Dans une tranchée ukrainienne, trucs et astuces contre le froid

Des artilleurs ukrainiens sont vus dans la région de Kharkiv, le 17 octobre 2022, au milieu de l'invasion militaire russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
Des artilleurs ukrainiens sont vus dans la région de Kharkiv, le 17 octobre 2022, au milieu de l'invasion militaire russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 25 octobre 2022

Dans une tranchée ukrainienne, trucs et astuces contre le froid

  • Sur cette partie stabilisée du front, l'ennemi est tout proche et les tirs réguliers, mais la vie continue dans le dédale de tranchées
  • Ces onze soldats de la 5e brigade, et leur chat, John, vivent une semaine complète sur la tranchée, avant d'être relevés

REGION DE DONETSK: Des chaussettes "tactiques", des sacs de couchage norme Otan et même un sauna: dans une tranchée de l'Est ukrainien, à 700 m des positions russes, un groupe de soldats de la 5e brigade d'assaut se pare pour le grand froid.

"L'hiver dans le Donbass est un enfer. C'est un climat de steppe avec des nuits glaciales, des températures jusqu'à -30°C", prévient le soldat Iouri Syrotiouk, 46 ans, un ancien élu local de la municipalité de Kiev, au front depuis février dernier.

"Il n'y a aucune forêt, le vent passe partout. J'étais là en 2014, c'était intenable", dit le doyen du groupe.

Sur cette partie stabilisée du front, l'ennemi est tout proche et les tirs réguliers, mais la vie continue dans le dédale de tranchées.

Ces onze soldats de la 5e brigade, et leur chat, John, vivent une semaine complète sur la tranchée, avant d'être relevés.

A un mètre de terre, les gars ont construit grâce à un tutoriel internet un sauna qui fait aussi hammam.

L'alcôve de 2m2, chauffée par un poêle à bois spécial, est tapissée de revêtement isolant couleur argent. Les parois ont aussi été blindées. Un mortier de 82 mm peut tomber dessus.

A l'entrée, un baril de munitions sert de "vestiaire", pour les soldats qui entrent nus au "bania", le sauna, et en profitent pour se laver.

"Là vous mettez de l'eau ou de la neige dans un seau et ici ça fait de la vapeur", fait visiter le soldat Syrotiouk.

"Après être resté dans la gadoue, on en ressort comme une nouvelle personne", dit le barbu dans un grand sourire.

5°C dehors, 22°C dedans 

Tout autour du campement enterré et dissimulé sous des filets camouflages, un océan de boue marron, qui colle aux semelles.

Avant d'entrer dans la tranchée d'habitation et de cuisine, on s'essuie les bottes sur un tube de métal disposé à effet.

Une fois sous terre, le roi de la tranchée c'est la "bourjouïka", le petit poêle à bois traditionnel en métal avec une cheminée.

On y approche ses mains, rarement gantées pour des raisons pratiques, qu'on glisse ensuite entre le torse et le gilet pare-balle.

C'est là aussi, autour du réchaud à gaz, qu'on prépare le thé ou le café fumant et réconfortant.

Au bout du boyau, rempli de boue au sol, à l'intérieur de la cavité elle aussi tapissée d'isolant, là où les soldats dorment sur des paillasse, il faut se déchausser.

Un thermomètre en plastique décoré de fleurs roses annonce 22°C. Dehors il en fait 5, en ce matin brumeux de fin d'automne.

L'unité a reçu de volontaires des sacs de couchage pouvant résister à -30°C, explique le commandant "Locha".

"Avec ça vous dormez dans la neige", assure le militaire.

Pour l'habillement, le paquetage inclut une cagoule, des sous-vêtements spéciaux, dont des collants et surtout les "chaussettes tactiques" pour éviter le redouté "pied de tranchée", le pied qui moisit, un mal de la Première guerre mondiale qui peut mener à la gangrène.

"Mais ce qui nous réchauffe plus encore que des chaussettes ou des sacs de couchage aux normes de l'Otan, c'est les mots, les appels et les petits dessins de nos proches", lance dans un sourire de tendresse le soldat Syrotiouk.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"