Après la lune de miel, la relation Paris-Rome pourrait se compliquer

Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 19 octobre 2022

Après la lune de miel, la relation Paris-Rome pourrait se compliquer

  • Le président français est attendu dimanche et lundi à Rome et au Vatican pour un forum international sur la paix et une audience avec le pape
  • Cette visite pourrait coïncider avec la probable nomination de Mme Meloni comme présidente du Conseil, après la victoire de la coalition conservatrice menée par son parti Fratelli d'Italia aux législatives

PARIS: Après plus d'une année d'entente radieuse entre Paris et Rome, une période plus turbulente risque de s'ouvrir entre la France d'Emmanuel Macron et l'Italie de Giorgia Meloni, la dirigeante post-fasciste qui devrait selon toute probabilité prendre les rênes du gouvernement dans les jours à venir.

Le président français est attendu dimanche et lundi à Rome et au Vatican pour un forum international sur la paix et une audience avec le pape. Cette visite pourrait coïncider avec la probable nomination de Mme Meloni comme présidente du Conseil, après la victoire de la coalition conservatrice menée par son parti Fratelli d'Italia aux législatives du 25 septembre.

Pour l'heure, seul un déjeuner "privé" entre le président de la République italienne Sergio Mattarella et M. Macron est prévu.

Traditionnellement empreintes de rivalité et marquées par des poussées de fièvre sur des sujets comme la Libye, les questions migratoires ou les anciens activistes d'extrême gauche réclamés par l'Italie à la France, les relations entre Paris et Rome ont été qualifiées de "lune de miel" sous la période de l'ex-président du Conseil Mario Draghi, de sa prise de fonction en février 2021 à sa démission l'été dernier.

Outre la proximité personnelle entre MM. Macron et Draghi, l'entente franco-italienne s'est matérialisée avec la signature en novembre 2021 du Traité du Quirinal, un accord très rare entre deux pays de l'UE, établissant une coopération bilatérale renforcée.

Avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par l'extrême droite et la droite, les choses risquent de prendre une autre tournure.

"L'axe franco-italien va s'affaiblir, et Rome ne cherchera sans doute pas à coopérer avec la France pour le bien de l'UE", s'inquiète un ministre européen.

Sur la forme d'abord, les personnalités abrasives de Mme Meloni et M. Macron favorisent les accrochages.

Lors de la victoire de Mme Meloni en septembre, des vidéos d'une réunion en 2018 à Rome ont refait surface. On la voit s'en prendre avec virulence à la France "irresponsable" en Libye, "dégoûtante" en Afrique, et lancer, à propos de l'immigration: "Ne viens pas nous faire la leçon, Macron!".

Elle répondait au chef de l'Etat français qui avait critiqué quelques mois auparavant la politique migratoire de l'Italie.

Mais, en arrivant au pouvoir, Mme Meloni "va avoir une image internationale à construire", souligne pour l'AFP Federico Niglia, professeur de relations internationales à l'Université Luiss de Rome.

"Je pense qu'elle va retenir ses troupes, qu'elle ne voudra pas aller à la confrontation", prévoit pour sa part Gilles Gressani, de la revue Le Grand Continent, en évoquant un "pragmatisme" nécessaire au moment où l'Italie est plongée dans la crise et va entrer en récession.

La France travaillera "avec bonne volonté" avec le futur Premier ministre italien quel qu'il soit, a par ailleurs promis M. Macron.

 

- Dossiers explosifs -

 

Pour autant, des questions de fond opposent les deux pays. Très conservatrice, la coalition dirigée par Mme Meloni défend "les valeurs familiales et traditionnelles", et inquiète les militants du droit à l'avortement et des droits des LGBT.

La France sera "attentive" au "respect" de ces droits, avait déclaré la Première ministre Elisabeth Borne après la victoire de Mme Meloni. Et dans un entretien au quotidien Repubblica en octobre, la ministre chargée des Affaires européennes Laurence Boone a promis que la France serait "vigilante", suscitant l'ire de Mme Meloni, qui a dénoncé "une menace inacceptable d'ingérence".

Droits sociétaux, Libye, migration, économie... "tous ces thèmes peuvent être explosifs", estime Federico Niglia.

En Libye, l'ancienne puissance coloniale italienne et la France s'affrontent à bas bruit depuis l'intervention occidentale ayant conduit à la chute du colonel Khadafi en 2011 et plongé le pays dans le chaos. Rome voit d'un mauvais oeil l'activisme français dans son ancien pré-carré.

Sur la crise migratoire, l'Italie en première ligne s'est sentie complètement abandonnée par l'Europe, et Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue, membre de la coalition de Mme Meloni, a construit son parti sur une politique antimigrants.

