Royaume-Uni: Rishi Sunak officiellement candidat à Downing Street

Rishi Sunak et Boris Johnson, qui sont à couteaux tirés depuis des mois, se sont rencontrés samedi soir pour, selon plusieurs médias, évoquer la possibilité d'une candidature commune. Cette rencontre ne leur a visiblement pas permis de s'entendre. (Photo, AFP)
Rishi Sunak et Boris Johnson, qui sont à couteaux tirés depuis des mois, se sont rencontrés samedi soir pour, selon plusieurs médias, évoquer la possibilité d'une candidature commune. Cette rencontre ne leur a visiblement pas permis de s'entendre. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 octobre 2022

Royaume-Uni: Rishi Sunak officiellement candidat à Downing Street

Rishi Sunak et Boris Johnson, qui sont à couteaux tirés depuis des mois, se sont rencontrés samedi soir pour, selon plusieurs médias, évoquer la possibilité d'une candidature commune. Cette rencontre ne leur a visiblement pas permis de s'entendre. (Photo, AFP)
  • L'ancien ministre britannique des Finances Rishi Sunak a annoncé dimanche qu'il se présentait pour devenir Premier ministre
  • Cette nouvelle campagne pour Downing Street s'est ouverte jeudi à la suite de la démission de Liz Truss, après seulement 44 jours au pouvoir

LONDRES: L'ancien ministre britannique des Finances Rishi Sunak a annoncé dimanche qu'il se présentait pour devenir Premier ministre, à la veille de la clôture des candidatures dans cette campagne éclair, pour laquelle son ex-patron Boris Johnson fait toujours attendre sa décision. 

Cette nouvelle campagne pour Downing Street s'est ouverte jeudi à la suite de la démission de Liz Truss, après seulement 44 jours au pouvoir. Début septembre, elle avait été élue par les membres du parti conservateur face à Rishi Sunak, qui va donc peut-être avoir sa revanche dans les prochains jours. 

"Le Royaume-Uni est un grand pays, mais nous sommes confrontés à une profonde crise économique", a écrit sur Twitter Rishi Sunak, 42 ans, qui a été ministre des Finances de 2019 à juillet dernier, quand il avait démissionné. 

"C'est pourquoi je me présente pour être le leader du Parti conservateur et votre prochain Premier ministre. Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays", a-t-il poursuivi. 

Après une semaine politique chargée en rebondissements, deux candidats se sont déclarés : Rishi Sunak, et la ministre des Relations avec le parlement Penny Mordaunt. Boris Johnson, rentré samedi à Londres, est fortement pressenti. 

L'ex-Premier ministre avait démissionné en juillet, lâché par Rishi Sunak et une soixantaine de membres de son gouvernement après une succession de scandales. 

"Boris" bénéficie toujours d'un soutien solide des électeurs conservateurs mais son éventuelle candidature suscite l'opposition ferme de certains députés, y compris d'anciens alliés. 

Les candidats ont jusqu'à lundi après-midi pour obtenir les cent parrainages nécessaires pour poursuivre la course. 

Selon la BBC, Rishi Sunak avait dimanche 132 parrainages, devant Boris Johnson (57) et Penny Mordaunt (23). 

Une fois que les candidats auront présenté leurs parrainages, les 357 députés conservateurs voteront. S'il reste deux candidats en lice, les 170 000 adhérents du parti devront les départager par un vote sur internet d'ici le 28 octobre. En cas de candidat unique, celui-ci entrerait directement à Downing Street en début de semaine. 

« Désastre garanti » 

Penny Mordaunt, qui a démenti dimanche avoir eu des négociations avec le camp de Boris Johnson, s'est dite "confiante" sur ses parrainages. 

Rishi Sunak et Boris Johnson, qui sont à couteaux tirés depuis des mois, se sont rencontrés samedi soir pour, selon plusieurs médias, évoquer la possibilité d'une candidature commune. Cette rencontre ne leur a visiblement pas permis de s'entendre. 

Boris Johnson va "clairement" se présenter, a affirmé dimanche sur la BBC un de ses proches, le ministre Jacob Rees-Mogg. 

Le camp de Boris Johnson affirme qu'il a déjà les cent parrainages mais les décomptes des médias sont loin derrière ce seuil. 

Selon un sondage du Sunday Telegraph, les électeurs du parti le préfèrent largement à Rishi Sunak : un peu plus de la moitié d'entre eux pensent qu'il serait le meilleur Premier ministre, contre 28% pour Rishi Sunak. Et près de 60% de ces électeurs conservateurs estiment que le départ de Boris Johnson au début de l'été était une erreur. 

Mais certains députés "tories" ne mâchent pas leurs mots quand à un retour possible de Boris Johnson. "Ce n'est pas le moment pour Boris", a déclaré Steve Baker, ministre de l'Irlande du Nord et partisan de Sunak, à Sky News, affirmant qu'un autre gouvernement dirigé par Johnson "serait un désastre garanti" et imploserait en quelques mois. 

Steve Baker a même envisagé une porte de sortie pour Boris Johnson, l'imaginant "président du parti". 

Rishi Sunak a reçu des soutiens clés depuis samedi, dont celui du ministre de l'Intérieur Grant Shapps et de la ministre du Commerce Kemi Badenoch, influente à la droite des "Tories". Le parti "n'est pas un outil pour les ambitions personnelles d'un individu", a-t-elle dit au Sunday Times. 

Le prochain Premier ministre gouvernera un pays plongé dans une grave crise du coût de la vie, avec une inflation dépassant les 10%. Il devra calmer les marchés, dans la tempête depuis les annonces budgétaires du gouvernement Truss fin septembre. Il devra également tenter d'unir un parti profondément divisé, à deux ans des élections législatives. 

Le leader de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a réitéré dimanche son appel pour des élections anticipées. Les travaillistes sont au plus haut dans les sondages, après douze ans de pouvoir conservateur. Le prochain Premier ministre conservateur sera le cinquième depuis 2016. 


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.

 

 


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).