«Glass Onion», un polar Netflix qui dresse des parallèles avec Elon Musk

Le film, qui prend la suite de «A couteaux tirés» (2019), sortira sur la plate-forme le 23 décembre. (Photo, Twitter, @KnivesOut)
Le film, qui prend la suite de «A couteaux tirés» (2019), sortira sur la plate-forme le 23 décembre. (Photo, Twitter, @KnivesOut)
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Publié le Jeudi 17 novembre 2022

«Glass Onion», un polar Netflix qui dresse des parallèles avec Elon Musk

Le film, qui prend la suite de «A couteaux tirés» (2019), sortira sur la plate-forme le 23 décembre. (Photo, Twitter, @KnivesOut)
  • Depuis la première de ce film au festival du film de Toronto en septembre, les spécialistes ont relevé des similitudes entre le personnage et Elon Musk, qui a fondé SpaceX, dirige Tesla et a récemment acheté Twitter
  • Le personnage joué par Edward Norton prend plaisir à déconcerter ceux qui l'entourent avec ses dernières lubies et énigmes

LOS ANGELES: Déjà homme le plus riche du monde, entrepreneur de la tech et dirigeant de l'un des plus influents réseaux sociaux, Elon Musk pourrait, en plus, avoir inspiré le dernier film policier de Netflix, "Glass Onion: Une histoire à couteaux tirés".

Le film, qui prend la suite de "A couteaux tirés" (2019), sortira sur la plate-forme le 23 décembre.

L'acteur Daniel Craig y enfile le costume du détective Benoit Blanc pour enquêter sur un meurtre commis sur une île grecque privée dont le propriétaire est Miles Bron: un milliardaire, entrepreneur audacieux et génie autoproclamé qui a fait fortune grâce à différentes sociétés.

Le personnage joué par Edward Norton prend plaisir à déconcerter ceux qui l'entourent avec ses dernières lubies et énigmes.

Depuis la première de ce film au festival du film de Toronto en septembre, les spécialistes ont relevé des similitudes entre le personnage et Elon Musk, qui a fondé SpaceX, dirige Tesla et a récemment acheté Twitter.

Le magazine américain Vanity Fair a affirmé que le film s'attaquait aux figures de "messies ridicules, et parfois dangereux, de l'industrie technologique", en référence au personnage de Miles Bron, un "mélange" entre Elon Musk et Steve Jobs.

"Si vous voyez des ressemblances, c'est que ce n'est sûrement pas un hasard", s'est amusé à dire Edward Norton mardi lors d'une conférence de presse à Los Angeles.

"Mais je pense aussi que le personnage de Miles est comme cette chanson de Carly Simon qui dit +tu es si prétentieux, tu penses sûrement que cette chanson parle de toi+, et je pense que beaucoup (de milliardaires de la tech) vont penser que c'est à propos d'eux. Et c'est très bien", a-t-il ajouté.

Le scénariste et réalisateur Rian Johnson, qui a écrit et dirigé "Star Wars: les derniers Jedi", a affirmé que le personnage n'était pas inspiré par une seule figure de la vie réelle, car "se moquer d'une personne en particulier n'est pas si pertinent".

Mais il a ajouté que le film traitait de "notre relation, en tant que société", à ces milliardaires à qui on souhaite du mal tout en espérant qu'ils inventent quelque chose susceptible de résoudre tous nos problèmes.

"Glass Onion" sera le premier film Netflix à être diffusé dans un grand nombre de salles aux Etats-Unis, mais seulement pour une semaine, une expérimentation de la plateforme qui cherche à diversifier ses sources de revenus.


Universités, recherche: la résistance anti-ChatGPT grandit

Cette photo prise le 23 janvier 2023 à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, montre des écrans affichant les logos de Microsoft et de ChatGPT, un logiciel d'application d'intelligence artificielle conversationnelle développé par OpenAI. (Photo de Lionel Bonaventure / AFP)
Cette photo prise le 23 janvier 2023 à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, montre des écrans affichant les logos de Microsoft et de ChatGPT, un logiciel d'application d'intelligence artificielle conversationnelle développé par OpenAI. (Photo de Lionel Bonaventure / AFP)
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  • Depuis que ChatGPT et ses textes automatiquement générés sont devenus accessibles au public en novembre, des établissements scolaires inquiets tentent d'empêcher leurs étudiants d'y recourir
  • Les plus prestigieuses universités d’Australie, tout comme des universités américaines, comptent accroître les examens sur place «avec papier et crayon» ou surveiller les écrans pour les étudiants en distanciel

PARIS : Craints comme potentiel outil de triche ou de plagiat, ChatGPT et autres intelligences artificielles sont désormais bannis d'écoles et d'universités, un peu partout dans le monde, une réaction «à courte vue» pour ses défenseurs.