Enfin, "il y a cette idée que les entreprises françaises font leur marché en Italie alors que la France protégerait son économie", ajoute le spécialiste de l'Italie Marc Lazar, rappelant qu'il existe aussi "un sentiment antifrançais réel en Italie".

Fratelli d'Italia avait voté contre la ratification du Traité du Quirinal, estimant qu'il était un outil de subordination de l'Italie à la France.

Mais le scenario d'une crise ouverte avec Rome semble improbable pour les analystes. "Draghi n'est plus là, mais Mattarella si, et il est garant de la continuité du Traité du Quirinal", souligne Gilles Gressani.

"Au-delà des tensions, des polémiques, il y a des intérêts communs sur des questions fondamentales pour les deux pays", financières et énergétiques, analyse Marc Lazar. "La raison d'Etat devrait l'emporter".


Canicule : énième journée écrasée par la chaleur avant une amélioration progressive

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
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  • Canicule : 75 départements restent en vigilance orange, avant une baisse des températures ce week-end

PARIS: La fraîcheur au bout du tunnel ? Une grande partie du pays fait face vendredi à une énième journée de canicule, qui met sous tension les corps et les esprits, asséchant aussi des territoires soumis au risque d'incendies, avant une baisse des températures prévues ce week-end.

A 6H00, le Finistère, les Côtes-d'Armor, la Manche et le Calvados sont repassés en vert, tandis que l'Ille-et-Vilaine a été rétrogradé en jaune par Météo-France, mais 75 départements restent en vigilance orange canicule.

"Vendredi, ces températures caniculaires se décaleront progressivement un peu plus vers l'est", a souligné le service de météorologie, permettant "d'amorcer une évolution vers une baisse progressive des températures sur le Nord-Ouest".

Débutée le 28 juillet, cette vague de chaleur a dépassé en durée celle de 2003, avec 17 jours de fortes chaleurs, a annoncé jeudi Météo-France.

Jeudi après-midi, Lauren, 31 ans, a "très chaud" devant un kiosque à journaux du centre de Paris d'où elle sort munie d'un petit trésor vert : un ventilateur portable qui vaporise de l'eau.

Il fait 37°C.

"C'est notre premier jour ici, nous n'avions pas réalisé à quel point il ferait chaud", reconnaît cette touriste venue de Manchester, en Angleterre.

Pascal Knittel a "la chance" de travailler "dans un cabinet climatisé". "Comme tout le monde", ce sexagénaire en a marre des canicules, "mais on s'adapte".

"C'est le réchauffement climatique, il faut en prendre conscience et il faut surtout prendre les mesures adaptées. Je pense qu'enfin les gens vont se réveiller", espère cet habitant d'Epinal (Vosges), qui vient régulièrement dans la capitale.

Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues. Ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

- Incendie dans les Landes -

Avec un été 2026 brûlant et une sécheresse marquée qui favorise les incendies, les sapeurs-pompiers luttent depuis le début de la saison estivale contre les flammes sur une grande partie du territoire. Elles ont parcouru au moins 120.000 hectares, selon les estimations provisoires des autorités.

"Très déçus" par les promesses du ministre de l'Intérieur auquel ils sont venus réclamer jeudi plus de moyens, les sapeurs-pompiers professionnels ont appelé à la mobilisation nationale en septembre.

Laurent Nuñez a promis de leur présenter le 8 septembre un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile très attendu.

Sur le terrain, les soldats du feu ne peuvent pas baisser la garde.

Dans les Landes, un feu a parcouru 600 hectares dans une parcelle de forêt de pins et provoqué 500 évacuations.

Vers minuit, les flammes étaient à quelques centaines de mètres de Luglon, petit bourg situé à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Biscarrosse, théâtre d'un incendie qui a ravagé 3.700 hectares fin juillet, et à une centaine de kilomètres au sud du mégafeu qui a parcouru plus de 40.000 hectares au même moment dans la Gironde voisine.

A Guérande, près du littoral très touristique de la Loire-Atlantique, un feu de végétation, "fixé", a provoqué jeudi l'évacuation d'environ 2.000 campeurs, selon la préfecture.

Sur la côte du Pas-de-Calais, les incendies qui sévissent depuis mercredi dans une zone naturelle touristique sont "contenus" mais toujours "non fixés", trois pompiers ayant été légèrement blessés, d'après les services de l'Etat.

Quatre départements sont vendredi au niveau "très élevé", le plus haut, de "danger feux" - Mayenne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire et Indre - et 57 autres au niveau "élevé", selon la Météo des forêts.

Une grande partie du pays fait l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, 72 départements étant en situation de "crise" au regard de la sécheresse, selon le site gouvernemental VigiEau.

A ce stade, cette vague de chaleur est la troisième la plus longue jamais enregistrée dans le pays, derrière juillet 2006 (21 jours) et juillet 1983 (23 jours).

Elle est aussi la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.