Quatre millions d'Ukrainiens touchés par des coupures d'électricité, déplore Zelensky

Des membres de l'unité d'artillerie ukrainienne ont rebroussé chemin après des tirs en direction de Kherson vendredi (Photo, AFP).
Des membres de l'unité d'artillerie ukrainienne ont rebroussé chemin après des tirs en direction de Kherson vendredi (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 29 octobre 2022

Quatre millions d'Ukrainiens touchés par des coupures d'électricité, déplore Zelensky

  • «La tâche de recruter 300 000 personnes a été accomplie», a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou
  • Selon le ministre, 218 000 réservistes sont en train d'être formés dans des bases militaires russes, 41 000 sont déployés dans des unités militaires combattant en Ukraine, et 41 000 autres sont encore en formation mais déjà dans la zone de conflit

KIEV: L'Ukraine a annoncé vendredi des coupures d'électricité "sans précédent" qui touchent au total quatre millions de personnes, notamment dans la région de Kiev, les installations énergétiques ukrainiennes ayant été lourdement endommagées par de nombreuses frappes russes ces dernières semaines.

La Russie a, quant à elle, annoncé avoir achevé en plus d'un mois la mobilisation de 300.000 réservistes, dont 41.000 sont déjà déployés en Ukraine, signe de la volonté de Vladimir Poutine de rapidement inverser la tendance après une série de revers.

"Dans beaucoup de villes et de districts de notre pays, des coupures ont été instaurées pour stabiliser" la situation, a dit le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans son allocution quotidienne. Ces restrictions affectent "près de quatre millions d'Ukrainiens", a-t-il ajouté.

"Malheureusement, des coupures plus sévères et plus longues seront mises en place ces prochains jours", a dans le même temps averti l'opérateur ukrainien DTEK.

A la suite des récentes attaques russes sur les infrastructures électriques, les autorités ukrainiennes avaient déjà dû imposer des coupures de courant quotidiennes de quelques heures dans de nombreuses régions, notamment dans la capitale Kiev, pour éviter des black-outs.

L'AFP a pu visiter jeudi une centrale électrique ukrainienne touchée par les Russes, où deux employés notamment s'affairaient à fixer un câble sur un grand pylône.

"Pour la première fois, nous sommes confrontés à de tels dommages", a dit à à l'AFP Pavlo, un employé de cette centrale. "Les travaux de rénovation sont en cours depuis plus de deux semaines. On ne sait pas combien de temps cela va prendre", a-t-il souligné.

Selon lui, la centrale a été visée deux fois par des missiles et une troisième par un drone suicide de fabrication iranienne.

Vendredi, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a demandé à son homologue iranien d'arrêter "immédiatement" de fournir des armes à Moscou, dans la première conversation téléphonique entre ces deux responsables depuis que Kiev a accusé la Russie de frapper des villes ukrainiennes à l'aide de ces drones Shahed 136.

Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a réitéré ses dénégations.

"Concernant les allégations sur l'utilisation de drones iraniens dans la guerre en Ukraine, tout en rejetant fermement ces allégations, Amir-Abdollahian a répété que la République islamique d'Iran (...) était contre la guerre en Ukraine", a-t-il écrit.

Volodymyr Zelensky ne s'est pour sa part guère montré optimiste, vendredi soir, à ce sujet.

"Nous nous préparons au fait que les dirigeants russes actuels  chercheront toutes les possibilités pour continuer la guerre. Notamment grâce à leurs complices en Iran", a-t-il dit.

300.000 réservistes russes 

En Russie, "la tâche de recruter 300.000 personnes a été accomplie", a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, à M. Poutine au cours d'un échange diffusé à la télévision.

Selon le ministre, 218.000 réservistes sont en train d'être formés dans des bases militaires russes, 41.000 sont déployés dans des unités militaires combattant en Ukraine et 41.000 autres sont encore en formation mais déjà dans la zone de conflit.

Pour Vladimir Poutine, qui a salué face à son ministre "le patriotisme" des soldats mobilisés depuis le 21 septembre, l'arrivée de ces hommes, qui étaient encore des civils il y a quelques semaines, doit permettre de consolider les lignes russes face à l'armée ukrainienne qui a obtenu d'importants gains territoriaux dans l'est et le sud de l'Ukraine ces deux derniers mois.

Les troupes de Kiev s'apprêtent d'ailleurs à livrer une féroce bataille pour reprendre la ville de Kherson et ses districts environnants (sud). Moscou a affirmé en avoir évacué tous les civils désireux de partir vers la Russie ou dans des zones sous contrôle russe.

Mercredi, le chef de l'administration mise en place par les Russes à Kherson, Vladimir Saldo, avait affirmé qu'au moins 70.000 personnes avaient quitté leur domicile en moins d'une semaine.

«Très douloureux»

Illustration de l'intensité des combats près de Kherson, le dirigeant de la république russe de Tchétchénie Ramzan Kadyrov, dont les forces combattent en Ukraine, a annoncé la mort de 23 de ses soldats dans un bombardement ukrainien qui a aussi fait 58 blessés.

Ailleurs sur le front, les autorités ukrainiennes ont signalé des bombardements russes qui ont endommagé deux immeubles d'habitation et une boulangerie à Mykolaïv, dans le sud, et ont fait un blessé.

A Kiev, quelques dizaines d'Iraniens se sont rassemblés vendredi pour manifester leur solidarité avec les Ukrainiens et contre l'utilisation par les Russes de drones de fabrication iranienne pour frapper l'Ukraine, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Le pays où nous sommes nés et le régime actuellement au pouvoir (en Iran) envoient des drones pour nous tuer, ainsi que nos amis (en Ukraine). C'est très douloureux", a déploré auprès de l'AFP Maziar Mian, un architecte iranien de 34 ans.

Pour faire face aux attaques aériennes russes, le maire de Kiev, Vitali Klitchko, a fait savoir vendredi que l'armée avait déployé de "nouveaux équipements de la défense antiaérienne" afin de mieux protéger les infrastructures essentielles de la capitale.

La Russie accuse de son côté depuis plusieurs jours l'Ukraine de préparer l'explosion d'une "bombe sale", c'est-à-dire contenant des éléments radioactifs, des allégations que Kiev et les Occidentaux ont qualifiées d'"absurdes" et pouvant servir à Moscou de prétexte à une escalade.

S'exprimant au cours d'un forum politique jeudi, Vladimir Poutine avait appelé à envoyer "au plus vite" une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en Ukraine. Celle-ci compte procéder cette semaine à une "vérification indépendante" sur place.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.