysage risque de se reproduire dans la province du Sistan-et-Baloutchistan (sud-est). Selon les militants, plus de quatre-vingt-dix personnes ont été tuées dans cette province depuis le 30 septembre.

«Les massacres commis de sang-froid par les forces de sécurité dans la province du Kurdistan, ainsi que le carnage perpétré dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, laissent présager de graves violences», estime Hadi Ghaemi, directeur de l'organisation.

Parmi les personnes arrêtées au cours de la répression commise par les forces de sécurité figure la fille de l'ancien président iranien Akbar Hachemi Rafsanjani, Faezeh Hachemi (59 ans). Ancienne députée et militante des droits des femmes, elle a été arrêtée à Téhéran le 27 septembre pour avoir incité des citoyens à se joindre aux manifestations. Les autorités judiciaires l'ont inculpée «de complicité, de perturbation de l'ordre public et de propagande hostile à la république islamique».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Séisme en Turquie et Syrie: 23 millions de personnes pourraient être touchées, selon l'OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, s'exprime lors d'une conférence de presse au siège de l'OMS à Genève, en Suisse, le 14 décembre 2022. (Fichier/AP)
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, s'exprime lors d'une conférence de presse au siège de l'OMS à Genève, en Suisse, le 14 décembre 2022. (Fichier/AP)
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  • «Les cartes des événements montrent que 23 millions de personnes sont potentiellement exposées, dont environ 5 millions de personnes vulnérables», a déclaré une responsable de l'Organisation mondiale de la santé
  • «L'OMS connaît la forte capacité de réponse de la Turquie et considère que les principaux besoins non satisfaits pourraient se situer en Syrie dans l'immédiat et à moyen terme», a-t-elle ajouté

GENEVE : Quelque 23 millions de personnes pourraient être touchées par les séismes qui ont secoué le Sud-Est de la Turquie et le Nord de la Syrie, a indiqué mardi l'OMS, promettant son soutien sur le long terme après l'envoi d'aide d'urgence.

"Les cartes des événements montrent que 23 millions de personnes sont potentiellement exposées, dont environ 5 millions de personnes vulnérables", a déclaré une responsable de l'Organisation mondiale de la santé, Adelheid Marschang, lors d'une réunion régulière du Conseil exécutif de l'organisation.

"L'OMS connaît la forte capacité de réponse de la Turquie et considère que les principaux besoins non satisfaits pourraient se situer en Syrie dans l'immédiat et à moyen terme", a-t-elle ajouté.

Le séisme, suivi de puissantes répliques, a tué plus de 5 000 morts en Turquie et en Syrie, faisant également des milliers de blessés et de sans abri par un froid glacial, mais le bilan est encore provisoire.

"L'acheminement de l'aide par la frontière vers le nord-ouest de la Syrie risque d'être ou est déjà perturbé en raison des dégâts causés par le tremblement de terre. En soi, cela constitue déjà une énorme crise", a relevé Mme Marschang.

A ses côtés, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a d'abord appelé à observer une minute de silence pour les victimes.

"Nous travaillerons en étroite collaboration avec tous les partenaires pour soutenir les autorités de Turquie et de Syrie, dans les heures et les jours critiques à venir, ainsi que dans les mois et les années à venir, alors que les deux pays se rétablissent et se reconstruisent", a-t-il ensuite dit.

Il a annoncé l'envoi de "trois vols charters dans les deux pays" avec des matériels médicaux, y compris des trousses chirurgicales, depuis la plateforme logistique humanitaire de Dubaï.

"Nous mobilisons des matériels d'urgence et nous avons activé le réseau d'équipes médicales d'urgence de l'OMS pour fournir des soins de santé essentiels aux blessés et aux personnes les plus vulnérables", a-t-il ajouté.

Le Dr Tedros a également expliqué qu'une cartographie des dommages est en cours, afin de comprendre où l'OMS doit concentrer son attention.

"C'est maintenant une course contre la montre. Chaque minute, chaque heure qui passe, les chances de retrouver des survivants vivants diminuent", a-t-il affirmé, se disant "particulièrement préoccupé par les zones où nous n'avons pas encore d'informations".

"Les répliques sismiques, la rigueur des conditions hivernales, les dégâts causés aux routes, à l'alimentation électrique, aux communications et aux autres infrastructures continuent d'entraver l'accès et les autres opérations de recherche et de sauvetage", a souligné le chef de l'OMS


Lavrov promet l'aide russe aux pays du Sahel et du Golfe de Guinée contre le djihadisme

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop à Bamako, le 7 février 2023 (Photo, AFP).
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop à Bamako, le 7 février 2023 (Photo, AFP).
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  • M. Lavrov s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue malien Abdoulaye Diop au cours d'une visite présentée par les deux parties
  • M. Lavrov a promis au Mali la poursuite du soutien militaire matérialisé par des livraisons d'armements et l'envoi de centaines d'hommes

BAMAKO : Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a promis mardi l'aide de Moscou aux pays du Sahel et du Golfe de Guinée face aux djihadistes.

"La lutte contre le terrorisme est bien sûr d'actualité pour les autres pays de la région", a dit M. Lavrov lors d'une visite au Mali. "Nous allons leur apporter notre assistance pour surmonter ces difficultés. Cela concerne la Guinée, le Burkina Faso et le Tchad, et en général la région sahélo-sahélienne et même les pays riverains du Golfe de Guinée", a-t-il déclaré.

M. Lavrov s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue malien Abdoulaye Diop au cours d'une visite présentée par les deux parties comme une première "historique" de la part d'un chef de la diplomatie russe dans le pays sahélien.

