Afrique du Sud: le président Ramaphosa sera-t-il reconduit par l'ANC?

Cyril Ramaphosa (Photo, AFP).
Cyril Ramaphosa (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 26 octobre 2022

Afrique du Sud: le président Ramaphosa sera-t-il reconduit par l'ANC?

  • Le président Cyril Ramaphosa paraît affaibli alors qu'il veut être investi pour briguer un deuxième mandat lors des élections de 2024
  • Un scandale lié à des liasses de billets retrouvées dans l'une de ses propriétés, lors d'un cambriolage en 2020, ternit l'image de celui qui se présentait comme un champion

JOHANNESBURG : A deux mois d'une conférence décisive de l'ANC, parti historique au pouvoir en Afrique du Sud, aujourd'hui divisé, le président Cyril Ramaphosa paraît affaibli alors qu'il veut être investi pour briguer un deuxième mandat lors des élections de 2024.

Un scandale lié à des liasses de billets retrouvées dans l'une de ses propriétés, lors d'un cambriolage en 2020, ternit l'image de celui qui se présentait comme un champion "mains propres" lorsqu'il a succédé à Jacob Zuma, lui-même tombé pour corruption, et le place sur la défensive.

Des experts sud-africains examinent les scénarios possibles:

Q: Ramaphosa peut-il encore être investi par l'ANC?

R: "Il reste le candidat le mieux placé", estime la politologue Susan Booysen. "Ramaphosa s'en sortira probablement mais le degré de certitude a baissé. Il reste clairement le favori mais sa crédibilité a été ébranlée comme jamais auparavant", nuance Eusebius McKaiser, commentateur politique.

"Il n'est pas dans la position la plus solide mais reste le plus à même de l'emporter", face à l'absence d'opposant bien positionné et grâce aux soutiens dont il continue à bénéficier au sein du parti, confirme Pearl Mncube, politologue au Frontline Africa Advisory.

M. Ramaphosa, ex-protégé de Nelson Mandela devenu un homme d'affaires richissime avant de revenir à la politique, est tombé de son piédestal.

"Avant, c'était une icône du combat pour nettoyer" le pays de la corruption, "un parangon de vertu, même s'il était issu du monde des affaires", souligne Mme Booysen. Le scandale lié à sa propriété de Phala Phala (nord-est) fait "douter de sa probité et rappelle qu'il n'est pas un surhomme".

Mais "malgré toutes les faiblesses de l'actuel président, si l'on compare aux autres candidats, il reste la meilleure chance" pour l'ANC de se maintenir au pouvoir, estime M. McKaiser.

De récents sondages montrent que l'ANC, qui est passé pour la première fois de son histoire sous la barre des 50% lors des élections locales en 2021, pourrait réitérer cette contre-performance en 2024.

Q: Qui sont ses opposants au sein de l'ANC?

R: Ils sont multiples mais pour l'instant, aucun nom ne fédère les oppositions à M. Ramaphosa.

L'ancien ministre de la Santé Zweli Mkhize, démissionnaire en août 2021 après avoir été accusé d'avoir détourné des budgets alloués aux campagnes de prévention du Covid, "a des chances", il reste populaire, estime Mme Booysen.

Les autres candidates connues, Lindiwe Sisulu et Nkosazana Dlamini-Zuma, "n'ont pas engrangé les soutiens dans les provinces, alors que MM. Ramaphosa et Mhize le font".

"Tous les autres candidats sont imparfaits, il n'y a donc pas de réelle menace" pour M. Ramaphosa, estime Eusebius McKaiser.

Beaucoup de délégués qui votent "sont conscients que leur propre carrière est liée à la réussite de l'ANC aux élections", souligne-t-il. Dès lors, "quelle que soit leur inclination, ils réfléchiront aussi, égoïstement, au candidat qui leur garantit les meilleures chances de conserver leur poste".

L'ANC n'a jamais été aussi contesté dans le pays et M. Ramaphosa étant "le moins mauvais des candidats", certains délégués pourraient "le soutenir", poussés par ce contexte, insiste-t-il.

Q: L'ex-président Zuma a récemment traité M. Ramaphosa de traître et de corrompu. Quelle influence peut-il avoir sur le vote ?

R: Elle est "moins importante que ce qu'il croit", estime M. McKaiser. La conférence de presse de M. Zuma samedi était "la diatribe d'un type cherchant désespérément à se poser en influenceur, pas la communication calme et persuasive d'un homme convaincu de son pouvoir", juge le commentateur expérimenté.

S'il avait une vraie influence, sa candidate, son ex-femme Nkosazana Dlamini-Zuma, aurait reçu le soutien de sa région, le pays zoulou, ce qui n'est même pas le cas, soulignent plusieurs experts.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."