A Rome, Meloni rencontre Macron qui lui promet «ambition» et «vigilance»

Giorgia Meloni se prépare à présider la première réunion du Cabinet de son gouvernement, le 23 octobre 2022, au Palazzo Chigi, à Rome (Photo, AFP).
Giorgia Meloni se prépare à présider la première réunion du Cabinet de son gouvernement, le 23 octobre 2022, au Palazzo Chigi, à Rome (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 24 octobre 2022

A Rome, Meloni rencontre Macron qui lui promet «ambition» et «vigilance»

  • La visite de M. Macron est consacrée à un forum international sur la paix, où il a prononcé un discours dimanche, et à une audience avec le pape François prévue lundi matin
  • Mais il n'a pu contourner le contexte politique italien, avec l'arrivée au pouvoir de la dirigeante post-fasciste à la tête d'une coalition dominée par l'extrême droite

ROME: A peine entrée en fonctions, la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni a eu dimanche soir son premier tête-à-tête avec un dirigeant étranger en rencontrant à Rome le président français Emmanuel Macron, qui s'est engagé à travailler avec elle avec "ambition" mais aussi avec "vigilance".

Jusqu'au bout, l'Elysée a maintenu l'incertitude sur cet entretien, qui s'est tenu à l'abri des caméras dans le centre de la capitale italienne pendant un peu plus d'une heure.

"En Européens, en pays voisins, en peuples amis, avec l’Italie nous devrons poursuivre tout le travail engagé. Réussir ensemble, avec dialogue et ambition, nous le devons à notre jeunesse et à nos peuples", a déclaré le chef de l'Etat français dans un tweet illustré d'une photo où on le voit en discussion avec la dirigeante post-fasciste.

Il a toutefois pris soin de tweeter juste avant "Grazie Mario", un remerciement à Mario Draghi, le Premier ministre sortant avec lequel il entretenait une relation étroite. Comme pour prévenir la cheffe du gouvernement le plus à droite depuis la naissance de la République italienne en 1946 que la barre a été placée très haut par son prédécesseur.

L'Elysée a rapporté qu'Emmanuel Macron avait "félicité la Première ministre" lors d'échanges "pragmatiques et constructifs", mais aussi "francs".

"On va juger un peu sur les actes", "il y a une vigilance, il y a une exigence de la part du président de la République", a souligné son entourage, alors que Paris avait déjà mis en garde la gagnante des élections italiennes sur le respect de l'Etat de droit.

Des avertissements qui présagent de relations tendues avec l'eurosceptique et souverainiste Meloni.

Selon Rome, l'entretien, "cordial et productif", a porté sur "la nécessité de réponses rapides et communes à la flambée des prix de l'énergie" au niveau européen, le "soutien à l'Ukraine" ou encore "la gestion des flux migratoires".

Les deux dirigeants ont fait part de leur "volonté de poursuivre une coopération sur les grands défis communs au niveau européen dans le respect des intérêts nationaux respectifs", a conclu la présidence du conseil italien dans un communiqué.

La visite d'Emmanuel Macron est consacrée à un discours sur la paix prononcé dimanche et à une audience avec le pape François prévue lundi matin. Mais il n'a pu contourner le contexte politique italien, avec l'arrivée au pouvoir de la première femme à diriger la troisième économie de la zone euro.

Dimanche matin, Mario Draghi avait passé le flambeau à Giorgia Meloni sous les ors du palais Chigi, siège du gouvernement à Rome. Cette ex-admiratrice du Duce a pris la tête de l'exécutif un siècle après l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini.

Dette et inflation

Samedi, l'Union européenne, inquiète face à l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite dans ce pays fondateur de l'Europe, s'est dite prête à "coopérer" avec le gouvernement Meloni.

La Romaine de 45 ans, qui a remporté une victoire historique aux législatives du 25 septembre, a réussi à rendre respectable son parti Fratelli d'Italia.

De nombreux défis l'attendent, essentiellement économiques, à commencer par l'inflation et la dette dont le ratio est le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

La composition du nouveau gouvernement reflète le désir de rassurer les partenaires de Rome. L'ex-président du Parlement européen Antonio Tajani a été nommé aux Affaires étrangères, tandis que Giancarlo Giorgetti, un représentant de l'aile modérée de la Ligue, déjà ministre sous Mario Draghi, hérite du portefeuille de l'Economie.

«Vous n'êtes pas seul»

La tâche de Mme Meloni s'annonce des plus ardues alors que sa coalition montre déjà des fissures.

Dimanche, elle a d'ailleurs appelé son gouvernement à "rester uni" à l'issue du premier conseil des ministres, sur fond de tensions avec ses alliés, le dirigeant populiste antimigrants de la Ligue, Matteo Salvini, et le chef déclinant de Forza Italia, Silvio Berlusconi.

Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l'Ukraine face à la Russie, Mme Meloni a dû affronter cette semaine les propos polémiques de M. Berlusconi, qui a affirmé avoir "renoué" avec le président russe Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.

La dirigeante a rectifié le tir en affirmant que l'Italie fait "pleinement partie et la tête haute" de l'Europe et de l'Otan.

Un message bien reçu à Washington, à Kiev et à l'Otan, dont le secrétaire général Jens Stoltenberg a adressé ses "félicitations" à Mme Meloni. Le président américain Joe Biden a dit samedi avoir "hâte" de travailler avec elle.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est dit "impatient de continuer la coopération fructueuse" avec Rome. "Vous n'êtes pas seul!" lui a répondu Mme Meloni : "L'Italie sera toujours aux côtés du courageux peuple ukrainien qui se bat pour sa liberté et une paix légitime".


Fusion de l'audiovisuel public: les opposants pensent à la suite

Un manifestant tient une pancarte avec le logo de la radio française France Inter lors d'une manifestation des syndicats de Radio France, France TV, Ina et France Médias Monde contre le projet du gouvernement français de fusionner Radio France et France TV, place Colette à Paris le 23 mai 2024. (AFP)
Un manifestant tient une pancarte avec le logo de la radio française France Inter lors d'une manifestation des syndicats de Radio France, France TV, Ina et France Médias Monde contre le projet du gouvernement français de fusionner Radio France et France TV, place Colette à Paris le 23 mai 2024. (AFP)
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  • Une grève de 48 heures avait été votée dans les quatre entreprises concernées: France Télévisions, Radio France, l'Ina et France Médias Monde
  • Ce projet commence toutefois à soulever des doutes au sein même de la majorité présidentielle, dans son aile gauche

PARIS: Après deux jours de grève, jeudi et vendredi, les salariés de l'audiovisuel public, Radio France en tête, réfléchissent à la suite de leur mobilisation contre le projet gouvernemental de fusion, dont l'examen à l'Assemblée nationale a été repoussé.

Pour protester contre cette réforme portée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, une grève de 48 heures avait été votée dans les quatre entreprises concernées: France Télévisions, Radio France, l'Ina et France Médias Monde (RFI, France 24), dont le sort fait cependant débat jusque dans le camp présidentiel.

Comme la veille, les antennes de Radio France ont été particulièrement perturbées vendredi. De la musique a remplacé les programmes de France Inter, franceinfo, France Culture et d'un grand nombre de locales de France Bleu.

Les perturbations étaient moins visibles à la télé. Le journal de 13h00 de France 2 a toutefois été réalisé avec des moyens limités, avec une seule caméra fixe sur le présentateur Julian Bugier.

Initialement, les députés devaient débattre de cette réforme éclair jeudi et vendredi. Mais, face à l'encombrement de l'ordre du jour, le gouvernement a décidé jeudi de reporter l'examen du texte. Il pourrait avoir lieu la semaine du 24 juin.

«Idée fixe»

Ce contretemps intervient alors que le calendrier voulu par Mme Dati était déjà très serré: une fusion de l'audiovisuel public dès le 1er janvier 2026, après une année de transition sous un régime de holding.

Au lendemain d'un rassemblement de plusieurs centaines de personnes jeudi près du ministère de la Culture, les salariés de l'audiovisuel public ont tenu une assemblée générale vendredi matin à Paris. L'affluence y était moindre, avec moins d'une centaine de personnes.

Les grévistes ont débattu de la suite de la mobilisation d'ici l'examen du texte à l'Assemblée.

"Il y a du travail à faire", a lancé Antoine Chuzeville, représentant syndical SNJ (Syndicat national des journalistes) à France Télévisions.

Il a évoqué les pistes d'un "rassemblement encore plus grand fin juin", d'une "mobilisation des auditeurs et des téléspectateurs", ou d'un travail de persuasion auprès des parlementaires.

Benoît Gaspard, délégué Sud à Radio France, a pour sa part jugé "décevante" la réunion à laquelle les syndicats ont participé jeudi au ministère.

Les membres du cabinet de Mme Dati "ne sortent pas d'une idée fixe: un texte de loi va passer", a-t-il dit. Il a rappelé "l'opposition" des syndicats à "toute forme de rapprochement de nos entreprises".

Doutes 

"Il y a encore des marges de progression: c'est à France Télévisions qu'il y a le plus de salariés, et le moins de grévistes", a toutefois noté M. Chuzeville.

La direction du groupe a assuré qu'il y avait 9,9% de grévistes vendredi (12% jeudi), tous métiers confondus.

En interne, on attribue cette faible mobilisation à une lassitude après plusieurs réorganisations récentes et au fait que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, est favorable à la réforme.

