Washington dénonce la visite d'un dirigeant israélien d'extrême droite à un mémorial controversé

Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price (Photo, AFP).
Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 11 novembre 2022

Washington dénonce la visite d'un dirigeant israélien d'extrême droite à un mémorial controversé

  • Les Etats-Unis avaient désigné Kahane Chai, une ramification du mouvement Kach, comme une organisation terroriste étrangère en 1997
  • Meir Kahane est un ancien rabbin né aux États-Unis et ancien député israélien qui prônait l'expulsion des Arabes d'Israël

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont jugé "répugnante" jeudi la participation du ténor de l'extrême droite israélienne Itamar Ben Gvir, qui pourrait occuper un poste important dans le prochain gouvernement de Benjamin Netanyahu, à un mémorial en hommage au rabbin extrémiste Meir Kahane.

"Célébrer l'héritage d'une organisation terroriste est répugnant. Il n'y a pas d'autre mot", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, interrogé sur cette visite lors d'un point de presse.

Les Etats-Unis restent "préoccupés, comme nous l'avons déjà dit, par l'héritage laissé par Kahane Chai et l'usage persistant de rhétorique d'extrême-droite", appelant par ailleurs "toutes les parties à la retenue et à s'abstenir d'actions qui ne peuvent qu'exacerber les tensions".

Connu pour ses diatribes anti-arabes, Itamar Ben Gvir convoite le ministère de la Sécurité intérieure, un poste clé à l'avant-scène du conflit israélo-palestinien qui connait ses violences les plus importantes depuis sept ans.

Lors de la cérémonie qui s'est tenue jeudi à Jérusalem, il a déclaré que "la principale caractéristique du rabbin Kahane c'était l'amour (...). L'amour d'Israël sans compromis ou d'autres considérations", selon la presse israélienne.

Mais il s'est fait huer lorsqu'il a dit ne pas "soutenir l'expulsion de tous les Arabes".

Dans un récent entretien à l'AFP, il assurait avoir "changé (...) je disais il y a 20 ans qu'il fallait expulser tous les Arabes, je ne le pense plus, mais je ne vais pas m'excuser".

Itamar Ben Gvir puise son idéologie dans celle du rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le mouvement Kach a été banni en Israël après l'assassinat en 1994 de 29 Palestiniens en train de prier à Hébron, en Cisjordanie, par un de ses sympathisants, Baruch Goldstein.

Les Etats-Unis avaient désigné Kahane Chai, une ramification du mouvement Kach, comme une organisation terroriste étrangère en 1997. Meir Kahane est un ancien rabbin né aux États-Unis et ancien député israélien qui prônait l'expulsion des Arabes d'Israël. Il a été assassiné à New York en 1990.


Possible réintégration de la Russie aux JO-2024: Kiev menace d'un boycott, d'autres pays opposés

Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
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  • Le Comité international olympique avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être «davantage explorés»
  • «Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport», a estimé le Comité

PARIS: Kiev a menacé jeudi de boycotter les Jeux olympiques de 2024 à Paris si le Comité international olympique (CIO) décidait de permettre aux athlètes russes et bélarusses, bannis de la plupart des compétitions internationales sous leurs bannières depuis l'invasion russe de l'Ukraine, d'y participer.

"Une telle situation est inacceptable pour notre Etat", a réagi le ministre ukrainien des Sports Vadym Goutzeït.

"Notre position reste inchangée: tant que la guerre continue en Ukraine, les athlètes russes et bélarusses ne devraient pas participer aux compétitions internationales", a-t-il dit sur Facebook.

"Si nous ne sommes pas entendus, je n'exclus pas la possibilité que nous boycottions et refusions de participer aux Jeux olympiques" 2024, a-t-il affirmé, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est fermement opposé à toute tentative de réintégrer Moscou et Minsk.

Le CIO avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être "davantage explorés".

"Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport", a estimé le Comité, s'attirant les foudres de l'Ukraine et d'autres pays européens.

Le Conseil olympique d'Asie (COA) a de son côté proposé jeudi d'intégrer ces athlètes à ses compétitions régionales comme les Jeux asiatiques en exprimant son soutien à la position du CIO.

La proposition du COA pourrait notamment permettre aux athlètes bannis de participer à ses épreuves régionales de qualifications, dont certaines ont déjà commencé, pour les JO-2024.

Michelle Donelan, La ministre britannique de la Culture également chargée des Sports, a de son côté estimé que l'initiative du CIO était "très éloignée des réalités de la guerre".


