Attaques contre des civils et des soldats dans le nord-est du Nigeria : au moins 11 morts

Les assaillants «ont attaqué la base militaire et engagé des troupes dans un combat» (Photo, AFP).
Les assaillants «ont attaqué la base militaire et engagé des troupes dans un combat» (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 20 novembre 2022

Attaques contre des civils et des soldats dans le nord-est du Nigeria : au moins 11 morts

  • Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) arrivés dans plusieurs camions équipés de mitrailleuses ont pris d'assaut la ville de Malam Fatori dans le district d'Abadam vendredi soir
  • Malam Fatori, qui est située à 200 km de la capitale régionale, Maiduguri, en bordure du lac Tchad, a été capturée par les djihadistes de Boko Haram en 2014

KANO, Nigeria: Des attaques meurtrières attribuées à des djihadistes contre une base militaire et une ville du nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Niger, ont fait au moins 11 morts, dont neuf soldats, ont indiqué dimanche des sources de sécurité.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) arrivés dans plusieurs camions équipés de mitrailleuses ont pris d'assaut la ville de Malam Fatori dans le district d'Abadam vendredi soir et samedi matin, attaquant une base militaire et des habitants avec des armes lourdes et des explosifs, ont déclaré ces sources.

"Les terroristes de l'ISWAP ont attaqué Malam Fatori et causé d'énormes dégâts", a déclaré à l'AFP un officier.

Les assaillants "ont attaqué la base militaire et engagé des troupes dans un combat tandis qu'un deuxième groupe a commis une tuerie et déclenché un incendie criminel dans la ville", a déclaré cet officier sous couvert d'anonymat.

Les assaillants ont attaqué la base située à la périphérie de la ville, provoquant un violent affrontement avec des soldats qui ont repoussé l'attaque, a déclaré de son côté, un habitant, Buji Garwa.

Deux sources de sécurité ont déclaré dimanche que neuf soldats et deux policiers avaient été tués dans l'attaque de la base.

"Le nombre de victimes de la base est de onze, dont neuf soldats et deux policiers", a déclaré un officier.

Ce bilan a été confirmé par une deuxième source de sécurité, qui a précisé : "On ne sait toujours pas combien de civils ont été tués en ville".

Des djihadistes ont lancé leur attaque vendredi au crépuscule contre la base et la ville, en lançant des explosifs sur des maisons, tuant des habitants tandis que d'autres se sont noyés dans une rivière à l'extérieur de la ville alors qu'ils tentaient de fuir.

"On ne sait pas combien de personnes ont été tuées parce que nous avons tous fui la ville et que nous revenons progressivement pour évaluer les dégâts", a dit un habitant, ajoutant qu'une grande partie de la ville avait été incendiée.

"Nous avons commencé à passer au peigne fin les buissons et à ramasser les corps des personnes tuées et à chercher le long des berges du fleuve pour trouver ceux qui ont été rejetés sur les rives", a-t-il ajouté.

Une autre habitante, Baitu Madari, a déclaré avoir dénombré une douzaine de personnes tuées dans son quartier.

"Je n'ai aucune idée du nombre de cadavres récupérés dans d'autres parties de la ville. La destruction est vraiment énorme", a-t-elle déclaré.

Selon un officier du renseignement, les djihadistes venaient de leur camp dans le village voisin de Kamuya contrôlé par l'ISWAP.

"Kamuya est le plus grand camp de l'ISWAP dans la région du lac Tchad, à seulement huit kilomètres de Malam Fatori", a déclaré cette source.

"Toutes les précédentes attaques infructueuses contre Malam Fatori ont été lancées depuis Kamuya qui est bien fortifiée avec des mines et des armes lourdes", a-t-il ajouté.

Malam Fatori, qui est située à 200 km de la capitale régionale, Maiduguri, en bordure du lac Tchad, a été capturée par les djihadistes de Boko Haram en 2014 avant que l'armée n'en reprenne le contrôle en 2015.

Une base a été établie dans la ville pour repousser les attaques de l'ISWAP, qui s'est séparé de Boko Haram en 2016 et a fait du lac Tchad son bastion.

En mars, des milliers d'habitants qui ont fui vers Maiduguri et vers le Niger voisin ont été renvoyés à Malam Fatori sur ordre du gouvernement de l'Etat de Borno, qui encourage les résidents déplacés à rentrer chez eux malgré de nombreuses inquiétudes.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.