Ukraine: les Russes vont-ils batailler pour Kherson ou se replier?

Une vue prise le 19 octobre 2022 montre un panneau routier indiquant «Kherson» dans la ville d'Armyansk, au nord de la péninsule de Crimée annexée à Moscou, bordant la région de Kherson sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine. (AFP)
Une vue prise le 19 octobre 2022 montre un panneau routier indiquant «Kherson» dans la ville d'Armyansk, au nord de la péninsule de Crimée annexée à Moscou, bordant la région de Kherson sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Vendredi 21 octobre 2022

Ukraine: les Russes vont-ils batailler pour Kherson ou se replier?

  • «Kherson est la seule capitale d'oblast (région) conquise» et la plus belle prise russe depuis le début de l'invasion du 24 février, rappelle le capitaine de vaisseau en retraite
  • Sur le papier, la ville a tout pour être un de ces lieux tragiques et décisifs où parfois se scellent les conflits, dans les décombres des cités transformées en tombeaux

PARIS: Des troupes russes massées dans la tête de pont de Kherson sur la rive occidentale du Dniepr, des Ukrainiens à la manoeuvre enhardis par leurs succès, des civils évacués... Kherson sera-t-elle le théâtre d'une grande bataille, ou les Russes tenteront-ils de repasser le fleuve pour éviter d'être encerclés?

"C'est un point stratégique, de par sa position sur le Dniepr. Il a aussi une importance symbolique", explique Olga Chiriac, chercheuse sur l'Europe de l'Est et l'espace post soviétique au Middle East Institute.

"Kherson est la seule capitale d'oblast (région) conquise" et la plus belle prise russe depuis le début de l'invasion du 24 février, rappelle le capitaine de vaisseau en retraite Valentin Mateiu, ancien membre du renseignement militaire roumain.

Sur le papier, la ville a tout pour être un de ces lieux tragiques et décisifs où parfois se scellent les conflits, dans les décombres des cités transformées en tombeaux.

Les autorités pro-russes ont accusé vendredi les forces de Kiev d'avoir tué quatre personnes en bombardant le pont Antonovski reliant les rives Nord et Sud du fleuve Dniepr, utilisé pour des évacuations.

Stalingrad 

De son côté, Volodymyr Zelensky a accusé jeudi soir les Russes d'avoir miné un barrage d'une centrale hydroélectrique dans la région, risquant de provoquer "une catastrophe à grande échelle".

De nos jours, "la guerre se décide en ville", rappelait récemment le général en retraite français Michel Yakovleff. "Tous les noms de bataille sont des noms de ville. Stalingrad, ce n'est pas un champ de patates", évoquant le plus célèbre de tous les combats urbains modernes en 1942-1943 entre l'armée soviétique et les forces de l'Axe.

A Kherson et dans sa région, les soldats russes sont nombreux et aguerris, a priori dans une position favorable pour tenir la position, se retrancher dans la ville et infliger de terribles pertes si jamais les Ukrainiens décidaient de lancer l'assaut, une opération toujours coûteuse en vies humaines et destructrice.

Seulement ils sont sur la rive occidentale du Dniepr sur une bande de près de 140 kilomètres de largeur, avec le fleuve dans le dos et leurs positions de repli au-delà des flots, dont le franchissement se ferait sous le feu de l'artillerie de précision des Ukrainiens. Ils sont aussi exposés au risque de se faire encercler.

«Désavantage stratégique»

"Des troupes de bonne qualité, mais dans un cul de sac. Il y a la possibilité de faire de Kherson un nouveau Stalingrad", estime M. Mateiu, pour lequel les Russes souffrent d'un "désavantage stratégique" après avoir laissé s'exprimer le talent manoeuvrier des Ukrainiens qui ont par exemple bâti une tête de pont au delà de la rivière Inhulets, un affluent du Dniepr, menaçant de couper le front russe.

Avant la contre-offensive de fin août, "les Ukrainiens ont systématiquement préparé le champ de bataille", détruisant les ponts, les noeuds logistiques, les centres de commandement, "et les Russes n'ont pas eu de réaction adéquate", selon lui.

"Je pense que les Russes essaieront de faire de Kherson un centre de résistance tout en évitant d'être encerclés", anticipe-t-il, tout comme Mme Chiriac.

Pour l'Ukrainien Mykhailo Samus, directeur du New Geopolitics Research Network, "la tête de pont de Kherson, sur la rive droite du Dniepr, n'a plus de sens. Ces forces étaient positionnées pour attaquer Mikolaïev et Odessa (vers l'ouest, ndlr). Elles auraient dû être évacuées depuis longtemps" et redéployées à l'est du Dniepr.

Options ukrainiennes 

Mais que vont faire les Ukrainiens?

Ils "ne vont pas mener de bataille pour Kherson, ils ne détruisent pas les villes comme les Russes à Marioupol", assure M. Samus.

Ils vont "maintenir les troupes russes fixées et, à un moment, ils pourront former une poche", pronostique le général américain en retraite Ben Hodges.

S'ils avancent davantage, "ils vont s'engager dans la banlieue de Kherson, et cela devient dangereux. Le combat urbain fait toujours beaucoup de morts pour l'attaquant – beaucoup de soldats ukrainiens sont déjà tombés – et au niveau des dégâts ceci risquerait de causer un nouveau Marioupol. La ville a beaucoup plus de valeur, pour les deux camps, si elle reste intacte", estime le chercheur français Pierre Grasser, du Sirice.

"C'est un dilemme pour Valery Zaloujny", le commandant des troupes ukrainiennes, résume M. Mateieu. Il "est sous pression politique, le président veut avoir cette victoire stratégique. Kherson ouvre le champ de bataille du Sud", vers la Crimée annexée en 2014 par Moscou.

Comme le général Yakovleff le rappelait lors d'un colloque, en l'état actuel des doctrines, prendre une ville défendue expose à une "abomination morale": "l'assiéger pendant le temps que cela mettra, ou la pulvériser, au sens de +la réduire à l'état de poudre+".


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.