Reconfinement, Black Friday, Noël: la filière logistique est-elle armée?

Sapin de Noël près de la mairie de Paris en décembre 2019 (Aurore Mesenge / AFP)
Sapin de Noël près de la mairie de Paris en décembre 2019 (Aurore Mesenge / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 13 novembre 2020

Reconfinement, Black Friday, Noël: la filière logistique est-elle armée?

  • Commander en ligne pour éviter la cohue en magasins ? Attendre que ses commerces favoris puissent rouvrir ? Les études effectuées par les professionnels ne vont pas toutes dans le même sens
  • La Poste prévoit de devoir prendre en charge jusqu'à 4 millions de colis certains jours, contre 3,1 millions à la même période en 2019

PARIS : Entre crise sanitaire, reconfinement et essor de la vente en ligne, la fin d'année 2020 devrait voir circuler en France des volumes sans précédent de colis en tout genre, posant la question du juste dimensionnement d'une filière logistique déjà mise à rude épreuve par le premier confinement.

"La seule date connue, c'est Noël qui tombera le 24 décembre" : Jean-Sébastien Leridon, directeur général de Relais Colis, résume l'épineuse équation que doivent résoudre les professionnels de la logistique. Ils n'ont pas de visibilité sur le déconfinement ou la réouverture des magasins. "Et plus les choses se mettront en place tardivement, plus ce sera compliqué."

Le Premier ministre Jean Castex a en effet seulement indiqué jeudi que si "la tendance observée ces derniers jours se confirme", de "premières mesures d'allègement pourraient intervenir à compter du 1er décembre", "strictement limitées aux commerces que nous avons dû fermer à compter du confinement".

"Octobre était un mois extraordinaire. S'il n'y avait pas eu ce deuxième confinement, je pense que novembre et décembre auraient été encore plus porteurs", mais "avec ce qui vient de nous tomber sur la tête, il est clair que les consommateurs se grattent la tête", note Antoine Pottiez, président de Mondial Relay.

Commander en ligne pour éviter la cohue en magasins ? Attendre que ses commerces favoris puissent rouvrir ? Les études effectuées par les professionnels ne vont pas toutes dans le même sens.

"On voit que les achats de Noël ont déjà commencé, que les consommateurs ont anticipé les achats", souligne quand même Sylvain Gasquet, directeur Distribution & biens de grande consommation chez le cabinet de conseil AlixPartners.

100 millions de colis

Sur la chaîne logistique, "pour le moment, il y a moins d'à-coups que lors du confinement précédent", observe Jean-Sébastien Leridon.

Au printemps en effet, la livraison des achats en ligne "a été une des difficultés" en France, où "on a eu le plus de perturbations postales, bien plus qu'en Italie, Grande-Bretagne ou Espagne", a signalé à l'AFP Céline Saada-Benaben, directrice générale d'eBay France.

Si elle "s'attend à un décalage léger des délais de livraison", elle "espère qu'avec l'expérience passée, différentes mesures auront pu être prises au niveau de La Poste pour assurer la continuité de service" et permettre aux cadeaux d'arriver à temps au pied du sapin.

Selon le directeur général de Colissimo Xavier Mallet, plus de 100 millions de colis au total pourraient transiter par les services de La Poste "pendant cette période de novembre/décembre", contre 80 millions l'année précédente.

La Poste prévoit de devoir prendre en charge jusqu'à 4 millions de colis certains jours, contre 3,1 millions à la même période en 2019. Pour digérer cette forte progression, elle a annoncé "plus de 100.000 facteurs, livreurs et chargés de clientèle en bureaux de poste" mobilisés, auxquels s'ajoutent "plus de 9.000 emplois saisonniers".

"Très compliqué"

Sylvain Gasquet est rassurant sur la capacité de la chaîne logistique à encaisser le surplus de colis : "il est possible de rajouter de la capacité de préparation" et de "sécuriser les ressources supplémentaires en termes de transport", estime-t-il.

Toutefois, le goulot d'étranglement pourrait être sur "les petits formats de livraison urbaine, en charge du dernier kilomètre".

Pour limiter le nombre de livraisons à effectuer, Axel Culoz, spécialiste de la logistique chez AlixPartners, souligne l'importance du "click & collect", le retrait en magasin des commandes passées en ligne, ainsi que de la livraison en point relais, où les logisticiens peuvent livrer un grand nombre de colis en même temps.

Or contrairement au premier confinement, ces points relais restent en grande majorité accessibles. "Quand on a fermé au mois de mars, tous les colis en e-commerce se sont reportés sur des sociétés comme la Poste, qui a explosé en vol", rappelle aussi Antoine Pottiez, de Mondial Relay.

Qui conclut que si "on a toujours l'impression que le e-commerce, c'est magique, et que la livraison c'est simple", c'est en réalité "très compliqué".

"On nous demande d'aller vite, de livrer propre, de respecter les rendez-vous"... et de ne surtout pas gâcher Noël.

 


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
Short Url
  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.