Les formes d’art fusionnent à Médine pour mettre en lumière le talent saoudien

L’exposition d’art Talaqi présente les œuvres de seize artistes saoudiens, dont huit exposent pour la première fois devant un public. (Photo fournie)
L’exposition d’art Talaqi présente les œuvres de seize artistes saoudiens, dont huit exposent pour la première fois devant un public. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 20 octobre 2022

Les formes d’art fusionnent à Médine pour mettre en lumière le talent saoudien

  • L’exposition d’art Talaqi se donne pour objectif de combler le fossé entre les mouvements artistiques tout en mettant en valeur les talents saoudiens locaux
  • Pour éviter que les œuvres d’art ne perdent leur sens, l’exposition d’art Talaqi s’est associée à Thalothya, qui accueille des discussions autour de s nouvelles tendances dans le discours de l’art moderne et contemporain

RIYAD: Le réalisme, le cubisme et l’abstraction font partie des nombreuses étiquettes attribuées aux peintres pour décrire leur forme d’expression artistique. 

Mais à Médine, l’exposition d’art Talaqi se donne pour objectif de combler le fossé entre les mouvements artistiques tout en mettant en valeur les talents saoudiens locaux. 

La deuxième édition de l’événement, récemment inaugurée au Madinah Art Center, présente les œuvres de seize artistes saoudiens, dont huit exposent pour la première fois devant un public. 

Chaque édition de l’exposition présente un nouveau concept avec une série inédite d’artistes. 

 

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Les artistes Mubarak Khaled et Amal Shahan présentent leur travail pour la première fois devant un public lors de la deuxième édition de Talaqi. (Photo fournie) 

La cofondatrice de Talaqi et du projet artistique Thalothya, Manar Ghazzawi, déclare à Arab News: «Nous sommes ravis d’annoncer, à la suite du succès des deux premières éditions, qu’à partir de la troisième, chaque exposition présentera un concept unique exprimé de manière particulière par chaque artiste participant.» 

Manar Ghazzawi faisait partie des artistes qui ont exposé leur travail lors de cette deuxième édition de Talaqi. Elle décrit son œuvre comme le récit d’un état d’isolement à long terme ancré en elle, dans le passé et le présent, sous la forme de deux personnes distinctes – se réconfortant l’une l’autre. 

Elle explique: «C’est une incarnation de mon être, du fait que j’appartiens à ce genre de personnes qui ont tendance à s'isoler. Par ailleurs, tous les détails de la peinture ont des connotations psychologiques.» 

Pour éviter que les œuvres d’art ne perdent leur sens, l’exposition d’art Talaqi s’est associée à Thalothya, qui accueille des discussions autour des nouvelles tendances dans le discours de l’art moderne et contemporain. 

 

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La cofondatrice Manar Ghazzawi a présenté son travail lors de la deuxième édition de Talaqi. (Photo fournie) 

Le cofondateur Meshal al-Hujaili déclare: «Thalothya est une communauté artistique basée à Médine qui promeut une culture du dialogue interprétatif transcendant nos propres notions et limites préconçues.» 

M. Al-Hujaili affirme que Thalothya est le résultat d’un voyage de sept ans auquel Manar Ghazzawi et lui ont pris part. 

«Nous avons participé à des expositions. Nous sommes allés rencontrer des artistes expérimentés et nous les avons accueillis pour leur demander leur avis et une critique constructive sur ce que nous produisions», ajoute M. Ghazzawi. 

«Tout au long de notre phase d’expérimentation, nous avons appris à distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais afin de renforcer l’engagement des artistes de la communauté au sein de la ville elle-même», poursuit M. Al-Hujaili. 

 

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Les artistes Mubarak Khaled et Amal Shahan présentent leur travail pour la première fois devant un public lors de la deuxième édition de Talaqi. (Photo fournie) 

Les cofondateurs ont constaté l’absence de communautés artistiques locales axées sur le dialogue à Médine. 

M. Al-Hujaili soutient: «La plupart des communautés artistiques que nous avons identifiées consistent en des artistes qui peignent ou créent des œuvres d’art dans un même lieu, mais chacun focalisé sur son travail.» 

«Nous avons donc créé Thalothya pour normaliser les rencontres intellectuelles propices au dialogue dans le Royaume et les inclure dans la culture artistique saoudienne.» 

«J’aimerais voir Thalothya dans tout le Royaume comme un modèle de communauté au sein de chaque ville.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.