TotalEnergies reste en Russie pour le « bien-être» de l'Europe, affirme son PDG

Le président-directeur général de Total Energies Patrick Pouyanne s'exprime lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale à Paris, le 9 novembre 2022. (Photo, AFP)
Le président-directeur général de Total Energies Patrick Pouyanne s'exprime lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale à Paris, le 9 novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 novembre 2022

TotalEnergies reste en Russie pour le « bien-être» de l'Europe, affirme son PDG

  • « Si nous continuons à rester en Russie, c'est parce que nous avons un contrat de gaz naturel liquéfié, et c'est pour le bien-être des populations européennes, pour assurer la sécurité d'approvisionnement de l'Europe»
  • Le PDG a toutefois minimisé le poids de la Russie, « pas importante» pour l'entreprise, qui pourrait d'ailleurs en partir « demain matin» selon lui

PARIS: Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a défendu mercredi devant les députés français le maintien du contrat de gaz naturel liquéfié (GNL) conclu par son groupe avec la Russie, affirmant qu'il servait avant tout au "bien-être" des Européens.

Pour contrer le tarissement du gaz russe acheminé par gazoduc, l'Europe qui en était très dépendante a dû diversifier ses approvisionnements en recourant au gaz naturel liquéfié (GNL), en provenance des Etats-Unis mais aussi de Russie notamment.

Ce contrat est "uniquement justifié par la responsabilité d'amener du GNL en Europe", a souligné le PDG de TotalEnergies devant les députés de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

"Si nous continuons à rester en Russie, c'est parce que nous avons un contrat de gaz naturel liquéfié, et c'est pour le bien-être des populations européennes, pour assurer la sécurité d'approvisionnement de l'Europe", a-t-il dit.

Pendant plus de deux heures, M. Pouyanné a été passé sur le gril des questions des parlementaires de l'Assemblée nationale sur ses projets et intérêts parfois controversés à l'étranger, comme en Russie mais aussi en Ouganda et en Tanzanie.

Le PDG a toutefois minimisé le poids de la Russie, "pas importante" pour l'entreprise, qui pourrait d'ailleurs en partir "demain matin" selon lui.

"Depuis le début de l'année, nous nous sommes désengagés progressivement de tous les projets qui avaient uniquement une vocation domestique, nous en sommes sortis", a-t-il assuré.

Il ne reste selon lui "qu'une participation dans l'usine de Yamal LNG, et ce fameux contrat de GNL" qui est "européen".

"La Russie, cette année, c'est 2% de notre cashflow, si vous pensez que le PDG de TotalEnergies n'a pas envie d'arrêter cette situation pour 2%... mais aujourd'hui pour arrêter ce contrat unilatéralement, je ne sais pas le faire car j'ai un engagement d'enlèvement de ce GNL", a développé M. Pouyanné.

"Si nous l'arrêtons, la situation de l'Europe qui a cette année importé 70% du GNL russe ne s'améliorera pas du tout", a-t-il poursuivi.

"Il y a deux solutions pour en sortir: soit la Russie nous exproprie, soit l'Europe décide de sanctionner le gaz russe", a-t-il ajouté.

M. Pouyanné a estimé en outre que "la vision du camp occidental sur le conflit (en Ukraine) n'était pas du tout partagée par l'immense majorité du reste du monde qui nous regarde comme si on en était coresponsable, parce qu'on n'aurait pas fait ce qu'il fallait".


Le Français Sébastien Raoult sera présenté à une juge américaine vendredi

Paul Raoult, 63 ans, le père de Sébastien Raoult détenu, montre un téléphone portant le portrait de son fils à Epinal, dans l'est de la France, le 1er août 2022. (Photo, AFP)
Paul Raoult, 63 ans, le père de Sébastien Raoult détenu, montre un téléphone portant le portrait de son fils à Epinal, dans l'est de la France, le 1er août 2022. (Photo, AFP)
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  • Le jeune homme de 21 ans a été inculpé en juin par la justice américaine avec deux autres ressortissants français
  • Sébastien Raoult, arrêté le 31 mai à l'aéroport de Rabat-Salé à la demande de la justice américaine, a été extradé mercredi par le Maroc

WASHINGTON: Le Français Sébastien Raoult, extradé mercredi du Maroc vers les Etats-Unis, sera présenté vendredi à une juge fédérale à Seattle (nord-ouest) pour se voir notifier les charges pesant contre lui, a annoncé le procureur en charge du dossier.

