Elife, un partenariat pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en Tunisie

Le projet Elife aura pour objectif la mise à niveau de jeunes diplômés sans emploi. (Fethi BELAID/AFP)
Le projet Elife aura pour objectif la mise à niveau de jeunes diplômés sans emploi. (Fethi BELAID/AFP)
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Publié le Mercredi 22 juillet 2020

Elife, un partenariat pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en Tunisie

  • Le projet Elife a pour objectif de contribuer au développement économique et social de Tunisie
  • La mise en place de ce dispositif permettra de faciliter l’accès au marché du travail pour près de 5 000 jeunes par an

Lancé officiellement le 7 juillet par Patrice Bergamini, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, M. Ouali Badreddine, président de la Fondation Tunisie pour le Développement, et Clara Guilhem, cheffe de projet Innov’i d’Expertise France, le projet Elife a pour objectif de contribuer au développement économique et social de Tunisie.

Subventionné à hauteur de 1,6 million d’euros par l’UE et Expertise France, le projet Elife vise à mettre en œuvre dix hubs de technologie, des cycles de formation et des programmes culturels dans les dix régions les plus défavorisées du territoire tunisien.

Ce dispositif repose sur un programme de certification agréé par des grandes écoles. Il aura pour objectif la mise à niveau de jeunes diplômés sans emploi. Cette certification leur permettra d’accéder au monde du travail. « Une mise à niveau qui garantit la certification d’une grande école est bénéfique pour les jeunes diplômés. C’est une valeur ajoutée pour rassurer les recruteurs sur les compétences acquises dans nos écoles, notamment en cette période de crise du marché du travail », nous confie Sonia, étudiante dans une école d’ingénieurs de la capitale tunisienne. 

Cette initiative a en effet pour mission de mettre en adéquation les compétences existantes et les besoins du marché du travail, notamment dans le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication, du génie et de l’économie numérique.

Selon les initiateurs du programme, la mise en place de ce dispositif permettra de donner une certification à près de 5 000 jeunes par an, essentiellement issus d’écoles comme l’Institut supérieur des études technologiques (ISET) de Nabeul et de filières équivalentes dans les universités. Le programme accompagnera aussi 80 jeunes porteurs de projets innovants dans les secteurs technologiques.

Intégrée au dispositif Innov’i-EU4 Innovation – un projet d’aide à l’écosystème de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Tunisie, mis en œuvre par Expertise France –, cette initiative est financée par l’Union européenne. À moyen terme, ce dispositif permettra de renforcer et de structurer l’écosystème de l’entrepreneuriat dans le secteur du digital, véritable vivier de développement des compétences humaines. Ce projet permettra ainsi d’insuffler un essor socioéconomique dans les régions enclavées et marginalisées de la Tunisie.


L'organisation de son temps au cœur de la vie au travail post-Covid

Pour l'architecte et psychologue du travail Élisabeth Pélegrin-Genel, «le vrai bien-être va être de montrer qu'on peut travailler ailleurs qu'au bureau» (Photo, AFP).
Pour l'architecte et psychologue du travail Élisabeth Pélegrin-Genel, «le vrai bien-être va être de montrer qu'on peut travailler ailleurs qu'au bureau» (Photo, AFP).
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  • La crise de la Covid-19 a vu les inégalités se creuser davantage entre salariés, de l'avis de plusieurs spécialistes
  • «Les entreprises doivent s'attendre à ce que les individus cherchent à faire valoir leurs choix personnels en termes d'organisation de leur semaine de travail», estime un chercheur

PARIS: L'organisation de son temps et de son rythme dans et hors de l'entreprise devrait être au cœur de la vie au travail après la crise de la Covid-19 qui a vu les inégalités se creuser davantage entre salariés, de l'avis de plusieurs spécialistes.

Retour au bureau, reprise de l'activité, retrouvailles avec les collègues en réunion, à la cantine ou autour d'un pot : la Semaine pour la qualité de vie au travail, qui s'ouvre lundi, tombe à point nommé au moment où s'allègent les contraintes liées à la situation épidémique.

Depuis un Accord national interprofessionnel de 2013, la qualité de vie au travail est définie « comme un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement » et cela peut englober l'ambiance, les conditions de travail, l'autonomie, l'égalité, la reconnaissance...

Pendant la crise, Pascal Ughetto, spécialiste de l'organisation du travail et professeur à l'université Gustave-Eiffel, a mené des entretiens sur le rapport des salariés à leur travail avec « un point frappant : les aspirations à des rythmes de vie plus apaisés » incluant du télétravail, moins de transports et plus de temps pour soi.

