En France, les chasseurs de tête s'activent tous azimuts

Une affiche de campagne de recrutement pour le maroquinier de luxe Sofama, avec un avis "Aucune expérience requise", à Saint-Etienne, dans le centre de la France, le 8 septembre 2022. (AFP).
Une affiche de campagne de recrutement pour le maroquinier de luxe Sofama, avec un avis "Aucune expérience requise", à Saint-Etienne, dans le centre de la France, le 8 septembre 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 21 novembre 2022

En France, les chasseurs de tête s'activent tous azimuts

  • Avocats d'affaire, cadres dans la finance, les assurances ou encore l'informatique, des salariés rapportent être "souvent" sollicités
  • Pour les cadres "moyens", les cabinets préfèrent parler d'"approche" ou de "recrutement", réservant le terme de "chasse" - un travail plus ciblé avec des "scénarios d'approche" - aux cadres exécutifs

PARIS: Face à un marché du travail marqué par des tensions de recrutement avec des pénuries dans certains secteurs, les cabinets spécialisés se démènent pour faire la "chasse" aux candidats.

Au 3e trimestre, "un tiers des cadres" avaient été contactés directement par un cabinet de recrutement au cours des trois derniers mois, en hausse de 5 points par rapport au même trimestre de 2021, selon une récente étude de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).

"On voit bien là que compte tenu des difficultés de recrutement (...) les entreprises choisissent de plus en plus une approche proactive, une approche directe pour entrer en contact avec les candidats", a relevé la directrice générale adjointe de l'Apec Lætitia Niaudeau en présentant ces résultats.

Avocats d'affaire, cadres dans la finance, les assurances ou encore l'informatique, des salariés rapportent être "souvent" sollicités, parfois jusqu'à deux ou trois fois par semaine.

"Sur beaucoup de métiers il y a beaucoup de tensions, on manque de candidats (…) donc on a développé encore plus d'approches de chasse" pour contacter "un maximum de candidats", confirme Isabelle Bastide, présidente de Michael Page, l'un des gros acteurs du marché.

Régulièrement contactée, Bérénice Plaine, consultante culinaire dans l'agroalimentaire, âgée de 42 ans, a la sensation d'"une reprise", comme "en sortie du premier confinement, où il y a eu un pic". "Chassée" pour son poste actuel, elle explique exercer un métier "un peu mouton à cinq pattes", dans un secteur en pénurie.

« Pêche à l'explosif »

Pour les cadres "moyens", les cabinets préfèrent parler d'"approche" ou de "recrutement", réservant le terme de "chasse" - un travail plus ciblé avec des "scénarios d'approche" - aux cadres exécutifs.

Dans les deux cas, "on est dans une activité excessivement soutenue", dit Fabrice Coudray, directeur de l'activité chasse de tête de Robert Half.

Lorsqu'il reçoit un "mandat de chasse d'un client", il va y avoir "peut-être 200 contacts pour 20 rencontres et 4 présentées au client", dit-il.

La rémunération du chasseur de tête se fait au moment du recrutement, avec parfois un acompte. C’est un pourcentage du salaire annuel du candidat versé par l'employeur.

Chez Hays, il est de "22% en dessous de 53.000 euros, 27% au dessus", indique Oualid Hathroubi, directeur de Hays Paris. Ce n'est "pas tant que cela", sachant qu'un mauvais recrutement coûte entre 50 et 60.000 euros par an à l'entreprise, relève-t-il.

Le réseau professionnel LinkedIn est un des terrains de chasse privilégiés.

Des cadres évoquent des approches souvent "assez hasardeuses" et mal ciblées. A coup de "hello Joséphine", certains messages consultés par l'AFP n'hésitent pas à user du tutoiement ou se dire en quête d'une "mentalité de hunter"...

"C'est un peu la sensation, on tente notre chance, sur un malentendu ça peut marcher", dit Bérénice Plaine.

David, frontalier de 48 ans qui travaille en Suisse dans la R&D en pharma/chimie, pointe des cabinets qui font "de la pêche à l'explosif", ratissant "très très large".

Ils "tapent systématiquement à côté", constate aussi Wolfgang Theurer, 45 ans dans l'aéronautique, "chassé" alors qu'il ne cherche pas un nouveau poste, évoquant des "discussions un peu lunaires".

Des défauts de "stratégie d'approche", qui sont perdants avec des mails supprimés tout de suite, selon Mme Bastide.

Pour certains, le procédé est tout de même efficace. D'abord convaincu qu'il y avait "anguille sous roche", Robin Maujean, 26 ans, dans les services de paie, a par exemple gagné un CDI dans le même secteur mais avec 400 euros net de plus. "Ca marche", dit aussi Rheda Kadri, 30 ans dans les assurances, qui démarrera son nouveau poste en janvier.

Alors que la part des cadres ayant réellement l'intention de changer d'entreprise dans les 3 mois n'est que de 13%, la "chasse" peut aussi servir de levier de négociation en interne. Comme pour cette cadre dans la finance qui fait valoir: "je suis chassée pour ce type de poste avec ce type de rémunération".


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.