Le jeune homme de 21 ans a été inculpé en juin par la justice américaine avec deux autres ressortissants français, Gabriel Bildstein, 23 ans et Abdel-Hakim El-Ahmadi, 22 ans, précise le procureur Nick Brown dans un communiqué.

Les trois hommes sont accusés d'avoir formé le groupe de hackeurs "ShinyHunters" et d'avoir, à partir de 2020, dérobé des données confidentielles à 60 entreprises, dont certaines situées dans la région de Seattle, pour les revendre sur le darkweb.

L'acte d'accusation, rendu public jeudi, détaille avec précision le modus operandi de ce groupe de pirates informatiques.

D'après ce document, les "ShinyHunters" avaient créé des sites internet ressemblant aux pages d'authentification d'entités réelles. Avec des emails de hameçonnage, ils attiraient les employés de ces organisations vers ces pages et récupéraient leurs identifiants.

Une fois dans les systèmes informatiques de leurs victimes, ils copiaient les fichiers clients et les informations financières, qu'ils mettaient ensuite en vente sur des plateformes comme "Raidforums et EmpireMarket, connues pour abriter des cybercriminels et des activités illégales".

Parfois, ils faisaient chanter leurs victimes, exigeant une rançon en cryptomonnaies pour ne pas mettre leurs données sur le marché.

Afin d'accroître leurs notoriété et leur profits, ils ont communiqué avec des médias et posté, à une occasion, un message revendicatif sur le site d'une de leur victime.

Selon différents experts, ils ont pris pour cible le compte de Microsoft sur la plateforme de partage de code informatique Github, le site d'e-commerce indonésien Tokopedia, la marque de vêtement américaine Bonobos ou encore l'opérateur téléphonique américain AT&T.

Les autorités américaines assurent que les trois Français se cachaient derrière ce groupe, et dit les avoir identifiés sur la base d'adresses IP, de comptes reliés et de discussions sur des forums.

Ils font face à neuf chefs d'inculpation, notamment pour association de malfaiteurs, fraude informatique, usurpation d'identité, passibles chacun de peines allant de 2 à 27 ans de prison.

Sébastien Raoult, arrêté le 31 mai à l'aéroport de Rabat-Salé à la demande de la justice américaine, a été extradé mercredi par le Maroc, malgré les vives protestations de sa famille et de son avocat.

Gabriel Bildstein avait été jugé en France en 2019 pour le piratage de la chaîne Vevo et du tube Despacito sur Youtube. Atteint d'un autisme Asperger, il avait été déclaré pénalement irresponsable. Il est toujours poursuivi dans le cadre de l'enquête sur le piratage de la plateforme de cryptomonnaie Gatehub.


Le fils d'Eric Dupond-Moretti soupçonné de violences conjugales

Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 22 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 22 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • Selon la chaîne TF1, Raphaël Dupond-Moretti aurait été placé en garde à vue dans la station de ski huppée de Courchevel (Savoie)
  • « En tant que père, je suis dévasté. J'ai une pensée pour la victime. Chaque violence, quelle qu'elle soit, est intolérable», a réagi le ministre

GRENOBLE: Une "enquête" pour des soupçons de violences conjugales a été ouverte à l'encontre du fils du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, qui a réagi vendredi en se disant "dévasté en tant que père".

"Une enquête impliquant le fils du ministre de la Justice Dupond-Moretti est en cours pour des faits de violence conjugale", a appris l'AFP de source proche du dossier.

Selon la chaîne TF1, Raphaël Dupond-Moretti aurait été placé en garde à vue dans la station de ski huppée de Courchevel (Savoie). Le parquet d'Albertville n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP dans l'immédiat.