« Les entreprises doivent s'attendre à ce que les individus cherchent à faire valoir leurs choix personnels en termes d'organisation de leur semaine de travail », estime ce chercheur.

Pour l'architecte et psychologue du travail Élisabeth Pélegrin-Genel, « le vrai bien-être va être de montrer qu'on peut travailler ailleurs qu'au bureau. Cela permet d'autres modes d'existence, d'habiter un peu plus loin pour une meilleure qualité de vie ».

L'entreprise chez soi

« Il continuera d'y avoir un travail hybride : chez soi ou dans un tiers-lieu et dans l'entreprise car il est essentiel de revenir au bureau pour le lien social. Les relations avec les collègues sont le premier élément de la qualité de vie au travail », insiste Odile Duchenne, directrice générale d'Actineo, observatoire de la qualité de vie au bureau. « Les entreprises vont réallouer leur espace avec plus de lieux de réunion, de brainstorming, de moments festifs. »

L'économiste Stéphane Carcillo, chef de la division Emploi et Revenu à l'OCDE, constate que « le temps de travail a été très utilisé pendant la crise pour s'ajuster », avec un recours massif en Europe au chômage partiel et au télétravail, et cela aura des conséquences pour le management. « Quand une partie du travail se fait à la maison, on juge les résultats plus que les moyens, c'est une question de confiance. »

Or « les entreprises françaises pratiquaient assez peu le management de confiance. Cela va devenir problématique pour réguler les nouveaux équilibres », estime Pascal Ughetto, au moment où le télétravail a dilué un peu plus la frontière entre vie privée et professionnelle.

« Avant, les DRH voulaient qu'on se sente chez soi dans l'entreprise. Maintenant, l'entreprise est chez soi », remarque la sociologue du travail Danièle Linhart, directrice de recherches au CNRS. « Il est important que les travailleurs puissent eux mêmes décider quand ils peuvent télétravailler avec la possibilité de revenir en arrière. Il ne faut pas que cela soit imposé. »

Selon une enquête de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), un quart des 96 500 accords d'entreprises signés en 2020 portaient sur le télétravail. 

Pas concernés par le télétravail, surexposés, les métiers au contact et au service du public, dans le commerce, la logistique, le transport, la propreté, sont sortis de leur « invisibilité » lors de cette crise. Pour eux, Danièle Linhart espère « que cette héroïsation va permettre de négocier de meilleures conditions de travail ».

Stéphane Carcillo insiste sur « l'hétérogénéité » et les inégalités générées par la crise de la Covid-19 dans le monde du travail. « En 2020, parmi les moins qualifiés, un salarié sur cinq a télétravaillé, un sur deux chez les plus qualifiés ». L'économiste s'attend à ce que « les évolutions du monde du travail soient plus favorables... pour ceux qui avaient déjà de bons jobs bien payés ».


Paris s'engage sur 3,8 milliards d'euros de projets en Egypte

La France financera plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros (Photo, AFP)
La France financera plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros (Photo, AFP)
La France financera plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros (Photo, AFP)
La France financera plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros (Photo, AFP)
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  • Un accord intergouvernemental stipule que la France financera à des «conditions préférentielles» plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros
  • Le premier prévoit la fourniture par Alstom de 55 rames de métro pour la ligne 1 au Caire, pour un total de 800 millions d'euros financés par un prêt du Trésor

LE CAIRE: Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a signé dimanche au Caire des accords pour le financement de plusieurs projets de développement en Egypte pour un montant de 3,8 milliards d'euros.  

Un accord intergouvernemental stipule que la France financera à des « conditions préférentielles » plusieurs projets en Egypte via des entreprises françaises à hauteur de 1,8 milliard d'euros.  

Le premier prévoit la fourniture par Alstom de 55 rames de métro pour la ligne 1 au Caire, pour un total de 800 millions d'euros financés par un prêt du Trésor. La ligne empruntée par 1,5 million de voyageurs chaque jour possède des rames datant des années 1980.  

Le contrat commercial avec le constructeur ferroviaire français sera signé « dans les six mois », selon le ministre.  

Neuf autres projets sont inclus dans l'accord intergouvernemental, signé aux côtés des ministres égyptiens des Finances Mohamed Maait et de la Coopération internationale Rania el-Machat. Ils seront financés par l'Agence française de développement (AFD) à hauteur d'un milliard d'euros entre 2021 et 2025.  

« Cette coopération stratégique touche des secteurs de plus en plus variés qui vont de l'énergie renouvelable à l'assainissement de l'eau, en passant pas les transports publics jusqu'au financement de l'université ou de la sécurité sociale », a déclaré M. Le Maire après la signature. 