Depuis que ChatGPT et ses textes automatiquement générés sont devenus accessibles au public en novembre, des établissements scolaires inquiets tentent d'empêcher leurs étudiants d'y recourir, pendant les examens mais aussi pour leurs devoirs maison.

Elon Musk, l'un des fondateurs d'OpenAI, la start-up qui a créé ChatGPT, avait tweeté triomphalement début janvier: «C'est un nouveau monde. Adieu, devoirs à la maison!».

Première grande université européenne à essayer de faire barrage, Sciences-Po Paris a interdit fin janvier à ses élèves d'utiliser ChatGPT pour toute production écrite ou orale, sous peine d'exclusion.

Le ministre français de l'Education a même évoqué des mesures plus globales. «Il va falloir intervenir là-dessus, on réfléchit à la bonne voie pour intervenir», a déclaré Pap Ndiaye jeudi sur France Inter. «Il est clair que nous avons sinon un adversaire en la matière, mais en tout cas nous avons à intégrer ces nouvelles données dans le travail des élèves et des professeurs».

Les textes produits par les IA sont pourtant selon lui «assez différents de ce que les élèves sont capables d'écrire et les professeurs sont capables de voir la différence».

- Papier et crayon -

Dans quatre des six Etats d'Australie, dans l'enceinte des établissements scolaires publics, ChatGPT a été interdit d'utilisation en janvier grâce à un pare-feu, et l'appli proscrite sur les téléphones portables pour les étudiants sur place.

Les plus prestigieuses universités du pays, tout comme des universités américaines, comptent accroître les examens sur place «avec papier et crayon» ou surveiller les écrans pour les étudiants en distanciel.

La ville de New York a de même interdit ChatGPT dans ses écoles publiques sur tous les appareils, au nom du manque de «construction d'un esprit critique» et par crainte de «plagiat». Des écoles de Seattle et Los Angeles ont emboité le pas.

En Inde, la RV University de Bangalore l'a interdit sur son campus et prévu plus d'examens surprise.

En Grande-Bretagne, l'Office de la règlementation des examens veut mettre en place une charte pour les écoles. Un membre du Parlement a récemment fait sensation en décembre en lisant avec un discours écrit par ChatGPT «à la manière de Churchill».

Des plateformes d'images comme Getty Images et Shutterstock ont banni les images créées par des IA comme DALL-E, Midjourney et Stable Diffusion. Le forum dédié au code informatique Stack Overflow a proscrit les posts produits par ChatGPT, estimant qu'ils comportaient trop d'erreurs.

Les chercheurs sont eux aussi priés de s'abstenir. Début février, les journaux scientifiques américains Science et Nature ont averti qu'ils n'accepteraient plus que ChatGPT soit cité comme auteur et demandé aux chercheurs qui s'en servirait de le mentionner.

- Calculette -

La Conférence internationale sur le Machine Learning, qui s'est tenue en janvier aux Etats-Unis, a refusé les présentations réalisées par ChatGPT, sauf s'il s'agissait de l'objet de l'étude.

Devant ces débuts de fronde, OpenAI vient d'annoncer un programme qui aide à distinguer un texte écrit par ChatGPT d’un texte rédigé par un humain, mais pour l'instant, reconnaît-il lui-même, «pas entièrement fiable».

Des partisans de l'outil, comme Sébastien Bubeck, chercheur en Machine Learning chez Microsoft, se sont insurgés contre des réactions «à courte vue». «ChatGPT fait partie du futur, l'interdiction n'est pas la solution», a-t-il tweeté.

De nombreux détracteurs de l'interdiction rappellent les mesures finalement abandonnées contre les calculettes ou Wikipedia à l'école. Des universitaires prônent d'encadrer plutôt qu'interdire, comme le vice-recteur de l'Université de Neuchâtel Martin Hilpert, qui préfère une discussion après remise d'un devoir. «On verra assez clairement si l'étudiant maîtrise son sujet», a-t-il dit à la presse suisse.

Bernardino Leon, chercheur à Sciences-Po, a également plaidé pour l'IA dans une tribune au Monde daté de vendredi, qui selon lui peut selon lui aider à la créativité.