"En tant que père, je suis dévasté. J'ai une pensée pour la victime. Chaque violence, quelle qu'elle soit, est intolérable", a réagi le ministre.

"En tant que ministre, je n'ai cessé de lutter contre les violences faites aux femmes et pour que leur parole soit prise en compte. En tant que citoyen, je demande qu'on respecte ma vie familiale. Il appartient désormais à la justice de faire son travail", a-t-il ajouté.


Espionnage de salariés chez Ikea France: peine réduite pour un ancien PDG

Une photo prise le 6 mai 2019 montre une vue du nouveau concept store Ikea de centre-ville, place Madeleine à Paris. (AFP / Thomas SAMSON)
Une photo prise le 6 mai 2019 montre une vue du nouveau concept store Ikea de centre-ville, place Madeleine à Paris. (AFP / Thomas SAMSON)
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  • La Cour d'appel de Versailles (ouest de Paris) a relaxé l'ex PDG, Jean-Louis Baillot, du chef «recel de données à caractère personnel par un moyen frauduleux»
  • Elle l'a reconnu coupable de «complicité de collecte de données personnelles» concernant le cas d'une cadre en 2008

VERSAILLES : Un ancien Président directeur-général de la filiale française d'Ikea a vu sa peine réduite en appel à quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende dans une affaire d'espionnage de salariés entre 2009 et 2012.

La Cour d'appel de Versailles (ouest de Paris) a relaxé l'ex PDG, Jean-Louis Baillot, du chef «recel de données à caractère personnel par un moyen frauduleux» et l'a reconnu coupable de «complicité de collecte de données personnelles» concernant le cas d'une cadre en 2008.

«La cour d'appel a relaxé mon client d'une organisation d'un système d'espionnage mais il demeure condamné pour le cas d'une cadre», a réagi auprès de l'AFP son avocat Me François Saint-Pierre. «C'est une décision très favorable par rapport au premier jugement mais qui, je le regrette, ne le relaxe complètement».

La filiale française d'Ikea, entreprise d'origine suédoise spécialisée dans la conception et la  vente de mobilier et objets de décoration prêts à poser ou à monter en kit, dont le siège social se trouve aux Pays-Bas, avait été condamné en juin 2021 à une amende d'un million d'euros, mais n'avait pas fait appel.

Ikea France avait comparu pendant deux semaines en mars 2021 devant le tribunal correctionnel de Versailles aux côtés d'une quinzaine de personnes physiques - hauts cadres, directeurs de magasins et policiers - face à quelque 120 parties civiles dont des syndicats.

Des centaines d'employés, entre 2009 et 2012, avaient été passés au crible, leur patrimoine, vie privée et antécédents judiciaires scrupuleusement épluchés.

En septembre, lors du procès en appel, l'avocat général avait requis la confirmation de la peine prononcée en première instance contre M. Baillot, soit deux ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Jean-Louis Baillot, ex-PDG de la filiale française de l'ameublement, Dariusz Rychert, directeur administratif et financier de l'époque, Jean-Pierre Fourès, ancien patron de la société d'investigation privée Eirpace et Richard Jimenez, directeur de magasin Ikea, avaient comparu devant la Cour d'appel de Versailles après avoir contesté leur condamnation en juin 2021.

Vendredi, Jean-Pierre Fourès a été condamné en appel à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.

A la barre en mars 2021, l'ancien directeur de la gestion des risques Jean-François Paris avait reconnu envoyer des listes de salariés «à tester» à Jean-Pierre Fourès, alors directeur d'Eirpace et ex-policier des Renseignements généraux.

Ce dernier est soupçonné d'avoir demandé à son réseau de consulter illégalement des fichiers de police pour recueillir des données confidentielles sur les salariés.

Le directeur de magasin Richard Jimenez a été relaxé vendredi par la Cour d'appel de Versailles, tout comme Dariusz Rychert, ancien directeur administratif et financier.