Londres accuse Téhéran de menacer des journalistes basés au Royaume-Uni

«J'ai convoqué le chargé d'affaires iranien après que des journalistes travaillant au Royaume-Uni ont été l'objet de menaces de mort en provenance d'Iran», a tweeté le chef de la diplomatie britannique James Cleverly (Photo, AFP).
«J'ai convoqué le chargé d'affaires iranien après que des journalistes travaillant au Royaume-Uni ont été l'objet de menaces de mort en provenance d'Iran», a tweeté le chef de la diplomatie britannique James Cleverly (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 12 novembre 2022

Londres accuse Téhéran de menacer des journalistes basés au Royaume-Uni

  • Iran International a rapporté lundi que deux de ses journalistes travaillant au Royaume-Uni ont reçu des menaces de mort
  • Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, au moins 304 personnes ont été tuées depuis la mi-septembre dans les manifestations à travers l'Iran

PARIS: Le gouvernement britannique a accusé vendredi l'Iran d'avoir proféré des menaces de mort à l'encontre de journalistes basés au Royaume-Uni, alors que la répression visant les manifestants dans la République islamique a fait plus de 300 morts en plus de sept semaines.

En Iran, de nouvelles manifestations ont eu lieu vendredi après la prière hebdomadaire au Sistan-Baloutchistan (sud-est), six semaines après la répression mortelle d'une manifestation à Zahedan, chef-lieu de la province.

"J'ai convoqué le chargé d'affaires iranien après que des journalistes travaillant au Royaume-Uni ont été l'objet de menaces de mort en provenance d'Iran", a tweeté le chef de la diplomatie britannique James Cleverly.

Cette convocation intervient alors qu'une chaîne de télévision en persan basée à Londres – Iran International – a rapporté lundi que deux de ses journalistes travaillant au Royaume-Uni ont reçu des menaces de mort de la part des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

L'Iran est secoué par une vague de manifestations déclenchée par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment le port du voile pour les femmes.

Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, au moins 304 personnes ont été tuées depuis la mi-septembre dans les manifestations à travers l'Iran, près du tiers ayant péri à Zahedan le 30 septembre.

Ce jour-là, les forces de sécurité ont tué plus de 90 personnes dans le chef-lieu du Sistan-Baloutchistan lors d'une manifestation contre le viol présumé d'une adolescente de 15 ans imputé à un policier, toujours selon IHR.

«Mort à Khamenei»

Vendredi, des centaines de personnes ont manifesté à Zahedan à l'occasion du 40e jour de deuil marquant cette journée, baptisée "Vendredi sanglant" par les défenseurs des droits humains.

"Mort à Khamenei", ont scandé, en référence au guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, les protestataires, d'après une vidéo publiée par IHR.

Toujours au Sistan-Baloutchistan, des manifestations ont eu lieu aussi dans la ville de Khash alors que des dizaines de policiers antiémeute ont été déployés face aux protestataires rassemblés à Iranshahr, non loin de la frontière avec le Pakistan, selon des vidéos en ligne vérifiées par l'AFP.

Le média en ligne 1500tasvir a diffusé une vidéo présentée comme montrant les forces de sécurité faisant usage de gaz lacrymogènes à Iranshahr pour disperser les manifestants.

Les "contrerévolutionnaires qui voulaient créer des troubles à Zahedan (...) ont échoué", a pour sa part affirmé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Les fidèles de la mosquée Maki, la plus grande mosquée sunnite du pays sont rentrés chez eux sans incident, à part quelques-uns qui ont scandé des slogans anti-gouvernementaux", a ajouté l'agence, affirmant que d'autres "petits rassemblements" ont eu lieu à Khash, Iranshahr et Rask, au sud de Zahedan.

Amnesty International a affirmé que plus de 100 manifestants ont été tués par les forces de sécurité au Sistan-Baloutchistan depuis le 30 septembre, mais estime que le bilan pourrait être plus élevé.

Mahsa Amini au Mondial

Selon IHR, des milliers de manifestants ont été arrêtés depuis le début du mouvement de contestation, et des dizaines ont été inculpés de crimes passibles de la peine de mort.

Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a accusé "un petit nombre de gouvernements occidentaux (...) d'encourager la violence et d'apprendre (aux manifestants) à fabriquer des armes et des cocktails Molotov en Iran", lors d'un entretien téléphonique jeudi avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

À l'étranger, l'Allemagne et l'Islande ont réclamé une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur l'Iran, alors que des experts désignés par cet organisme ont appelé vendredi Téhéran "à cesser d'inculper des personnes pour des crimes punis de la peine de mort", réclamant "la libération immédiate des manifestants privés arbitrairement de leur liberté".

À Paris, le président français Emmanuel Macron a reçu des militantes iraniennes et a salué la "révolution qu'elles sont en train de conduire".

Le chef de la diplomatie lituanienne, Gabrielius Landsbergis, en visite à Berlin, a pour sa part déclaré que les ministres des Affaires étrangères de l'UE discuteraient lundi de l'imposition de nouvelles sanctions contre l'Iran.

Par ailleurs, à neuf jours du coup d'envoi du Mondial au Qatar, des militants des droits humains ont appelé les supporters de football à scander le nom de Mahsa Amini à la 22e minute de chaque match disputé par l'équipe d'Iran, en référence à son âge.

"Aidez-nous à immortaliser #MahsaAmini et notre combat contre ce régime brutal", a écrit sur Twitter Masih Alinejad, l'une des militantes iraniennes reçues à l'Elysée vendredi.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.