«Lorsque les calculatrices sont utilisées dans l’enseignement, les compétences opérationnelles et de résolution de problèmes des élèves progressent», a-t-il argué.


Amertume chez celui qui incarna Émile Ajar, créé par Romain Gary

L'écrivain, éditeur et journaliste français Paul Pavlowitch pose avec un masque du romancier Romain Gary lors d'une séance photo à Paris le 1er février 2023. (Photo de Joel Saget / AFP)
L'écrivain, éditeur et journaliste français Paul Pavlowitch pose avec un masque du romancier Romain Gary lors d'une séance photo à Paris le 1er février 2023. (Photo de Joel Saget / AFP)
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  • Le livre de souvenirs que M. Pavlowitch fait paraître à 80 ans «Tous immortels» (éditions Buchet-Chastel), est essentiellement consacré à Gary et son épouse, l'actrice Jean Seberg
  • Il fallait quelqu'un pour jouer le double de Romain Gary, Emile Ajar, ne serait-ce que pour signer en 1973 le premier contrat d'édition, et ce fut celui que Gary appelait son neveu, en réalité son petit-cousin, Paul Pavlowitch

PARIS : Paul Pavlowitch, auquel l'écrivain Romain Gary avait demandé d'incarner l'auteur de ses romans signés Émile Ajar, garde de l'amertume des suites de cette mystification, près d'un demi-siècle après cette affaire rocambolesque.

Cet épisode qui marqua l'histoire du prix Goncourt est le sujet de la fin d'un livre de souvenirs que M. Pavlowitch fait paraître à 80 ans. «Tous immortels» (éditions Buchet-Chastel) est essentiellement consacré à Gary et son épouse, l'actrice Jean Seberg.

Gary, né Roman Kacew à Vilnius en 1914, prix Goncourt 1956 pour «Les Racines du ciel», avait perdu de sa superbe auprès de la critique littéraire dans les années 1970. Lus à la va-vite, ses livres étaient mal accueillis.

«Lui qui avait quitté le service diplomatique, qu'on avait prié de prendre sa retraite, il n'avait plus cette carte de visite de consul. Il s'habillait comme il voulait, il devenait de plus en plus folklorique, le cigare au bec. Les gens ne comprenaient pas», raconte Paul Pavlowitch à l'AFP.

Il recommence à zéro sous un hétéronyme: Hamil Raja, alias Émile Ajar, un Nord-Africain ayant des démêlés judiciaires pour une sombre histoire d'avortements. Personne ne doit savoir, pas même son éditeur, Gallimard.

Paul Pavlowitch se confectionne un faux permis de conduire au nom de Raja.

- «C'était assez drôle» -

Gary réussit plusieurs coups de génie.

Avec le deuxième roman d'Ajar, «La Vie devant soi», il décroche une deuxième fois le Goncourt, en 1975, ce qui est normalement interdit.

Avec le troisième, «Pseudo», il convainc ceux qui avaient découvert le lien de parenté entre Raja et Gary que dans cette étrange entreprise, Gary n'est pas l'auteur.

Et juste avant de se suicider en décembre 1980, il envoie aux éditions Gallimard «Vie et mort d'Émile Ajar», court récit publié de manière posthume en juillet 1981, où il signe son forfait. «Il y eut des moments comiques (...) Je me suis bien amusé. Au revoir et merci», écrit-il dans les dernières lignes.

Il fallait quelqu'un pour jouer le personnage, ne serait-ce que pour signer en 1973 le premier contrat d'édition, avec les éditions Mercure de France, pour «Gros-Câlin». Ce fut celui que Gary appelait son neveu, en réalité son petit-cousin, Paul Pavlowitch.

«Il m'a demandé quelques services. Je les lui ai rendus. Je voyais bien que je devenais acteur, mais c'était assez drôle», explique-t-il. Même si dans «Tous immortels», il se souvient avoir été un piètre comédien devant la première journaliste qui avait vu le soi-disant Ajar, à Copenhague.

L'accueil enthousiaste d'un côté et la commisération de l'autre pour un Romain Gary passé de mode, isolé, même s'il continuait à publier, ne fit qu'aggraver sa dépression.

- «Paranoïa» -

«Pseudo» d'Ajar, en 1976, est «un livre que moi j'ai beaucoup de mal à digérer, que lui a écrit dans un état de paranoïa quasi irréel (...) Ce livre nous a séparés», estime Paul Pavlowitch.

