Cryptomonnaies: après la faillite de FTX, le secteur joue sa survie

Le logo de la crypto-monnaie FTX (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 16 novembre 2022

Cryptomonnaies: après la faillite de FTX, le secteur joue sa survie

  • Les cryptomonnaies sont déjà en convalescence d'une crise similaire au premier semestre quand la cryptomonnaie Terra avait vu son cours s'écrouler, entraînant le bitcoin dans sa chute
  • La faillite de FTX, encore considérée début novembre comme l'une des plateformes les plus fiables, rappelle aux investisseurs l'incertitude qui règne dans le secteur

LONDRES: La faillite de la plateforme FTX sape la confiance des investisseurs et menace le jeune secteur des cryptomonnaies, poussant ses principaux acteurs à se mobiliser pour le sauvegarder.

Le patron de la plus grande plateforme d'échanges de cryptomonnaies, Binance, faisait tout pour rassurer mardi: "les projets qui survivront cette période difficile seront beaucoup plus forts dans le futur", a ainsi affirmé Changpeng Zhao en réponse à des questions d'internautes sur Twitter.

Mais pour l'instant, le marché tangue. L'ensemble des cryptomonnaies est évalué à 870 milliards de dollars, selon les données de Coingecko, un site qui recense plus de 13 000 d'entre elles à travers 600 échanges.

Il y a moins de dix jours, c'était plus de 1 000 milliards de dollars, et à son plus haut il y a un an, 3 000 milliards, dont la plus grande partie se sont évaporés avec l'effondrement des cours du bitcoin (-74% sur un an), mais aussi de l'Ethereum (-73%) ou du Dogecoin (-67%).

La faillite de FTX, encore considérée début novembre comme l'une des plateformes les plus fiables, rappelle aux investisseurs l'incertitude qui règne dans le secteur.

Mais elle a aussi un effet plus direct: la compagnie doit liquider ses cryptoactifs et ses participations dans des entreprises pour rembourser ses créanciers, inondant le marché.

Et les cryptomonnaies sont déjà en convalescence d'une crise similaire au premier semestre quand la cryptomonnaie Terra avait vu son cours s'écrouler, entraînant le bitcoin dans sa chute.

Crypto-Lehman

Mais cette fois-ci, FTX était un acteur encore plus important.

"Il y a des parallèles à faire avec Lehman Brothers", le géant de Wall Street dont la faillite en 2008 avait amplifié la crise financière, s'inquiète Walid Koudmani, analyste chez XTB, qui confirme à l'AFP que la question d'une fin pure et simple des cryptomonnaies peut se poser.

Le plongeon des cryptomonnaies intervient toutefois dans un marché mondial en hausse, et semble indiquer que les cryptoactifs ne sont pas encore corrélés de manière significative à l'économie réelle.

"Je ne pense pas que l'industrie ou le concept" des cryptomonnaies "va cesser d'exister", tempère-t-il cependant.

Pour beaucoup d'observateurs, la survie du secteur passera par un assagissement, loin des idéaux décentralisés et dérégulés des premières heures.

Déjà, en 2017, le bitcoin avait vu son prix s'envoler avant de s'écrouler, mais après plusieurs années de vaches maigres, surnommées "crypto hiver", il était reparti de plus belle fin 2020, montant jusqu'à un record de presque 65 000 dollars début 2021.

Marion Laboure, analyste chez Deutsche Bank, estime dans une note que les déboires de FTX permettront d'assainir le secteur: "nous pensons que ce second +crypto hiver+ sera positif car la chute de FTX va pousser l'écosystème crypto à adopter des normes et une forme d'autorégulation "s'apparentant à la finance traditionnelle".

Pour l'instant, "la concentration du marché est plus forte que jamais, avec Binance comme grand gagnant", remarque-t-elle.

Plateformes instables

Reste à savoir si les principaux acteurs actuels, les plateformes d'échanges comme Binance ou Coinbase, feront partie des survivants.

Elles permettent aux utilisateurs d'acheter et de vendre des cryptoactifs, mais proposent également des produits dérivés plus ou moins complexes sur ces actifs déjà très volatils, et sont au coeur de l'écosystème.

Mais elles sont souvent basées dans des régions aux législations souples: FTX a son siège social aux Bahamas, tandis que Binance n'a pas de siège centralisé, rendant le travail des régulateurs difficile.

La faillite de FTX pousse certains utilisateurs à retirer leurs fonds car ils craignent que leur plateforme d'achat ait également utilisé leurs cryptoactifs pour investir.

"Il faut se méfier des plateformes, car ce qu'on voit, c'est l'équivalent d'une panique bancaire", prévient M. Koudmani.

Parmi les plateformes dans la tourmente, la plus importante est désormais Crypto.com, dont le patron a reconnu un transfert d'un portefeuille interne vers l'extérieur de plusieurs centaines millions de dollars, mais affirme avoir récupéré les fonds.

Binance assure pour sa part avoir les liquidités nécessaires pour faire face à la crise, et se dit prêt à en publier des "preuves", et dit ne pas prêter l'argent de ses clients à leur insu.

M. Zhao a annoncé lundi le lancement d'un fonds de recours et aussi proposé la création d'un corps d'industrie qui regrouperait les plus grands acteurs du secteur.