Par ailleurs, une feuille de route a été signée pour parvenir à un accord, notamment sur la mise en oeuvre du projet de construction de la nouvelle ligne 6 du métro cairote. Selon le ministre, la France est prête à proposer des crédits bancaires garantis par l'Etat pour un montant de deux milliards d'euros.  

« Avec ces quatre milliards d'euros de financements, l'Egypte devient un partenaire économique stratégique de la France (...) Elle est désormais le premier pays en termes d'exposition financière du Trésor », a ajouté M. Le Maire.  

Souvent paralysée par les embouteillages, la plus grande mégalopole d'Afrique, peuplée de plus de 20 millions d'habitants, souffre d'un manque criant de transports en commun sûrs et efficaces.  

Le réseau ferré du métro du Caire est doté de trois lignes, qui font actuellement l'objet de travaux d'extension tandis que trois autres sont en projet.  

Depuis la construction de la première ligne dans les années 1980, à laquelle ont participé des entreprises françaises, Alstom en tête, le métro constitue l'un des fleurons de la coopération bilatérale franco-égyptienne.  

Début mai, Le Caire avait annoncé l'acquisition de trente avions de combat Rafale, de missiles et autres équipements auprès de la France pour un montant de près de 4 milliards d'euros, en s'endettant sur une dizaine d'années à l'aide d'un mécanisme de prêts en grande partie garantis par la France.  


La Jordanie va se doter d'ici 2026 d'une usine de dessalement d'eau

Le ministère de l'Environnement du pays affirme qu'il fait partie des quatre pays les plus pauvres en eau au monde et craint qu'une planète chauffante ne rende la situation plus grave. (Photo, AFP)
Le ministère de l'Environnement du pays affirme qu'il fait partie des quatre pays les plus pauvres en eau au monde et craint qu'une planète chauffante ne rende la situation plus grave. (Photo, AFP)
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  • Ce projet, dont le coût est estimé à «environ un milliard de dollars» comprendra aussi un réseau de canalisations permettant d'acheminer l'eau potable à travers le royaume
  • L'achèvement de l'usine, qui produira entre 250 et 300 millions de m3 d'eau potable par an est attendu entre 2025 et 2026

AMMAN: La Jordanie va construire dans le Golfe d'Aqaba, sur la Mer rouge, une usine de dessalement d'eau qui entrera en activité d'ici cinq ans pour faire face à une sécheresse récurrente, a indiqué dimanche à l'AFP le ministère de l'Eau et de l'Irrigation.

Ce projet, dont le coût est estimé à "environ un milliard de dollars" (près de 826 millions d'euros), comprendra aussi un réseau de canalisations permettant d'acheminer l'eau potable à travers le royaume, a précisé le porte-parole du ministère Omar Salameh.

"D'ici la fin du mois ou au début du mois prochain, le gouvernement sélectionnera cinq cartels internationaux sur les 13 en compétition qui devront soumettre leurs offres techniques et financières définitives pour mettre en oeuvre ce projet", a-t-il dit.

L'achèvement de l'usine, "qui produira entre 250 et 300 millions de m3 d'eau potable par an" est attendu "entre 2025 et 2026". Elle "devrait couvrir les besoins en eau potable pour les deux prochaines décennies", a ajouté M. Salameh.

Et les sociétés choisies détermineront l'énergie nécessaire pour faire fonctionner l'usine, a affirmé le porte-parole.

Toutefois, "les techniques de dessalement d'eau nécessitent énormément d'énergie" et celle-ci "représentera entre 60 à 70% du coût de l'eau dessalée", souligne une source au ministère.

Contrairement à d'autres pays de la région, la Jordanie est dépourvue d'hydrocarbures et doit massivement importer pour répondre à ses besoins énergétiques. 

Le ministre de l'Irrigation, Mohammad al-Najjar, a annoncé mardi à la télévision l'abandon du vieux projet -au point mort- visant à relier par un canal la mer Rouge à la mer Morte afin d'éviter le dessèchement cette dernière d'ici 2050. 

La Jordanie est un des pays les plus pauvres au monde en eau. Cette année, la saison des pluies, qui s'étend d'octobre à fin avril, a été très faible. Les précipitations se sont élevées à 4,5 milliards de m3, selon M. Salameh, soit 60% seulement du volume qui arrose d'habitude le pays.

D'après les experts, la Jordanie connait une des plus graves sécheresses de son histoire et le pire est à venir. Les précipitations pourraient chuter de quasiment un tiers d'ici 2100, tandis que la température moyenne augmenterait de quelque 4,5 degrés.