Quant aux éditions Gallimard, elles «ne voyaient pas» le mal-être de Gary. L'écrivain se plaignait, d'après son alter ego, que ses manuscrits paraissent sans travail d'édition: «il se demandait simplement ce qu'ils voulaient».

Quand la vérité est révélée par un communiqué à l'AFP en juin 1981 puis un livre publié chez Fayard en juillet, «L'Homme que l'on croyait», Paul Pavlowitch va sur le plateau de l'émission littéraire Apostrophes de Bernard Pivot.

«Les éditions Gallimard ont envoyé tout un bataillon d'auteurs Gallimard. Et j'ai eu le sentiment que j'étais devant un tribunal, coupable de quelque chose», se rappelle-t-il. «Les gens qui ont courtisé l'auteur que j'étais censé être étaient assez minables, vils (...) Ils sont devenus aussi agressifs qu'ils avaient été courtisans».

Sa carrière d'écrivain ne décollera jamais. Il sera éditeur.

Paul Pavlowitch reste marqué par les manœuvres d'avocats pour que, de son rôle dans le succès d'Ajar, il ne reste rien. Surtout pas la part des droits d'auteur que Gary avait concédée. Ces avocats «ont organisé mon exclusion», dit-il


L’influence préhistorique chez Picasso dévoilée au musée de l’Homme à Paris

Une visiteuse regarde l'œuvre du peintre espagnol Pablo Picasso « Femme qui pleure », faisant partie de l'exposition « Pablo Picasso et la dématérialisation de la sculpture » à la Fondation Mapfre à Madrid, le 23 septembre 2022. (AFP)
Une visiteuse regarde l'œuvre du peintre espagnol Pablo Picasso « Femme qui pleure », faisant partie de l'exposition « Pablo Picasso et la dématérialisation de la sculpture » à la Fondation Mapfre à Madrid, le 23 septembre 2022. (AFP)
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  • Cette exposition propose non pas un voyage géographique, mais un retour dans le temps, jusqu’au paléolithique
  • Plus de 40 œuvres et objets de l’artiste espagnol ainsi que des objets préhistoriques sont présentés dans l’exposition «Picasso et la Préhistoire»

PARIS: Peintures murales d'animaux, os gravés, statuettes... l’art préhistorique "découvert" au XXe siècle a influencé les œuvres de Pablo Picasso, comme le montre la prochaine exposition du Musée de l’Homme à Paris, qui ouvre mercredi prochain.

Plus de 40 œuvres et objets de l’artiste espagnol ainsi que des objets préhistoriques sont présentés dans l’exposition "Picasso et la Préhistoire", une occasion inédite en France de découvrir la relation qu’a entretenue Picasso avec l’art de cette époque.

Cette exposition propose non pas un voyage géographique, mais un retour dans le temps, jusqu’au paléolithique.

L’art préhistorique "avec Picasso, c’est une curiosité, des regards croisés", a expliqué jeudi aux journalistes Cécile Godefroy, historienne de l’art et commissaire de l’exposition.

Une curiosité qu’il partageait avec le photographe Brassaï lors de leurs conversations, dont certains extraits couvrent les murs de la salle.

Bien que l’authentification des premiers objets et peintures de la Préhistoire date du début du XXe siècle, c’est pendant l’entre-deux-guerres que Picasso, alors déjà un peintre confirmé, découvre le mythe du premier artiste et commence à expérimenter avec ses propres œuvres.

Quand la "Vénus de Lespugue", une petite femme en ivoire aux formes rondes et voluptueuses, est découverte en Haute-Garonne en 1922, Picasso achète deux moulages de la statuette, qu'il a conservés ensuite entre ses propres sculptures dans son atelier.

En ouverture de l'exposition, on retrouve ces mêmes formes voluptueuses dans le tableau "Femme lançant une pierre" (1931).

Les parallèles entre Picasso et la Préhistoire se succèdent tout au long de la visite : des os gravés il y a 17.000 ans poussent l’Espagnol à graver des dizaines de visages sur des galets, et les mains peintes sur les murs de grottes préhistoriques l’inspirent pour laisser l’empreinte de sa main sur du cuivre.

Comme en écho aux premières rencontres de Picasso avec l'art préhistorique à travers la "Vénus de Lespugue", l'exposition se termine par une version de l'artiste espagnol, sa "Vénus du gaz" (1945) - un simple brûleur de cuisinière placé verticalement -.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du cinquantième anniversaire de la mort de Pablo Picasso (1881-1973), et se tiendra jusqu’au 12 juin 2023.