Brutale hausse des tensions dans la péninsule coréenne avec une salve de missiles de Pyongyang

Trois missiles balistiques nord-coréens de courte portée ont été lancés à 08H51 (23H51 GMT mardi) (Photo, AFP).
Trois missiles balistiques nord-coréens de courte portée ont été lancés à 08H51 (23H51 GMT mardi) (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Brutale hausse des tensions dans la péninsule coréenne avec une salve de missiles de Pyongyang

  • Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a fustigé la « provocation» de Pyongyang, dénonçant une « invasion territoriale de fait»
  • Trois missiles balistiques nord-coréens de courte portée ont été lancés et l'un a franchi la « Ligne de limite du Nord», qui constitue de fait la frontière maritime entre les deux pays

SÉOUL: La Corée du Nord a lancé mercredi au moins 23 missiles dont l'un est tombé près des eaux territoriales sud-coréennes, provoquant une brutale hausse des tensions avec son voisin du Sud qui a riposté en lançant trois missiles vers la mer.

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a fustigé la "provocation" de Pyongyang, dénonçant une "invasion territoriale de fait".

Les Etats-Unis "condamnent" la salve de missiles envoyée par la Corée du Nord, a dit mercredi John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, et en particulier la "dangereuse décision" de Pyongyang de tirer un missile à proximité des eaux territoriales sud-coréennes.

En outre, Washington a accusé Pyongyang de "fournir de manière dissimulée une aide à la guerre de la Russie contre l'Ukraine".

M. Kirby a évoqué un "nombre important" de munitions d'artillerie que la Corée du Nord aurait expédié en Russie, ajoutant que Washington cherchait à savoir si cette aide militaire avait été réceptionnée.

La Russie a pour sa part appelé "tout le monde à garder son calme".

Comportement «agressif et irresponsable»

"Toutes les parties de ce conflit doivent éviter de prendre des mesures susceptibles de provoquer une montée des tensions", selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "La situation sur la péninsule est déjà assez tendue".

De son côté, le président du Conseil européen Charles Michel s'est dit "outré" par les tirs de missiles par la Corée du Nord, dénonçant le comportement "agressif" et "irresponsable" de Pyongyang.

L'armée nord-coréenne a également procédé à plus d'une centaine de tirs d'artillerie dans la "zone tampon" maritime entre les deux pays, au moment où la Corée du Sud et les Etats-Unis effectuent dans la région d'importantes manoeuvres aériennes dénoncées par Pyongyang.

Trois missiles balistiques nord-coréens de courte portée ont été lancés à 08H51 (23H51 GMT mardi), et l'un a franchi la "Ligne de limite du Nord", qui constitue de fait la frontière maritime entre les deux pays.

Ce tir a provoqué une rare alerte au raid aérien dans l'île sud-coréenne d'Ulleungdo, située à environ 120 km à l'est de la péninsule coréenne, où les habitants ont reçu consigne de se réfugier dans des bunkers.

Selon l'armée de Séoul, c'est "la première fois depuis la division de la péninsule" après la guerre de Corée en 1953 qu'un missile nord-coréen est tombé si près des eaux territoriales du Sud.

Tirs d'artillerie

M. Yoon a "souligné que la provocation nord-coréenne est une invasion territoriale de fait par un missile qui a franchi la Ligne de limite du Nord pour la première fois depuis la division" de la péninsule, a déclaré la présidence sud-coréenne dans un communiqué.

Avant et après ce tir, la Corée du Nord a lancé au cours de la journée de mercredi un total de 22 autres projectiles, dont des missiles balistiques à courte portée et des missiles sol-air, selon l'armée sud-coréenne.

Et en début d'après-midi, toujours selon Séoul, l'armée nord-coréenne a procédé à une centaine de tirs d'artillerie depuis la province de Kangwon, dans le Sud-Est du pays, vers l'intérieur de la "zone tampon" frontalière instaurée en 2018 dans l'espoir de réduire les tensions et les risques d'incident armé entre les deux pays.

Un des missiles lancés mercredi matin a terminé sa course en mer à seulement 57 kilomètres  de la ville sud-coréenne de Sokcho, dans le Nord-Est de la Corée du Sud, a indiqué l'armée sud-coréenne qui a qualifié de "très rare et intolérable" cette salve inédite.

Elle a annoncé dans la foulée avoir tiré, pour sa part, trois missiles air-sol près de la frontière maritime intercoréenne.

Le président Yoon a convoqué une réunion du Conseil national de sécurité au sujet de cet incident, l'un des plus agressifs depuis plusieurs années estiment des analystes.

Tempête vigilante

Le président sud-coréen a en outre ordonné des mesures "rapides et sévères afin que la Corée du Nord paie un prix fort pour ses provocations".

La Corée du Sud a fermé plusieurs routes aériennes au-dessus de la mer du Japon, conseillant aux compagnies aériennes d'effectuer un détour pour "assurer la sécurité des passagers sur les routes en direction des Etats-Unis et du Japon".

Séoul et Washington organisent le plus grand exercice aérien conjoint de leur histoire, baptisé "Tempête vigilante" (Vigilant Storm), auquel participent des centaines d'avions de guerre des deux armées.

Pak Jong Chon, maréchal et secrétaire du Parti des travailleurs au pouvoir en Corée du Nord, a qualifié ces exercices d'agressifs et provocants, a rapporté mercredi la presse officielle nord-coréenne.

Selon lui, le nom de ces manoeuvres fait écho à l'opération "Tempête du désert", nom donné aux opérations militaires de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l'Irak en 1991 après l'invasion du Koweït.

"Si les Etats-Unis et la Corée du Sud tentent d'utiliser leurs forces armées contre la (République populaire démocratique de Corée), les moyens spéciaux des forces armées de la RPDC accompliront leur mission stratégique sans délai", a déclaré M. Pak, selon l'agence d'Etat KCNA.

Possible nouvel essai nucléaire

"Les Etats-Unis et la Corée du Sud devront (...) payer le prix le plus horrible de l'histoire", a menacé le maréchal.

Les missiles tirés mercredi par la Corée du Nord constituent "la plus agressive et menaçante démonstration (de force) contre le Sud depuis 2010", a déclaré à l'AFP Cheong Seong-chang, chercheur à l'institut Sejong.

En mars 2010, un sous-marin nord-coréen avait torpillé une corvette sud-coréenne, tuant 46 marins. En novembre de la même année, le Nord avait bombardé une île frontalière sud-coréenne, causant la mort de quatre personnes, deux civils et deux militaires.

Les tirs de mercredi surviennent après une autre longue série en septembre et octobre, que le Nord a qualifié d'exercices nucléaires tactiques.

Washington et Séoul avertissent de manière répétée que Pyongyang pourrait effectuer un nouvel essai nucléaire qui serait le 7e de son histoire.

"Pyongyang semble avoir achevé sa plus puissante (mesure de) dissuasion : c'est une grave menace, a dit à l'AFP Park Won-gon, professeur à l'université Ewha. Le Nord semble également confiant dans ses capacités nucléaires".


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.