Le Canada nomme sa première conseillère chargée de la lutte contre l’islamophobie

Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
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  • La nomination d’Amira Elghawaby «est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes», a déclaré Justin Trudeau
  • «L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela», a-t-il ajouté

MONTRÉAL: Le Canada a nommé jeudi sa toute première conseillère chargée de la lutte contre l'islamophobie, dans un pays marqué par une série d'attaques visant des communautés musulmanes ces dernières années.

La nomination d’Amira Elghawaby, une activiste et journaliste reconnue, "est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

"L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela", a-t-il ajouté.

Mme Elghawaby jouera le rôle de "porte-parole, conseillère, experte et représentante" auprès du gouvernement dans l'élaboration de politiques reflétant la réalité des communautés musulmanes, précise un communiqué.

"J'ai hâte de rencontrer les élus, les décideurs et les leaders communautaires de tout le pays afin d'amplifier la voix des musulmans canadiens", a déclaré sur Twitter celle qui dirige les communications de la Fondation canadienne des relations raciales.

"Aujourd'hui, nous marquons un moment historique pour les musulmans au Canada", a réagi dans un communiqué le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC).

"Il y a des changements urgents à réaliser, qu'il s'agisse d'améliorer la supervision de nos agences de sécurité nationale ou d'empêcher nos organisations communautaires de faire l'objet de contrôles injustes", a souligné Stephen Brown, PDG du CNMC.

Dans une série de tweets, Amira Elghawaby a également rappelé le nom des membres de communautés musulmanes tués lors d'actes islamophobes ces dernières années.

En juin 2021, quatre membres d'une famille musulmane ont été tués lorsqu'un homme les a renversés avec son camion à London, en Ontario. Quatre ans plus tôt, six musulmans avaient péri et cinq avaient été blessés dans une attaque contre une mosquée de Québec.

Cette nomination fait suite aux recommandations formulées lors d'un sommet national sur l'islamophobie organisée par le gouvernement fédéral en juin 2021 en réponse à ces attaques.


Mystérieuse explosion au Nigeria: Le bilan le monte à 40 morts

'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
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  • Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane
  • Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes

LAFIA: Le bilan de la mystérieuse explosion de bombe qui a frappé mercredi un groupe d'éleveurs dans le centre du Nigeria est monté à 40 morts, contre 27 précédemment, a annoncé jeudi le gouvernement local.

"Nous avons maintenant autour de 40 personnes qui ont été tuées" par cette explosion survenue à Rukubi, à la frontière entre les Etats de Nasarawa et Benue, dans une région en proie à des violences communautaires, a déclaré le gouverneur de Nasarawa, Abdullahi Sule.

Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane.

"Il y a eu un peu plus tôt une rumeur que l'aviation a mené ce bombardement, mais nous savons maintenant qu'il n'y a eu aucun survol de l'aviation" au-dessus de cette région, avait déclaré un peu plus tôt M. Sule à la chaîne de télévision Arise News.

"C'est un drone qui a survolé la zone et lâché la bombe", a-t-il affirmé, sans dire qui le commandait.

Le porte-parole de l'armée de l'Air nigériane n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur le sujet.

"C'était une frappe aérienne. Elle a tué 27 personnes" du groupe, avait déclaré mercredi Lawal Dano, membre de l'association des éleveurs de bétails du Nigeria, Miyetti Allah.

"Nous savons tous que seuls les militaires possèdent des avions pour effectuer des frappes aériennes, et nous appelons à une enquête approfondie et à des sanctions nécessaires pour ceux qui sont derrière cela", avait-il ajouté.

Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes et des bandes criminelles.

Les différends entre éleveurs de bétail et agriculteurs concernant les droits fonciers, de pâturage et d'eau sont courants dans les régions du centre et du nord-ouest du Nigeria.

La semaine dernière, neuf personnes ont ainsi été tuées par des hommes armés à proximité d'un camp de personnes déplacées, selon les autorités de l'Etat de Benue.

Les tensions, dont les racines remontent à plus d'un siècle, sont provoquées par les sécheresses, la croissance démographique, l'expansion de l'agriculture sédentaire et la mauvaise gouvernance.

Ces dernières années, ces conflits ont parfois pris une dimension ethnique et religieuse, les éleveurs peuls étant musulmans et les agriculteurs majoritairement chrétiens.

L'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria. Comme le veut la Constitution, le chef de l'Etat Muhammadu Buhari, ancien général élu en 2015 puis réélu en 2019, ne se représente pas.