Ce projet commence toutefois à soulever des doutes au sein même de la majorité présidentielle, dans son aile gauche.

"Je ne suis pas convaincu par l'état actuel de la réforme", a lâché le député Renaissance et ancien ministre Clément Beaune, vendredi sur Sud Radio. "Sur un sujet comme ça, je pense qu'il ne faut pas aller trop vite".

Pour sa part, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, a invité les députés à "visiter" la station. "Je suis sûre que vous repartirez convaincus de tout faire pour préserver la radio publique", a-t-elle dit sur le réseau social X.

"Chiche", lui a répondu le président des députés Renaissance, Sylvain Maillard.

Dans ce climat de turbulences pour l'audiovisuel public, la direction de Radio France a dénoncé une "opération de dénigrement" du Figaro Magazine.

Dans son édition de ce weekend, le magazine reproche à l'audiovisuel public un "manque de pluralisme" qui profite à la gauche, sur la base d'une étude de l'institut "libéral et conservateur" Thomas More.

Il s'agit "d'une étude à la méthodologie hautement questionnable, dont ni le contenu, ni le timing de publication, ne sont neutres", a protesté Radio France dans un communiqué.


Grève du contrôle aérien en France: 70% des vols annulés samedi à Paris-Orly

 L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays. (AFP)
 L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays. (AFP)
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  • Le gouvernement a déploré cette nouvelle grève, un mois après la signature d'un accord salarial avec les contrôleurs aériens
  • Selon l'organisation syndicale Unsa-Icna, l'accord signé in extremis fin avril ne résout pas la question des "sous-effectifs" qui se profilent à Orly, selon elle, à l'horizon 2027

PARIS: L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays, en raison de l'appel à la grève ce week-end d'un syndicat de contrôleurs aériens, en désaccord avec un accord conclu le mois dernier.

"Les opérateurs aériens doivent réduire leur programme de vols commerciaux pour la journée du 25 mai 2024 de 04H00 à 21H30 GMT de 70% (...) sur l'aéroport de Paris-Orly", selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Le gouvernement a déploré cette nouvelle grève, un mois après la signature d'un accord salarial avec les contrôleurs aériens.

"Je déplore le comportement de quelques agents au niveau local, qui refusent de reconnaître la légitimité d'un accord majoritaire et en font payer le prix aux passagers. J’en appelle à leur responsabilité", a réagi le ministre délégué aux Transports Patrice Vergriete, interrogé par l'AFP.

L'Unsa-Icna, deuxième syndicat représentatif des aiguilleurs du ciel (17% aux dernières élections professionnelles), a appelé à la grève pour réclamer des "effectifs adéquats", selon elle non garantis par l'accord signé fin avril entre la DGAC et le principal syndicat des contrôleurs, le SNCTA (60% des voix).

Selon l'organisation syndicale Unsa-Icna, l'accord signé in extremis fin avril ne résout pas la question des "sous-effectifs" qui se profilent à Orly, selon elle, à l'horizon 2027.

Cet accord sur des mesures d'accompagnement, notamment salariales, à la refonte prévue du contrôle aérien en France avait été rejeté par l'Unsa-Icna, ainsi que par le troisième syndicat représentatif, l'Usac-CGT, qui avaient maintenu un préavis de grève pour le 25 avril.

Ce mouvement s'était traduit par l'annulation de plusieurs milliers de vols en France et en Europe.

Parallèlement à la mobilisation de l'Unsa-Icna à Orly, l'Usac-CGT a déposé un préavis de grève du 23 au 30 mai pour protester spécifiquement contre l'affaiblissement du "maillage territorial" prévu selon le syndicat par la réforme du contrôle aérien.


Le président français accueillera les ministres arabes des affaires étrangères pour des discussions sur Gaza

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à la résidence du haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie à Nouméa, le 24 mai 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à la résidence du haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie à Nouméa, le 24 mai 2024. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron accueillera vendredi les ministres des Affaires étrangères de quatre États arabes
  • Accompagné de son propre chef de la diplomatie, Stéphane Sejourne, M. Macron discutera de la situation à Gaza

PARIS : Le président français Emmanuel Macron accueillera vendredi les ministres des Affaires étrangères de quatre États arabes clés pour des discussions sur la guerre à Gaza entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, a déclaré son bureau.

Accompagné de son propre chef de la diplomatie, Stéphane Sejourne, M. Macron discutera de la situation avec Mohammed bin Abdulrahman al-Thani (Qatar), Sameh Shoukry (Égypte), Ayman Safadi (Jordanie) et Faisal bin Farhan al-Saud (Arabie saoudite), le ministre des affaires étrangères, a indiqué l'Élysée.