L’annulation critiquée du prix décerné à une dramaturge britannique pour son soutien à la Palestine

La pièce de Caryl Churchill Sept Enfants juifs a été écrite en 2009 en réponse à la campagne militaire israélienne à Gaza. (Archives/AFP)
La pièce de Caryl Churchill Sept Enfants juifs a été écrite en 2009 en réponse à la campagne militaire israélienne à Gaza. (Archives/AFP)
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Publié le Vendredi 18 novembre 2022

L’annulation critiquée du prix décerné à une dramaturge britannique pour son soutien à la Palestine

  • Le prix de 78 000 dollars a été annulé par la compagnie théâtrale allemande Schauspiel Stuttgart en raison du soutien de Caryl Churchill au mouvement BDS
  • Mme Churchill indique qu'elle s'en tient à sa décision de soutenir les droits des Palestiniens

LONDRES: Plus de cent soixante-dix acteurs, écrivains et producteurs se sont élevés contre le retrait d'un prestigieux prix pour l'ensemble de sa carrière à la dramaturge britannique Caryl Churchill en raison de son soutien aux droits des Palestiniens.
Mme Churchill, 84 ans, est largement considérée comme l'une des dramaturges britanniques contemporaines les plus influentes. Sa pièce de dix minutes Sept Enfants juifs a été écrite en 2009 en réponse à la campagne militaire israélienne à Gaza, qui a tué au moins mille trois cent quatre-vingt-trois Palestiniens, dont trois cent trente-trois enfants, selon Amnesty International.
En avril, Caryl Churchill a reçu le Prix Europe pour le théâtre 2022 de la compagnie théâtrale allemande Schauspiel Stuttgart.
Toutefois, le prix de 75 000 euros, le plus important d'Europe, a été annulé en octobre en raison du soutien de la dramaturge au mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens.
Dans une déclaration, le jury nommé par Stuttgart a indiqué que Mme Churchill avait été sélectionnée pour le prix «en reconnaissance de l'œuvre de sa vie… Cependant, nous avons entre-temps pris connaissance des signatures de l'auteur en faveur du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions. La pièce Sept Enfants juifs peut également être considérée comme antisémite. C'est pourquoi, à notre grand regret, le jury a décidé de ne pas décerner le prix cette année.»
Petra Olschowski, secrétaire d'État allemande au ministère des Sciences, de la Recherche et des Arts, a soutenu cette décision, rapporte le journal The Guardian.
«En Allemagne, nous avons une responsabilité historique particulière. C'est pourquoi, en tant que pays, nous adoptons une position claire et non négociable contre toute forme d'antisémitisme. C'est une raison de plus pour laquelle un prix financé par l'État ne peut être attribué dans les circonstances actuelles», a-t-elle déclaré.
Harriet Walter, Stephen Daldry, Juliet Stevenson, Stephen Frears, Richard Eyre, Peter Kosminsky et Dominic Cooke figurent parmi les signataires d’une lettre ouverte, initiée par Artists for Palestine.
La lettre, publiée jeudi, indique : «Cette attaque contre la liberté de conscience n'est rien de moins que du maccarthysme moderne et soulève des questions urgentes sur un modèle d'intimidation et de réduction au silence.»
«Si les seules formes d'art jugées “sûres” pour les institutions sont celles qui n'ont rien à dire aux dépossédés et aux opprimés de cette Terre et qui restent silencieuses face à la répression validée par l'État, alors l'art et la culture sont vidés de leur sens et de leur valeur.»
Dominic Cooke, directeur associé du National Theatre du Royaume-Uni, ajoute: «L'indignation feinte à propos de la pièce de Caryl a été conçue pour détourner l'attention de ce fait et effrayer les éventuels critiques de cette pièce pour les réduire au silence, mais attirer l'attention sur les violations des droits de l'homme par Israël et son occupation illégale du territoire palestinien n'est pas antisémite, c'est une protestation légitime.»
Cette lettre a également reçu le soutien de Geoffrey Bindman KC, avocat spécialiste des droits de l'homme, selon The Guardian.
En réponse à l'annulation du prix, Caryl Churchill a déclaré qu'elle maintenait son soutien au mouvement BDS et aux Palestiniens, rapporte le journal.
«La pièce critique le traitement réservé par Israël aux Palestiniens; ce n'est pas une attaque contre tous les juifs, qui sont nombreux à critiquer également la politique israélienne. Il est faux de faire l'amalgame entre Israël et tous les juifs. Une pièce politique se fait des ennemis politiques, qui l'attaquent avec des accusations d’antisémitisme», souligne-t-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.