Les malades du cancer au Liban se tournent vers le marché noir pour obtenir des médicaments vitaux

Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
Le Liban a l'un des taux de cancer du sein les plus élevés au monde et son gouvernement défaillant fait que des dizaines de milliers de patients n'ont que peu d'espoir de recevoir un traitement vital. (AFP)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

Les malades du cancer au Liban se tournent vers le marché noir pour obtenir des médicaments vitaux

  • Des Libanais désespérés ont eu recours à des trafiquants pour accéder à des médicaments contre le cancer, dont beaucoup sont contrefaits
  • La débâcle financière du Liban a paralysé le système de santé, obligeant de nombreux patients atteints de cancer à abandonner leur traitement

DUBAÏ: «Je suis Sali Hafiz. Je suis venue aujourd'hui pour récupérer les économies de ma sœur qui est en train de mourir dans un hôpital.» Ce sont les mots qu'une Libanaise désespérée a diffusés en ligne pour tenter d'obtenir des fonds pour le traitement du cancer de sa sœur.

Mme Hafiz avait fait irruption dans une agence de la Blom Bank à Beyrouth, armée d'un faux pistolet. La jeune femme de 28 ans a occupé les lieux jusqu'à ce qu'elle obtienne 13 000 dollars (1 dollar = 1,03 euro), soit une partie de ses 20 000 dollars d'économies.

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Les manifestants expriment leur colère face aux retards de traitement. (AFP)

Ce braquage met en lumière la dégradation constante de l'état du secteur médical libanais et de l’état de santé de ses patients. La sœur de Sali Hafiz, qui souffre d'un cancer du cerveau, perdait tout espoir de retrouver un jour la parole et la mobilité. Les fonds retirés par sa sœur lui ont permis de faire un voyage en Turquie, pays voisin, et de bénéficier d'un mois de traitement.

Depuis plus de quatre ans, le Liban est en proie à une crise économique de plus en plus grave qui a plongé près des trois quarts de la population dans la pauvreté.

La crise a mis le secteur de la santé à genoux, réduit les subventions médicales de 120 millions de dollars par mois à près de 35 millions de dollars en 2021 et multiplié par quatre le prix d'un large éventail de médicaments. Les citoyens libanais désespérés cherchent désormais tous les moyens d'offrir une chance à leurs proches.

Au Liban, les patients atteints de cancer mènent deux batailles: l'une contre leur maladie et l'autre pour obtenir le traitement dont ils ont cruellement besoin.

Le cancer du sein est le cancer le plus répandu au Liban. En 2020, 1 954 nouveaux cas de cancer du sein ont été identifiés, ce qui représente 33,7 % des cancers diagnostiqués cette année-là.

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Un rassemblement d'octobre rose à Beyrouth sensibilise au cancer du sein. (AFP)

Selon une étude de 2019, intitulée «Breast Cancer Epidemiology Among Lebanese Women: An 11-Year Analysis», publiée dans le National Center for Biotechnology Information, une période d'étude entre 2005 et 2015 a révélé que le cancer du sein était le cancer le plus répandu au Liban avec un total de 22 357 cas signalés, représentant près de 37 % des cas de cancer chez les femmes.

En 2018, l'Eastern Mediterranean Health Journal a publié une étude intitulée «Efficacité des campagnes de dépistage du cancer du sein de 2012 à 2017 par analyse du stade au moment du diagnostic, Liban». Elle a révélé que le pays avait le sixième taux d'incidence du cancer du sein standardisé pour l'âge le plus élevé au monde, avec 97,6 cas pour 100 000 femmes.

Les hôpitaux sont désormais confrontés à d'importantes pénuries de médicaments, et un grand nombre de patients n'ont pas les moyens de se faire soigner en raison du contrôle des capitaux imposé presque du jour au lendemain par les banques en 2019.

Plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Si certaines organisations non gouvernementales (ONG) proposent des mammographies gratuites, aucun centre de santé ne propose de traitement gratuit.

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Les hôpitaux sont désormais confrontés à d'importantes pénuries de médicaments, et un grand nombre de patients n'ont pas les moyens de se faire soigner en raison du contrôle des capitaux imposé presque du jour au lendemain par les banques en 2019.(AFP)

De nombreuses patientes atteintes d'un cancer du sein se trouvent dans la même situation difficile que la sœur de Sali Hafiz. Bien que les campagnes en cours dans le pays sensibilisent au cancer du sein, de nombreuses femmes se sentent découragées. Les actions de sensibilisation du public comprennent des séminaires, des cours d'éducation sur la manière de détecter le cancer du sein, l'encouragement au dépistage précoce et des interventions dans les médias. Mais celles qui sont déjà diagnostiquées avec un cancer du sein estiment que ce n'est pas suffisant.

