Mondial: Le forfait de Mané fait pleurer le Sénégal

Des automobilistes roulent sous les drapeaux des pays participants à la Coupe du monde de football Qatar 2022, à Doha, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football Qatar 2022. (Photo par Agustin Paullier / AFP)
Des automobilistes roulent sous les drapeaux des pays participants à la Coupe du monde de football Qatar 2022, à Doha, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football Qatar 2022. (Photo par Agustin Paullier / AFP)
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Publié le Vendredi 18 novembre 2022

Mondial: Le forfait de Mané fait pleurer le Sénégal

  • Depuis sa blessure le 8 novembre avec le Bayern lors de la victoire contre Brême (6-1), sur un contact avec le défenseur du Werder Amos Pieper, tout avait été fait pourtant pour soigner le N.10 des Lions
  • Le sélectionneur Aliou Cissé doit désormais trouver un remplaçant à Mané, il a jusqu'à dimanche, veille du match contre les «Oranje»

DOHA : Catastrophe au Sénégal, la blessure de son leader Sadio Mané est finalement trop grave, il a dû déclarer forfait pour le Mondial-2022, jeudi, privant un des outsiders de son meilleur joueur et la compétition d'une de ses stars.

«On se résout malheureusement à déclarer le forfait de Sadio pour la Coupe du monde», a lâché le médecin de la sélection, Manuel Afonso, cité sur le compte Twitter de la Fédération sénégalaise de football (FSF).

La mauvaise nouvelle est tombée dans la soirée, quelques heures après l'entraînement des «Lions» sur leur terrain de Lusail, à Doha.

«Malheureusement, l'IRM d'aujourd'hui (jeudi) nous montre que l'évolution n'est pas favorable comme on l'imaginait», a précisé le médecin, ajoutant qu'«une intervention chirurgicale devrait être programmée très prochainement» pour opérer le joueur.

La direction du Bayern a annoncé que le joueur avait été «opéré avec succès jeudi soir à Innsbruck», en Autriche. Le club bavarois ajoute dans un communiqué diffusé dans la soirée que Mané «entamera sa convalescence à Munich dans les tout prochains jours».

L'attaquant n'avait pas encore rejoint ses coéquipiers au Qatar, où les Sénégalais débuteront lundi leur compétition contre les Pays-Bas et était resté en soin à Munich, sous la responsabilité des médecins de son club, le Bayern.

Ce sera donc sans leur leader, qui les a guidés à la première victoire des Lions en Coupe d'Afrique des nations, en février dernier, et a fini deuxième au classement du Ballon d'Or.

Depuis sa blessure le 8 novembre avec le Bayern lors de la victoire contre Brême (6-1), sur un contact avec le défenseur du Werder Amos Pieper, tout avait été fait pourtant pour soigner le N.10 des Lions.

Afonso s'est rendu à Munich les 10 et 11 novembre pour ausculter le joueur et consulter à nouveau les IRM (images par résonance magnétique).

- IRM fatale -

Il avait été décidé de procéder à de nouvelles IRM ce jeudi, qui se sont avérées fatales.

«On était préparé depuis l'annonce de la blessure», a réagi auprès de l'AFP le président de la FSF, Augustin Senghor. «On était suspendu à cette nouvelle IRM. On apprend maintenant que sa blessure est confirmée, tout le monde est d'accord que c'est sa santé qui prime.»

«Comment l'équipe a pris cette nouvelle? Zen», a répondu le dirigeant avec un peu d'hésitation.

La blessure du 8 novembre avait été vécue à Dakar comme un véritable choc. Réagissant jeudi soir à l'officialisation de son absence de la Coupe du monde, le président sénégalais

Macky Sall lui a souhaité «prompt rétablissement». «Bon courage Ñañthio. La santé avant tout. Tu reviendras encore plus fort !», a-t-il ajouté sur Twitter.

Le N.10 est une idole au Sénégal. Il a reçu lors de la soirée du Ballon d'Or le nouveau prix Socrates récompensant un joueur pour ses actions en faveur de la société. Mané a fait construire une école et un hôpital dans son village de Bambali, en Casamance.

La blessure n'a pas eu de pitié. «Ballonbuwa», le «sorcier du ballon», comme on l'appelle au Sénégal, et son entourage avaient d'abord pensé devoir déclarer forfait, avant de reprendre espoir.

Et, après la visite du médecin de la sélection, il avait été décidé de l'inclure tout de même dans la liste pour la Coupe du monde.

- «Irremplaçable» -

Le sélectionneur Aliou Cissé doit désormais lui trouver un remplaçant, il a jusqu'à dimanche, veille du match contre les «Oranje».

Keita Baldé (Sampdoria) étant suspendu pour avoir manqué un contrôle antidopage, il pourrait appeler Demba Seck, le jeune (21 ans) attaquant gaucher du Torino, convoqué pour les matches amicaux de septembre. Jeudi soir, aucun remplaçant n'avait été choisi, apprenait-on auprès de la FSF.

Ancien coéquipier néerlandais de Mané à Liverpool, Virgil van Dijk a réagi à l'annonce de son forfait en twittant qu'il aurait «aimé jouer contre lui» lors de ce Sénégal-Pays-Bas.

«Ils ont des joueurs pour le remplacer, mais pas de la même qualité. C'est vraiment un joueur hors norme, il va me manquer. Ce tournoi mérite les plus grands joueurs du monde et il est l'un d'eux», a ajouté la patron de la défense néerlandaise.

Le forfait de Mané s'ajoute à une longue liste, les corps des internationaux ayant été mis à rude épreuve avec le décalage de la Coupe du monde à novembre-décembre plutôt qu'en été. Le Ballon d'Argent s'est blessé sur son douzième match en six semaines et demie.

Mané rejoint sur le banc des forfaits les Français Paul Pogba (Juventus Turin) et N'Golo Kanté (Chelsea), l'Allemand Timo Werner (Leipzig), le Néerlandais Georginio Wijnaldum (AS Rome), le Marocain Amine Harit (Marseille) ou encore le Portugais Diogo Jota (Liverpool).

 

 


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.