Ukraine: de nouvelles évacuations annoncées à Kherson par les autorités prorusses

Des personnes arrivées de Kherson attendent une nouvelle évacuation dans les profondeurs de la Russie à la gare de Dzhankoi en Crimée le 21 octobre 2022 (Photo, AFP).
Des personnes arrivées de Kherson attendent une nouvelle évacuation dans les profondeurs de la Russie à la gare de Dzhankoi en Crimée le 21 octobre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 01 novembre 2022

Ukraine: de nouvelles évacuations annoncées à Kherson par les autorités prorusses

  • La région de Kherson est partiellement contrôlée par la Russie, qui a annexé le mois dernier la portion qu'elle a conquise
  • Les forces de Kiev mènent depuis plusieurs semaines une offensive pour reprendre la région de Kherson, avançant d'ouest en est

MOSCOU: Les autorités d'occupation russes à Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont annoncé mardi avoir commencé le déplacement de milliers de personnes supplémentaires dans cette région où les forces de Kiev mènent une offensive.

"Nous allons réinstaller et transférer jusqu'à 70 000 personnes" se trouvant actuellement dans une bande de 15 kilomètres de profondeur à l'est sur la rive gauche du fleuve Dnipro, a déclaré le gouverneur installé par Moscou à Kherson, Vladimir Saldo, dans l'émission radiophonique russe Soloviov Live.

La semaine dernière, les forces d'occupation russes avaient déjà annoncé que 70 000 civils avaient quitté leurs habitations situées à l'ouest sur la rive droite du fleuve et plus proches de la ligne de front.

M. Saldo a affirmé que les nouvelles évacuations avaient été décidées face au risque d'une "possible attaque de missile" sur un barrage situé sur le fleuve et dont la destruction entraînerait l'"inondation de la rive gauche".

"Nous avons déjà commencé" ces nouvelles évacuations et les personnes déplacées seront acheminées "plus en profondeur" à Kherson ou "dans d'autres régions de Russie", a déclaré M. Saldo, sans fournir plus de précisions.

L'eau et l'électricité rétablies à Kiev, au lendemain de bombardements russes

L'approvisionnement en eau et en électricité a été rétabli mardi matin dans la capitale ukrainienne, Kiev, au lendemain de bombardements russes sur des infrastructures essentielles, qui avaient provoqué des coupures massives.

La Russie multiplie depuis début octobre les frappes de drones et de missiles contre les systèmes d'eau et d'électricité des villes ukrainiennes, poussant les autorités à instaurer des restrictions par endroits et qui font craindre un hiver difficile pour les Ukrainiens.

L'approvisionnement "a été entièrement rétabli", a déclaré le maire de Kiev Vitali Klitschko, alors que près de 80% des habitants de la capitale se trouvaient sans eau et 350 000 foyers sans courant.

Des coupures d'électricité programmées vont toutefois continuer dans la capitale "car le déficit du système électrique, après les attaques barbares de l'agresseur, est important", a prévenu M. Klitschko, alors que les sirènes anti-aériennes ont de nouveau retenti dans la ville mardi matin.

Selon l'armée ukrainienne, la Russie a lancé lundi 55 missiles de croisière, 22 missiles anti-aériens S-300 et des drones de combat pour une vague de frappes à travers le pays, visant très souvent des infrastructures énergétiques.

Ces frappes ont été parmi "les plus massives sur notre territoire par l'armée russe", a accusé mardi un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiï Arestovytch.

Il s'est néanmoins félicité de l'amélioration de la défense anti-aérienne de l'Ukraine, grâce à laquelle "les destructions n'ont pas été aussi critiques qu'elles auraient pu l'être".

Les frappes russes du mois d'octobre ont détruit environ un tiers des capacités électriques à l'approche de l'hiver, selon les autorités ukrainiennes, qui ont exhorté la population à réduire la consommation d'énergie autant que possible.

Lundi soir, M. Saldo avait affirmé que l'évacuation de cette bande de 15 kilomètres de profondeur permettrait aussi à l'armée russe de mettre en place une "défense en profondeur pour repousser l'attaque ukrainienne", semblant ainsi envisager la possibilité de les forces de Kiev traversent le Dnipro.

La région de Kherson est partiellement contrôlée par la Russie, qui a annexé le mois dernier la portion qu'elle a conquise, en même temps que trois autres zones d'Ukraine sous sa coupe.

Les forces de Kiev mènent depuis plusieurs semaines une offensive pour reprendre la région de Kherson, avançant d'ouest en est.

C'est en raison des gains territoriaux réalisés par les soldats ukrainiens que les autorités d'occupation russes avaient demandé mi-octobre aux habitants de la rive droite de quitter leur domicile pour traverser le fleuve.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.