Bloquée par la justice américaine, la fusion entre deux géants de l'édition définitivement enterrée

Avec 10 000 salariés dans le monde et près de 15 000 livres publiés par an, Penguin domine le marché de l'édition aux Etats-Unis (Photo, AFP).
Avec 10 000 salariés dans le monde et près de 15 000 livres publiés par an, Penguin domine le marché de l'édition aux Etats-Unis (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 22 novembre 2022

Bloquée par la justice américaine, la fusion entre deux géants de l'édition définitivement enterrée

  • L'opération, portant sur un montant de 2,18 milliards de dollars, avait été annoncée en novembre 2020
  • Depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, le ministère américain de la Justice a durci la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles

NEW YORK: Le groupe américain de médias Paramount Global a définitivement renoncé à vendre sa maison d'édition Simon & Schuster à sa rivale Penguin Random House, quelques semaines après une décision de justice bloquant la fusion entre ces deux géants du secteur au nom des lois sur la concurrence.

L'opération, portant sur un montant de 2,18 milliards de dollars, avait été annoncée en novembre 2020 et aurait réuni deux des cinq plus importants éditeurs américains.

Mais le ministère américain de la Justice, qui depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden a durci la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles, s'est opposé à cette fusion et a porté plainte un an plus tard.

Combinées, les deux entreprises pourraient baisser le nombre de livres édités et diminuer les avances versées aux auteurs, faisaient valoir les autorités.

Une juge leur a donné raison fin octobre, estimant que le gouvernement avait apporté la preuve que l'acquisition proposée "pourrait avoir pour effet d'affaiblir le jeu de la concurrence de manière significative" sur le marché des droits des livres à succès.

"Suite à cette décision (...), Paramount a résilié le contrat d'achat conformément aux termes en vigueur", a indiqué le groupe dans un document remis lundi à l'autorité américaine des marchés financiers (la SEC).

Penguin doit désormais lui payer une indemnité de rupture de 200 millions de dollars.

Lagardère intéressé

Sa maison mère, la société allemande Bertelsmann, a indiqué lundi que contrairement à ce qu'elle avait initialement annoncé, elle ne ferait pas appel de la décision de justice.

Avec 10 000 salariés dans le monde et près de 15 000 livres publiés par an, Penguin domine le marché de l'édition aux Etats-Unis.

Même sans la fusion avec Simon & Schuster, Penguin "continuera de croître significativement dans les années à venir, par ses opérations et par des acquisitions", a assuré Bertelsmann dans un communiqué.

"Le commerce du livre fait partie de l'identité de Bertelsmann depuis 187 ans, et cela ne changera pas", a affirmé son PDG, Thomas Rabe, en précisant viser une croissance de 5% à 10% par an pour la maison d'édition.

Le groupe a notamment publié en 2020 le premier tome des mémoires de l'ancien président des Etats-Unis Barack Obama, intitulé "Une Terre Promise", et celles de sa femme, Michelle Obama, en 2018, qui se sont écoulées à des dizaines de millions d'exemplaires.

Il s'apprête également à sortir les mémoires du prince britannique Harry, début 2023.

Paramount semble pour sa part toujours prêt à vendre Simon & Schuster, l'entreprise américaine soulignant dans son message à la SEC que la maison d'édition ne représente pas pour elle un actif stratégique et ne rentre pas dans sa stratégie globale.

Elle publie environ 2 000 livres par an, compte à son catalogue des auteurs de best-sellers internationaux comme le romancier Stephen King ou le journaliste Bob Woodward.

Le groupe français Lagardère, propriétaire d'Hachette Livre, avait indiqué fin octobre qu'il se porterait candidat à l'acquisition de Simon & Schuster si la vente de ce dernier au géant allemand Bertelsmann venait à échouer.

"Si Simon & Schuster était remis en vente par Paramount, nous serions bien sûr intéressés", avait déclaré Arnaud Lagardère, PDG du groupe qui porte son nom, lors d'une conférence téléphonique.

Lors de la mise en vente de cette maison en 2020, son entreprise était fortement affaiblie par la crise de la Covid-19.

Désormais, "nous sommes prêts à concourir (...) Et nous savons que Vivendi est avec nous quoi qu'il arrive", avait assuré Arnaud Lagardère.

Lagardère, dont le rapprochement avec le géant français des médias Vivendi est étudié jusqu'au 30 novembre par les autorités européennes de la concurrence, pourrait même s'y risquer avant d'obtenir le feu vert de Bruxelles, avait indiqué le dirigeant.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.