À l'approche du sommet COP27, l'Égypte s'attaque aux déchets plastiques à usage unique

Des volontaires au Caire ramassent du plastique sur le Nil dans le cadre d'une campagne de nettoyage (Photo, AFP).
Des volontaires au Caire ramassent du plastique sur le Nil dans le cadre d'une campagne de nettoyage (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 octobre 2022

À l'approche du sommet COP27, l'Égypte s'attaque aux déchets plastiques à usage unique

  • Des millions de tonnes de déchets plastiques sont jetés chaque année dans le Nil, détruisant les communautés de pêcheurs
  • La station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh accueillera la 27e conférence des Nations unies sur le changement climatique en novembre

LE CAIRE: Pendant des millénaires, le Nil a nourri les grandes civilisations égyptiennes en leur fournissant une eau douce abondante, de riches dépôts de limon, des poissons en abondance et des moyens de navigation et de commerce. Cependant, de nos jours, le fleuve transporte une autre abondance bien moins attrayante – les déchets plastiques.

Selon l'Organisation égyptienne pour les droits de l'homme, environ 4,5 millions de tonnes de déchets se déversent chaque année dans le Nil.

Le centre Helmholtz pour la recherche environnementale a également constaté que le Nil est l'un des dix fleuves qui contribuent à 90% des déchets plastiques entrant dans les océans du monde. Une autre étude réalisée par Sky News en 2021 a révélé que 75% des poissons du Nil contiennent des microplastiques.

Pour souligner à la fois les dommages environnementaux et la laideur de ce tas d'ordures flottant, des écologistes et des bénévoles ont récemment uni leurs efforts afin de construire une pyramide géante – sur le modèle de celles du plateau de Gizeh tout proche – entièrement constituée de plastique jeté. 

Construite pour coïncider avec la Journée mondiale du nettoyage, le 17 septembre, la pyramide est fabriquée à partir de plus de 7 500 kilogrammes de plastique provenant d’environ 250 000 bouteilles recyclées recueillies sur le Nil par une équipe de 60 pêcheurs pendant 45 jours.

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Une pyramide de déchets met en évidence l'ampleur du problème. (Photo, fournie).

La Journée mondiale du nettoyage est une action mondiale qui rassemble des millions de bénévoles dans le but de retirer les ordures et autres déchets mal gérés des plages, des rivières, des forêts et des rues du monde entier.

Conçue et construite par l'éco-initiative VeryNile établie depuis cinq ans, la pyramide se compose de 170 blocs, pesant chacun environ 45 kilogrammes. 

En assemblant ces blocs sous la forme et à l'échelle d'une pyramide, les organisateurs espéraient démontrer l’ampleur du problème des déchets plastiques, encourager le recyclage et la gestion responsable des déchets et promouvoir une réduction des matériaux à usage unique.

De plus, en imitant les monuments les plus connus d'Égypte, les organisateurs espéraient également montrer que les déchets plastiques sont une plaie pour la beauté et le patrimoine du pays.

Pour marquer la Journée mondiale du nettoyage, les organisateurs ont organisé un événement intitulé «Jouer à travers la plus grande pyramide de plastique du monde». Des bénévoles, des influenceurs et des célébrités ont participé au nettoyage à l’aide de kayaks, créé des œuvres d'art et tenu des ateliers de recyclage en utilisant des sacs en plastique à usage unique jetés.

La pyramide sera finalement démontée et envoyée à une usine locale qui utilise le plastique pour fabriquer des cordes et des housses pour les sièges de voiture.

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La Journée mondiale du nettoyage est une action mondiale qui rassemble des millions de bénévoles pour retirer les ordures et autres déchets mal gérés des plages, des rivières, des forêts et des rues du monde entier (Photo, Fournie).

«Notre objectif est d'atteindre et de nettoyer chaque centimètre du Nil en Égypte en débarrassant les déchets plastiques car ils nuisent réellement à la vie marine et les pêcheurs ont parfois du mal à trouver du poisson», a déclaré à Arab News Hanaa Farouk, chef de projet chez Bassita, l'entreprise sociale égyptienne à l'origine de VeryNile.

«Notre succès au cours des dernières années n'aurait pas été le même sans la collaboration de notre formidable équipe de pêcheurs locaux et de femmes talentueuses.»

Aujourd'hui encore, les pêcheurs dépendent du fleuve pour leur subsistance. Cependant, les déchets plastiques tuent les réserves de poissons autrefois abondants du Nil. C'est pour cette raison que VeryNile œuvre à la restauration de l'industrie de la pêche en désignant 40 pêcheurs locaux comme ambassadeurs du Nil sur l'île de Qursaya, au Caire.

L'île de Qursaya, au cœur du Nil, abrite aujourd'hui plusieurs ateliers de recyclage et un espace de travail permettant aux femmes locales de fabriquer des accessoires au crochet comme des chapeaux, des sacs, des étuis pour ordinateurs portables et d'autres produits à partir de sacs en plastique à usage unique recyclés.

VeryNile offre à ces communautés une aide financière, en payant aux pêcheurs 10 livres égyptiennes (1 livre égyptienne = 0,052 euro) pour chaque bouteille en plastique qu'ils collectent. L'initiative engage également des pêcheurs pour trier et compacter ces bouteilles avant qu'elles ne soient envoyées à des usines pour être recyclées et réutilisées.

VeryNile mène une campagne de sensibilisation à l'environnement par le biais de ses événements de nettoyage qui se déroulent à différents endroits le long des berges du fleuve, à l'intérieur et à l'extérieur du Caire, et rassemblent des volontaires de diverses entreprises, banques et autres entités.