«J'ai presque l'impression que certaines de ces campagnes menées par des célébrités détournent notre douleur pour leurs bénéfices et leur image publique», déclare à Arab News Layla, une patiente de 37 ans atteinte d'un cancer du sein de stade 2. «Où vais-je aller avec mon ruban rose si je dois m'inquiéter de savoir si je peux continuer ma chimiothérapie? Qui va financer mon traitement?»

Les aides gouvernementales étant rares, le Liban importe plus de 90 % de ses médicaments. Les patients atteints de cancer doivent souvent se débrouiller seuls pour obtenir les traitements qui leur sauveront la vie.

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Un patient cancéreux assiste à un rassemblement à Beyrouth pour protester contre la pénurie de médicaments. (fichier AFP)

L'année dernière, le ministère de la Santé du pays a formé un comité chargé d'examiner la question du manque de médicaments contre le cancer, tels que Opdivo, Tecentriq, Ibrance et Xtandi. Bien que le ministère ait constaté qu'aucun vol n'avait eu lieu, on a découvert que la quantité de médicaments nécessaires au traitement du cancer était bien inférieure aux besoins. Le ministre de la Santé, Firas Abiad, a exhorté la communauté internationale, lors de l'Assemblée mondiale de la santé à Genève, à soutenir le système de santé libanais.

La contrefaçon de médicaments est également devenue un problème majeur. Le chef du syndicat des pharmaciens, le Dr Joe Salloum, a prévenu que de nombreux patients achètent sans le savoir des médicaments illicites introduits clandestinement au Liban depuis des pays voisins.

À l'occasion de la campagne Octobre rose, sous le titre «D'abord des médicaments, pas des illuminations roses», l'association Barbara Nassar de soutien aux patients atteints de cancer a organisé une manifestation le 2 octobre en solidarité avec les patientes atteintes du cancer du sein.

Rassemblés sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, le Dr Hani Nassar, chef de l'association, ainsi que le Dr Salloum et deux députés, Ghada Ayoub et Adeeb Abdelmasih, ont pris part à la manifestation avec les patients et leurs familles.

en bref

Le cancer du sein représentait 33,7 % des cancers diagnostiqués au Liban en 2020

Le Dr Hani Nassar a déclaré: «Nous avons au moins 10 patients atteints de cancer rien qu'au Parlement; je parie qu'ils reçoivent leurs médicaments et leur traitement de l'étranger, tandis que le reste d'entre nous est à la merci du ministère de la Santé. Le processus d’enregistrement dans le pays est en perdition; le ministre ne sait même pas combien de malades du cancer il y a dans le pays. Nous demandons au ministère de fournir des médicaments à chaque malade du cancer en conséquence.»

«Nous demandons au gouvernement et au Parlement d'imposer la transparence, l'impartialité, plutôt que de voir des files d'attente de patients par centaines devant le ministère pour recevoir des médicaments essentiels et de devoir passer des appels et payer en marge pour que des personnes leur fournissent ce dont ils ont besoin.»

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Les médicaments sont également difficiles à trouver en raison de la fluctuation des cours de la monnaie et de l'inflation. (AFP)

Les députés Ayoub et Abdelmasih ont indiqué qu'ils avaient l'intention de présenter un projet de loi au Parlement pour permettre des prêts financiers urgents pour les patients atteints de cancer.

Le Dr Nassar a également mis en garde contre une pénurie de morphine dans le système médical libanais, ce qui signifie que certains patients atteints de cancer «hurlent de douleur» dans les hôpitaux. Il a ajouté que de nombreuses femmes aux trois premiers stades du cancer du sein «pourraient être sauvées», mais qu'elles n'ont souvent pas les moyens de se faire soigner.

Les médicaments sont également difficiles à trouver en raison de la fluctuation des cours de la monnaie et de l'inflation.

Une infirmière d'un hôpital public du Mont-Liban déclare sous couvert d'anonymat à Arab News: «J'appréhende d'aller travailler tous les jours. Le traitement du cancer nécessite un calendrier cohérent, et voir des patients contraints d’abandonner leur traitement par manque de moyens financiers est décourageant.»

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Un homme âgé se tient devant la porte fermée d'une pharmacie dans la ville de Sidon, au sud du Liban. (fichier AFP)

L'infirmière ajoute qu'elle reçoit toujours le même salaire que celui fixé avant la crise économique du pays. «Mon salaire se résume à quelques centimes. Je redoute de travailler dans ces conditions, mais je me présente au poste. Si je peux apporter un quelconque réconfort aux femmes atteintes d’un cancer du sein, ainsi qu'aux autres patients atteints de cancer, je pense que cela en vaut la peine.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.