Carburants: la grève continue en demi-teinte chez TotalEnergies, lent retour à la normale

Une station-service fermée à Paris le 17 octobre 2022. (AFP)
Une station-service fermée à Paris le 17 octobre 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 20 octobre 2022

Carburants: la grève continue en demi-teinte chez TotalEnergies, lent retour à la normale

  • Le mouvement a été reconduit tôt jeudi matin puis à nouveau à la mi-journée à la raffinerie de Gonfreville (Seine-Maritime), qui assure habituellement 12% de la capacité de raffinage de France, et au dépôt de carburants de Feyzin (Rhône)
  • A Gonfreville en Normandie, «la grève est reconduite jusqu'au 27 octobre», jour où TotalEnergies doit annoncer ses résultats du troisième trimestre, «à moins que la direction ne nous contacte avant», a annoncé Ludovic Desplanches, élu CGT

PARIS : Deux derniers sites pétroliers de TotalEnergies restaient en grève jeudi après de nouveaux votes de grévistes, le mouvement s'essoufflant, mais le retour à la normale dans les stations-service de France est lent, avant les vacances scolaires d'automne qui commencent vendredi soir.

Le mouvement a été reconduit tôt jeudi matin puis à nouveau à la mi-journée à la raffinerie de Gonfreville (Seine-Maritime), qui assure habituellement 12% de la capacité de raffinage de France, et au dépôt de carburants de Feyzin (Rhône).

A Gonfreville en Normandie, "la grève est reconduite jusqu'au 27 octobre", jour où TotalEnergies doit annoncer ses résultats du troisième trimestre, "à moins que la direction ne nous contacte avant", a annoncé Ludovic Desplanches, élu CGT, à l'issue d'une assemblée générale. Les grévistes demandent de négocier avec la direction locale.

Après trois semaines de blocages, les grévistes de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), du dépôt "Flandres" à Mardyck, près de Dunkerque (Nord), et de la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) ont décidé mercredi de reprendre le travail.

La mobilisation lancée par la CGT le 27 septembre a provoqué d'importantes difficultés d'approvisionnement en carburant, exaspérant particuliers et professionnels à la peine pour remplir leurs réservoirs.

Philippe Noyau, président de la Chambre d’agriculture du Centre-Val de Loire, s'inquiète ainsi pour la période des semis d'hiver. "La moitié des agriculteurs sont en tension sur le GNR", le gazole non routier utilisé dans les tracteurs.

"Il faut que l’Etat priorise la souveraineté alimentaire et donc les livraisons de GNR pour les agriculteurs", plaide-t-il.

Après un pic de pénuries la semaine dernière, les ruptures d'essence et de gazole se réduisaient cette semaine, tout en restant inédites dans l'histoire récente.

Les réquisitions par les forces de l'ordre de salariés grévistes, obligés sous peine de sanctions pénales de venir ouvrir des vannes, ont permis de libérer des stocks de carburants, qui doivent désormais atteindre chacune des quelque 10.000 stations du territoire.

L'autorisation de transporter du carburant le week-end a été prolongée jusqu'à dimanche pour accélérer le retour à la normale des approvisionnements, a indiqué le ministère des Transports.

La pression a augmenté à l'égard du gouvernement alors que les écoles ferment leurs portes vendredi soir pour deux semaines de vacances.

"La situation continue à s'améliorer nettement", avait souligné mercredi la Première ministre Elisabeth Borne. "Je sais que la situation est encore difficile pour beaucoup de nos compatriotes, mais la dynamique est là et je veux une nouvelle fois appeler les salariés grévistes à reprendre le travail".

Jeudi, 16,9% des stations connaissaient des difficultés d'approvisionnement sur au moins un carburant (contre 20,3% mercredi), avec des situations encore tendues en Bourgogne-Franche-Comté (29,0%). Un quart des stations étaient en difficulté en Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes.

Le groupe Vinci Autoroutes a voulu rassurer les vacanciers à venir en annonçant mercredi qu'au moins 90% des stations-service de son réseau étaient en mesure de fournir du carburant.

"La continuité de service est assurée à 82% concernant l'essence sans plomb, et à 88% s’agissant du gasoil, sur les 97 aires de services des autoroutes APRR et AREA", précisent de leur côté les filiales du groupe Eiffage.

«Améliorations sensibles»

Pressé d'accélérer les livraisons dans les stations, le gouvernement a une nouvelle fois réquisitionné des salariés pour travailler jeudi sur le site de Feyzin, 20 personnes selon la CGT, qui sont responsables de l'expédition le carburant, ce qui doit aider toute la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La CGT dit avoir proposé mercredi, sans succès, un "protocole de sortie de fin de conflit" à la direction du groupe, prévoyant notamment "des négociations locales sur les problématiques spécifiques remontées par les grévistes".

Mais TotalEnergies a fait valoir qu'il n'y avait pas lieu de rouvrir des négociations, un accord ayant été conclu vendredi avec les deux syndicats majoritaires du groupe, la CFE-CGC et la CFDT. Un texte que la CGT n'a pas signé.

L'accord prévoit une hausse générale de 5% des salaires, assortie de hausses individuelles et d'une prime exceptionnelle comprise entre 3.000 et 6.000 euros. La CGT réclamait une augmentation des salaires de 10%.

Un mouvement avait aussi eu lieu au sein d'Esso-ExxonMobil, avant d'être levé la semaine passée après la conclusion d'un accord salarial.


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.