EN CHIFFRE

7 500 kilogrammes de plastique provenant de 250 000 bouteilles recyclées recueillies sur le Nil.

Ces événements se tiennent à l’aide de kayaks ou d’un bateau de nettoyage qui est le premier en Afrique et qui peut collecter 500 kilogrammes de déchets solides par semaine.

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord est confrontée à une pléthore de défis dans la lutte contre l'accumulation de déchets plastiques. Selon la Banque mondiale, plus de 570 000 tonnes de plastique sont jetées chaque année dans la mer Méditerranée, ce qui entraîne des conséquences désastreuses sur les industries qui dépendent de la mer, notamment la pêche et le tourisme.

En outre, la consommation de masse dans les pays du Golfe a entraîné la mise au rebut de grandes quantités de plastique à usage unique. Cinq pays du Conseil de coopération du Golfe (l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït) se classent parmi les dix premiers producteurs de déchets solides par habitant. L'Arabie saoudite produit 15 millions de tonnes de déchets par an, dont seulement 5% sont recyclés.

L'Égypte n'est pas le seul pays à s'attaquer au problème des déchets plastiques. Le Liban, le Maroc, la Jordanie, Oman, Bahreïn, les Émirats arabes unis et la Tunisie ont tous mis en œuvre des lois locales et nationales limitant l'importation et l'utilisation de sacs en plastique à usage unique. Sharjah, Dubaï et Abu Dhabi ont tous instauré des taxes sur les sacs en plastique et se sont engagés à les interdire d'ici 2024.

Le Koweït, l'Égypte, le Qatar et l'Arabie saoudite ont élaboré des lois ou formulé des recommandations politiques visant à interdire les sacs en plastique à usage unique ou à les remplacer par des sacs biodégradables.

Conformément à la stratégie de réforme de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, le Royaume prévoit d'investir environ 6 milliards d’euros dans le recyclage d'ici 2035. Des groupes de la société civile saoudienne encouragent également les gens à recycler – le groupe Mawakeb Alajer a mis en place des installations de recyclage où les gens peuvent tout déposer, du papier usagé aux meubles et vêtements non désirés. 

La Saudi Investment Recycling Company, fondée en 2017 pour développer les capacités de recyclage dans le Royaume, prévoit de répondre aux objectifs de la Vision 2030 en permettant la création d'une économie circulaire – en d’autres termes, une économie dans laquelle les matières premières et les produits finis sont réutilisés, réparés et recyclés le plus longtemps possible.

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Une photo prise le 29 septembre 2022 montre du plastique et des déchets flottant sur la rive du Nil au Caire (Photo, AFP).

En mars de l'année dernière, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a annoncé l'Initiative saoudienne verte et l'Initiative du Moyen-Orient vert. Bien qu'elles soient principalement axées sur la réduction des émissions de carbone, la préservation et la restauration des habitats naturels sont des objectifs hautement prioritaires.

Le prince héritier a ensuite annoncé la création d'un organisme gouvernemental chargé de surveiller la violation des réglementations environnementales du Royaume, promettant de tenir les pollueurs responsables.

L'Égypte s'efforce de réduire la consommation de plastique dans les années à venir grâce à une stratégie nationale qui vise à éliminer l'impact négatif du plastique sur la santé, l'environnement, l'économie et la société. Le pays vise à réduire la consommation de sacs en plastique à 100 sacs par personne d'ici 2025 et à 50 sacs par personne d'ici 2030.

La volonté d'interdire le plastique à usage unique commence souvent au niveau local, comme dans le gouvernorat égyptien de la mer Rouge, qui a interdit en juin 2019 l'usage unique des sacs en plastique, des couverts en plastique utilisés dans les restaurants, les cafés, les supermarchés, les épiceries, les boucheries, les pêcheries et les pharmacies, ainsi que lors des safaris et des excursions en bateau.

Suivant les pas du gouvernorat de la mer Rouge, Dahab, dans le sud du Sinaï, a annoncé l'interdiction de l'utilisation des sacs en plastique dans toute la ville en juillet 2021.

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Des femmes recyclent du plastique à usage unique en articles de mode et autres produits dans le cadre d'une initiative écologique de VeryNile (Photo, Fournie).

Le projet de pyramide de VeryNile intervient peu avant la COP27, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui se tiendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, pendant la deuxième semaine de novembre.

Lors de la COP26 à Glasgow l'année dernière, des centaines de pays se sont engagés à soutenir les transitions énergétiques et l'atténuation du changement climatique dans les pays les plus pauvres du monde – ceux qui contribuent très peu aux émissions de carbone et à la pollution mais qui sont les plus touchés par le changement climatique. 

En mai, le représentant spécial égyptien du président de la COP27, Wael Aboulmagd, a affirmé que l'aide aux pays en développement pour qu'ils s'adaptent au changement climatique serait une priorité lors de la prochaine conférence, bien que les pays riches aient déclaré qu'ils ne fourniraient pas les 100 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 1,01 euro) par an promis pour les objectifs déclarés.

À la fin septembre, l'Égypte a appelé tous les pays participants à la COP27 à mettre de côté leurs différences politiques. Certains pays ont organisé un débrayage en juin pour protester contre la présence de la Russie à une réunion des Nations unies sur le climat à Bonn.

Bien que 90 chefs d'État aient confirmé leur présence à la conférence, la pression économique mondiale engendrée par les efforts de rétablissement du coronavirus et le conflit en Ukraine pourrait faire passer les préoccupations environnementales au second plan.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.