Israël: début de la production de gaz sur le gisement de Karish

Pour Israël, le gisement de Karish alimentera le marché intérieur mais permettra aussi d'accroître les exportations en libérant une partie du gaz des plateformes de Leviathan et Tamar qui sont reliées à un gazoduc sous-marin entre le sud d'Israël et le nord de l'Egypte. (Photo, AFP)
Pour Israël, le gisement de Karish alimentera le marché intérieur mais permettra aussi d'accroître les exportations en libérant une partie du gaz des plateformes de Leviathan et Tamar qui sont reliées à un gazoduc sous-marin entre le sud d'Israël et le nord de l'Egypte. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 26 octobre 2022

Israël: début de la production de gaz sur le gisement de Karish

Pour Israël, le gisement de Karish alimentera le marché intérieur mais permettra aussi d'accroître les exportations en libérant une partie du gaz des plateformes de Leviathan et Tamar qui sont reliées à un gazoduc sous-marin entre le sud d'Israël et le nord de l'Egypte. (Photo, AFP)
  • «Le gaz est produit au gisement Karish (...) et le débit de gaz augmente progressivement», a indiqué dans un communiqué la société Energean
  • Le gouvernement israélien doit officiellement entériner jeudi matin l'accord sur la frontière avec le Liban, avant une signature prévue dans l'après-midi à Naqoura, en sol libanais

JÉRUSALEM: Le groupe énergétique Energean a lancé mercredi la production de gaz naturel sur le gisement offshore de Karish au large d'Israël, à la veille de la signature prévue d'un accord délimitant la frontière maritime avec le Liban. 

"Le gaz est produit au gisement Karish (...) et le débit de gaz augmente progressivement", a indiqué dans un communiqué la société Energean qui espère porter à court terme la production annuelle à 6,5 milliards de m3 de gaz naturel, puis à terme à 8 milliards de m3. 

"Nous avons livré un projet historique qui apporte de la concurrence sur le marché israélien du gaz, renforce la sécurité de l'approvisionnement énergétique en Méditerranée orientale et apporte une énergie abordable et propre qui remplacera la production d'électricité au charbon", a déclaré dans un communiqué le PDG de la société cotée à Londres, Mathios Rigas. 

Le gouvernement israélien avait donné mardi à cette société le feu vert définitif pour entamer la production sur ce gisement, situé en Méditerranée orientale et mentionné dans l'accord sur la démarcation de la frontière maritime entre le Liban et Israël, deux pays voisins officiellement en état de guerre. 

"La production gazière à Karish commencera comme prévu lorsque toutes les conditions techniques seront remplies", avait déclaré dans la foulée le Premier ministre israélien Yaïr Lapid. 

Le gouvernement israélien doit officiellement entériner jeudi matin l'accord sur la frontière avec le Liban, avant une signature prévue dans l'après-midi à Naqoura, en sol libanais. 

« Historique » 

De son côté le médiateur américain Amos Hochstein, qui a négocié cet accord, voyage mercredi au Liban pour "finaliser" le pacte "historique", ont indiqué ses services à Washington. 

M. Hochstein doit s'y entretenir avec le président Michel Aoun, le Premier ministre Najib Mikati et le président du Parlement, Nabih Berri et assister jeudi à la signature de l'accord avant de passer en sol israélien où il doit discuter avec M. Lapid. 

En vertu de l'accord sur la frontière maritime négocié par les Etats-Unis avec l'appui de la France, le champ offshore de Karish se situe entièrement dans les eaux israéliennes. 

Le Liban pour sa part aura tous les droits d'exploration et d'exploitation du champ de Cana, situé plus au nord-est, dont une partie dans les eaux territoriales d'Israël. Mais "Israël sera rémunéré" par la firme exploitant Cana "pour ses droits sur d'éventuels gisements", selon le texte. 

"Le but de l'accord qui sera signé demain est d'éliminer au maximum la possibilité d'une guerre maritime entre Israël et le Liban", a déclaré mercredi l'ancien négociateur américain Frédéric Hof à un petit groupe de journalistes. 

Selon lui, "Israël espère optimiser l'exploitation de son gaz naturel et exporter vers l'Europe tandis que le Liban veut rapidement achever l'exploration (du champ de Cana) et commencer la production", alors qu'il s'enfonce dans une crise économique sans précédent. 

Pour Israël, le gisement de Karish alimentera le marché intérieur mais permettra aussi d'accroître les exportations en libérant une partie du gaz des plateformes de Leviathan et Tamar qui sont reliées à un gazoduc sous-marin entre le sud d'Israël et le nord de l'Egypte. 

De l'Egypte, le gaz israélien pourra être liquéfié puis transporté en bateau vers l'Europe qui cherche à diversifier ses approvisionnements dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. 


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.