Veillées aux chandelles en souvenir des victimes de la bousculade mortelle de Séoul

Des moines bouddhistes sud-coréens prient à un mémorial de fortune pour les victimes de la vague de foule meurtrière d'Halloween, à l'extérieur d'une station de métro dans le district d'Itaewon à Séoul, le 3 novembre 2022. (AFP).
Des moines bouddhistes sud-coréens prient à un mémorial de fortune pour les victimes de la vague de foule meurtrière d'Halloween, à l'extérieur d'une station de métro dans le district d'Itaewon à Séoul, le 3 novembre 2022. (AFP).
Short Url
Publié le Samedi 05 novembre 2022

Veillées aux chandelles en souvenir des victimes de la bousculade mortelle de Séoul

  • Les autorités policières ont admis avoir déployé un nombre insuffisant d'agents pour une telle foule, l'opposition accusant le gouvernement du président Yoon Suk-yeol de ne pas prendre ses responsabilités
  • Image de la colère de la population, une femme a été vue en train de déchiqueter les couronnes de fleurs déposées vendredi sur un mémorial par le président et le maire de Séoul

SÉOUL : Une semaine après la dramatique bousculade de Séoul, des veillées aux chandelles et autres commémorations auront lieu samedi en Corée du Sud en souvenir des 156 personnes tuées, écrasées et asphyxiées dans un mouvement de foule, lors de la fête de Halloween.

Mais la colère gronde dans le pays après l'une des catastrophes les plus meurtrières de Corée du Sud.

Les victimes, pour la plupart des jeunes gens, se trouvaient parmi les quelque 100 000 personnes venues dans le quartier de Itaewon pour fêter Halloween pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Les autorités policières ont admis avoir déployé un nombre insuffisant d'agents pour une telle foule, l'opposition accusant le gouvernement du président Yoon Suk-yeol de ne pas prendre ses responsabilités.

Image de la colère de la population, une femme a été vue en train de déchiqueter les couronnes de fleurs déposées vendredi sur un mémorial par le président et le maire de Séoul.

"A quoi bon (ces fleurs) puisqu'ils n'ont pas pu protéger (nos enfants)?" s'est exclamé cette femme présentée par un média local comme la mère d'une des victimes de la bousculade.

«A quoi bon?»

"A quoi bon se tenir près de ces (couronnes) alors qu'ils ont laissé mourir nos bébés?", a-t-elle encore fustigé devant les caméras d'une télévision locale.

Des policiers ont ensuite été vus en train de l'éloigner du mémorial situé devant la mairie de Séoul.

Le président Yoon s'y trouvait vendredi avec d'autres responsables qui ont présenté leurs excuses pour la catastrophe, dont le chef de la police nationale et le ministre de l'Intérieur.

"En tant que président responsable de la vie et de la sécurité de la population, je suis profondément attristé et désolé", a-t-il alors déclaré.

"Je sais que notre gouvernement et moi (...) avons l'énorme responsabilité de nous assurer qu'une telle tragédie ne se reproduise jamais".

Le président sud-coréen bataille contre un taux de popularité au plus bas depuis son arrivée au pouvoir en mai, et ses opposants s'en prennent maintenant au gouvernement pour la bousculade meurtrière de Halloween.

Une association liée au principal parti d'opposition organise nombre de commémorations samedi à travers le pays, y compris à Séoul, Busan, Gwangju et Jeju.

Une autre organisation de jeunes Coréens a prévu sa propre commémoration dans un autre endroit de la capitale sud-coréenne.

Fin du deuil national

Le deuil national décrété en Corée du Sud prend fin samedi, au terme d'une semaine pendant laquelle les drapeaux étaient en berne et les événements, annulés.

La manière dont la foule à Itaewon a été gérée ce soir-là à Itaewon est examinée de près tandis que des enquêtes tentent d'éclaircir la cause exacte de la bousculade.

Des retranscriptions des appels d'urgence, obtenues par l'AFP, montrent que nombre d'entre eux  passés des heures avant la catastrophe font part d'une inquiétude grandissante face à la densité de la foule à Itaewon.

En l'absence d'organisateur unique pour les célébrations de Halloween, le gouvernement n'avait pas demandé aux bars, discothèques et restaurants de lui soumettre de plan de gestion de crise dans un quartier constitué de ruelles étroites et d'allées en pente.

Et bien qu'une affluence sans-précédent de 100.000 personnes ait été estimée, la police n'avait déployé que 137 agents à Itaewon, pendant qu'au même moment quelque 6.500 policiers étaient mobilisés dans un autre quartier de la ville pour une manifestation anti-gouvernementale de moindre taille.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Short Url
  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.