La visite de M. Lavrov dans ce pays en proie à la violence djihadiste et à une profonde crise multidimensionnelle concrétise le rapprochement opéré par les colonels maliens depuis 2021, en même temps qu'ils rompaient l'alliance militaire avec la France et ses partenaires.

M. Lavrov a promis au Mali la poursuite du soutien militaire matérialisé par des livraisons d'armements et l'envoi de centaines d'hommes, décrits en fonction des sources comme des instructeurs de l'armée russe ou des mercenaires de Wagner, un groupe de sécurité privé aux agissements décriés.

Il a aussi promis un engagement russe accru sur le continent confronté selon lui aux "approches néocoloniales" des Occidentaux.

"Nous allons apporter notre soutien au règlement des problèmes sur le continent africain, nous partons constamment du principe qu'il faut régler les problèmes africains avec des solutions africaines", a-t-il déclaré.


La Corée du Nord annonce «l'élargissement et l'intensification» de ses exercices militaires

Cette photo prise le 6 février 2023 et publiée par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord, Korean Central News Agency (KCNA), le 7 février 2023, montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (au centre) participant à la 4e réunion de la 8e Commission militaire centrale du Parti des travailleurs de Corée à Pyongyang. (PHOTO AFP/KCNA VIA KNS)
Cette photo prise le 6 février 2023 et publiée par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord, Korean Central News Agency (KCNA), le 7 février 2023, montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (au centre) participant à la 4e réunion de la 8e Commission militaire centrale du Parti des travailleurs de Corée à Pyongyang. (PHOTO AFP/KCNA VIA KNS)
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  • A l'ordre du jour, figurait «l'élargissement et l'intensification constants des opérations et des exercices de combat de l'Armée populaire coréenne (...) afin de strictement perfectionner la préparation à la guerre»
  • En parallèle, des images satellites privées suggèrent que «des préparatifs importants en vue d'une parade» militaire sont en cours dans la capitale Pyongyang, en amont de fêtes nationales qui auront lieu en février

SÉOUL : L'armée nord-coréenne a déclaré qu'elle allait étendre et intensifier ses exercices militaires en vue de "la préparation à la guerre", ont rapporté mardi les médias d'Etat, à l'approche d'une importante parade militaire.

Cet engagement a été pris lors d'une réunion tenue lundi sous la direction du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, à la suite d'exercices aériens conjoints de la Corée du Sud et des Etats-Unis la semaine passée.

A l'ordre du jour, figurait "l'élargissement et l'intensification constants des opérations et des exercices de combat de l'Armée populaire coréenne (...) afin de strictement perfectionner la préparation à la guerre", selon l'agence officielle KCNA.

En parallèle, des images satellites privées suggèrent que "des préparatifs importants en vue d'une parade" militaire sont en cours dans la capitale Pyongyang, en amont de fêtes nationales qui auront lieu en février.

Le 8 février, la Corée du Nord célèbre l'anniversaire de la fondation de ses forces armées, et le 16 février, l'anniversaire de Kim Jong Il, père et prédécesseur de l'actuel leader nord-coréen, Kim Jong Un.

L'état-major inter-armées sudcoréen a déclaré mardi surveiller de près les zones entourant le terrain d'entraînement militaire de Pyongyang, ajoutant y avoir constaté une "forte augmentation du personnel et des véhicules" ces derniers jours.

Ballon nord-coréen

La semaine dernière, Séoul et Washington ont organisé des exercices aériens avec des bombardiers stratégiques et des avions de chasse furtifs, provoquant la colère de Pyongyang, qui a déclaré que de telles manœuvres pourraient "déclencher une confrontation totale".

Cette démonstration de force des deux puissances alliées intervient après que le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et son homologue sud-coréen ont annoncé une coopération accrue en matière de sécurité face à Pyongyang.

Pour la Corée du Nord, qui perçoit ces manœuvres aériennes comme des répétitions en vue d'une invasion de son territoire, la décision de Séoul et Washington d'intensifier leurs exercices conjoints a franchi "une ligne rouge extrême", a déclaré le ministre nord-coréen des Affaires étrangères.

Le ministère de la Défense sud-coréen a déclaré lundi qu'un ballon nord-coréen avait traversé son espace aérien au cours du week-end, mais a conclu qu'il ne représentait pas une menace.

Il s'agirait d'un ballon météorologique, a rapporté l'agence de presse Yonhap qui cite des responsables. Le ministère de la Défense a déclaré avoir pris des "mesures" sans donner plus de détails.

Samedi, Washington a abattu un ballon de surveillance chinois présumé, Pékin affirmant qu'il s'agissait d'un engin civil qui avait accidentellement pénétré dans l'espace aérien américain.

Renforcer l'armée

Selon Hong Min, chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale, un organisme de recherche basé à Séoul, la réunion de lundi des gradés nord-coréens visait à souligner que le pays était prêt à faire face aux prochains exercices militaires conjoints et à la guerre.

Yang Moo-jin, professeur à l'Université d'études nord-coréennes de Séoul, a ajouté que la réunion signalait la détermination de Pyongyang à "renforcer agressivement son armée".

Le dirigeant nord-coréen avait appelé début janvier à une "augmentation exponentielle de l'arsenal nucléaire" de la Corée du Nord, incluant la production en masse d'armes nucléaires tactiques et le développement de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

Kim Jong Un a également déclaré que son pays devait "renforcer massivement (sa) force militaire" en 2023 en réponse "aux manoeuvres militaires inquiétantes des Etats-Unis et d'autres forces hostiles".