Mais il avait aussi affirmé qu'il allait secourir FTX en début de semaine dernière, avant d'abandonner devant l'ampleur de la tâche.


L'économie du premier État saoudien a jeté les bases de la stabilité moderne

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
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  • Le commerce a repris dans la péninsule arabique, selon un historien
  • La ville de Diriyah est considérée comme un centre politique et commercial de premier plan

RIYAD: L'économie du premier État saoudien a servi de pilier fondamental à la construction de la nation, à la consolidation de son influence et à la garantie de sa stabilité, a récemment rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les principales caractéristiques de cette économie sont décrites dans le livre "Diriyah : Origins and Development during the First Saudi State", du Dr Abdullah Al-Saleh Al-Othaimeen, a rapporté la SPA.

Les mesures prises à l'époque ont permis d'assurer la sécurité, d'unifier les régions et d'organiser la société. Cela a permis de stimuler le commerce, de stabiliser les marchés et d'améliorer la vie à Diriyah et dans les régions avoisinantes.

arabie saoudite

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenu un centre économique dynamique. (SPA)


L'ouvrage, publié par la Fondation du roi Abdulaziz pour la recherche et les archives, explique comment ces actions ont facilité l'arrivée des caravanes, sécurisé de vastes routes commerciales et relancé le commerce dans toute la péninsule arabique.

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. Ses marchés attiraient des marchands et des étudiants de toute la région.

La communauté locale s'appuyait sur diverses activités, notamment le commerce, l'agriculture et l'élevage, les chevaux et les chameaux jouant un rôle crucial dans le transport, le commerce et la sécurisation des routes.

La croissance économique au cours de cette phase de fondation "a consolidé la position de Diriyah en tant que centre politique et commercial de premier plan dans la péninsule arabique", a rapporté l'APS


EDF dévoile ses résultats à l'orée d'une année 2026 décisive

Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
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  • EDF affiche des performances robustes grâce au rebond du nucléaire et à un bénéfice record en 2024, mais reste confronté à une dette élevée, à des besoins d’investissements massifs et à une consommation d’électricité en berne
  • Sous l’impulsion de Bernard Fontana, le groupe mise sur la relance des réacteurs (programme EPR2), la maîtrise des coûts et des investissements « sélectifs », tout en maintenant la stabilité des tarifs pour les ménages en 2026

PARIS: Consommation d'électricité en berne, relance du nucléaire, priorité à l'efficacité: le géant électricien EDF dévoile vendredi ses résultats annuels 2025, à l'orée d'une année 2026 pleine de défis financiers et industriels pour l'entreprise publique.

A quelques semaines du 80e anniversaire de la naissance d'EDF, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bernard Fontana, qui a pris les rênes du groupe il y a dix mois, s'apprête à présenter des résultats solides, fort de la "remontada" de la production nucléaire depuis 2023 et malgré la décrue des prix de l'électricité sur les marchés après la crise énergétique.

En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.

Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur pour leur compétitivité, et de poursuivre la hausse de la production nucléaire.

Au passage, il aura aussi évité l'écueil de la sortie début 2026 du mécanisme de tarification très avantageuse du nucléaire, grâce au recul des cours sur les marchés de gros: les factures des ménages resteront stables en 2026.

En parallèle, EDF et l'Etat se sont entendus sur le partage du financement du nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires EPR2. Sous réserve du feu vert de Bruxelles, EDF pourrait annoncer en fin d'année sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.

Sa publication, la semaine dernière, a mis fin au moins pour un temps aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, cette nouvelle mouture confirme la priorité donnée à l'atome, tout en préservant l'éolien et solaire, plus faciles et rapides à déployer.

Du côté de l'hydraulique, l'horizon se dégage avec l'adoption par les députés d'une proposition de loi visant à relancer les investissements bloqués depuis des années en raison de différends juridiques avec Bruxelles.

- "Sélectifs" -

Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent.

Le groupe est encore lesté d'une dette abyssale (54,3 milliards d'euros à fin 2024), à l'heure où il doit engager 25 milliards d'euros d'investissements par an, et jusqu'à 460 milliards d'ici 2040, selon la Cour des comptes.

Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Pour ce faire, le dirigeant à la réputation de "cost-killer" prévoit un plan d'un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation, ce qui inquiète les salariés.

"Il s'attaque en premier lieu aux fonctions support, pourtant essentielles afin de décharger le travail du personnel dit +opérationnel+... On sent plus une logique guidée par des économies rapides et à tout va plutôt que par un réel retour à plus de sens au travail et de reconnaissance des agents", a déploré Thomas Plancot, de la CGT.

Une formule que le PDG répète à l'envi résume sa priorité: "le lead time", soit une réduction du temps de réalisation des opérations ou des processus. Place "à l'opérationnel et au terrain" et à la simplification, et moins de "réunions préparatoires pour préparer des réunions", résume une source proche de la direction.

Parallèlement, la cession d'actifs dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis, conformément à son objectif d'investissements "sélectifs" à l'international, et l'ouverture du capital d'Edison en Italie, pourraient lui redonner quelques marges de manœuvre.

Car pour investir, EDF va devoir composer, non seulement avec des prix en baisse, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.

Fort de sa production décarbonée, EDF s'efforce de conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), dans les entreprises et parmi les grands industriels qui recherchent de la visibilité à long terme et bientôt dans les centres de données, très gourmands en électricité.


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.