Femmes migrantes: mieux prendre en compte les violences sur les routes de l'exil

Des femmes migrantes assises sur le sol du port de Tajoura, dans la banlieue est de la capitale libyenne Tripoli, après que plus de 200 migrants ont été secourus à bord de trois canots pneumatiques se dirigeant vers l'Europe depuis la côte nord-africaine, tard le 29 novembre 2019. (AFP / Mahmud TURQUIE)
Des femmes migrantes assises sur le sol du port de Tajoura, dans la banlieue est de la capitale libyenne Tripoli, après que plus de 200 migrants ont été secourus à bord de trois canots pneumatiques se dirigeant vers l'Europe depuis la côte nord-africaine, tard le 29 novembre 2019. (AFP / Mahmud TURQUIE)
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Publié le Vendredi 25 novembre 2022

Femmes migrantes: mieux prendre en compte les violences sur les routes de l'exil

  • Pourtant quasi systématiques, ces violences restent pour l'heure un «angle mort» de la politique d'asile, souligne le Centre Primo-Levi
  • Les femmes migrantes se lancent de plus en plus seules «sur les chemins, brutaux, de l'exil», et subissent un «continuum de violences»

PARIS: Les violences physiques et sexuelles subies par les femmes migrantes sur les chemins de l'exil, parfois pires que celles endurées dans leur pays d'origine, devraient être prises en considération lors de l'examen de leur demande d'asile en France, plaide une association de soin aux migrants dans un rapport publié vendredi.

Pourtant quasi systématiques, ces violences restent pour l'heure un "angle mort" de la politique d'asile, souligne le Centre Primo-Levi, une association qui propose à Paris une prise en charge médicale et psychologique à des victimes de tortures et de violences politiques, exilées en France.

Pour l'association, les exactions endurées sur les routes de l'exil doivent être prises en compte "de manière générale" dans la décision d'octroi de l'asile, et non pas seulement "dans le cas où elles font courir un risque en cas de retour dans le pays d'origine", comme par exemple, si la femme victime risque d'être ostracisée dans sa communauté du seul fait qu'elle a été violée.

Lorsque ces femmes se présentent devant l'administration et la justice françaises pour demander l'asile, le traumatisme subi, allié à cette "situation paradoxale" de devoir "parler de ce qu'elles tentent d'oublier", vont "handicaper leur capacité à donner un récit clair et convaincant, attendu notamment de la part de militantes politiques", observe Maxime Guimberteau, responsable de la communication et du plaidoyer de l'association.

Les femmes migrantes se lancent de plus en plus seules "sur les chemins, brutaux, de l'exil", et subissent un "continuum de violences", dans leur pays d'origine, sur le parcours de l'exil puis à leur arrivée en France, observe le rapport, publié à l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

"Le passage par la Libye, le Maroc ou la Grèce sont des lieux où s'exerce systématiquement la violence sexuelle, dont les passeurs et les membres de forces de sécurité/police sont les principaux responsables", déplore encore le centre Primo-Levi, qui demande aux pouvoirs publics de "renforcer l'accès à un accompagnement pluridisciplinaire", psychologique, médical, social et juridique, pour les migrants.

Que ce soit dans leur pays d'origine, ou sur les chemins de l'exil, la "quasi-totalité" des femmes prises en charge par l'association à Paris ont subi des violences sexuelles, "tellement systématisées et répétitives" qu'elles finissent par les banaliser. Mais beaucoup souffrent de troubles de stress post-traumatique, de flashbacks, de cauchemars ou de dépression sévère, alerte le centre Primo-Levi.


CNR: Macron plaide à nouveau pour la «liberté pédagogique», veut une «feuille de route» au printemps

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors du Conseil national de la Refondation au lycée Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors du Conseil national de la Refondation au lycée Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Partis, syndicats et acteurs de la société civile sont conviés à une nouvelle réunion du Conseil national de la refondation, le 12 décembre à l'Élysée
  • Il y a trois mois, la session fondatrice du CNR à Marcoussis avait été boycottée par tous les partis d'opposition

AIX-EN-PROVENCE: Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour la "liberté pédagogique" dans l'enseignement, lundi lors d'une réunion dans un collège d'Aix-en-Provence dans le cadre du Conseil national de la refondation (CNR) consacrée aux questions d'éducation, dont il a dit attendre "une feuille de route" au printemps.

Ce "CNR territorialisé" répond "à l'idée que beaucoup de choses peuvent se faire de manière beaucoup plus efficace si on laisse la liberté au terrain", a déclaré le président de la République en ouverture d'une réunion à laquelle participaient enseignants, membres d'équipes pédagogiques, éducateurs, élèves, parents d'élèves et élus de la région.

"Enseigner, c'est à la fois répondre à une volonté d'unité de la République - des programmes, des mêmes examens nationaux, des principes et des valeurs qui nous font un - et une pluralité de situation qui font qu'enseigner ici, c'est pas la même chose qu'au fin fond de la ruralité", a développé le chef de l’État, en défendant une "liberté pédagogique" qui permet selon lui "de donner plus d'efficacité à l'ensemble des acteurs, dans l'école et en dehors de l'école".

En juin, le président avait déjà annoncé vouloir généraliser à tout le territoire l'approche de "l'école du futur", expérimentation pédagogique menée à Marseille.

Soixante-trois écoles, dont une partie ne sont pas en zone d'éducation prioritaire, ont été sélectionnées pour mener à bien un projet spécifique avec la possibilité pour le directeur de participer au choix de son équipe.

"L'idée, c'est vraiment de bâtir des projets d'établissement, qu'on se dise: quels sont nos problèmes à nous, au-delà de ce qu'on nous demande au plan national, et de quoi on a besoin pour y répondre?", a résumé M. Macron.

Quelque 11 000 établissements scolaires se sont engagés dans les discussions ou le feront au premier trimestre 2023 dans le cadre du CNR, selon l'Elysée.

"L'objectif est que d'ici au printemps prochain, il y ait une feuille de route", a indiqué le président de la République.

Partis, syndicats et acteurs de la société civile sont conviés à une nouvelle réunion du Conseil national de la refondation, le 12 décembre à l'Élysée pour faire un "point d'étape" sur les moyens de réformer les services publics.

Il y a trois mois, la session fondatrice du CNR à Marcoussis (Essonne) avait été boycottée par tous les partis d'opposition et une bonne partie des syndicats qui avaient vu dans cet outil un moyen pour le président de reprendre la main dans le débat public et contourner le Parlement, où son camp n'a plus de majorité absolue.


Paris : le centre d'hébergement pour Ukrainiens n'a pas à accueillir d'autres sans-abri, tranche la justice

Le juge des référés motive sa décision par le fait que le dispositif d'accueil des réfugiés ukrainiens «est spécifique de manière à ne pas saturer les dispositifs de droit commun de l'hébergement d'urgence» (Photo, Twitter).
Le juge des référés motive sa décision par le fait que le dispositif d'accueil des réfugiés ukrainiens «est spécifique de manière à ne pas saturer les dispositifs de droit commun de l'hébergement d'urgence» (Photo, Twitter).
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  • Le Paris Event Center, situé dans le nord-est de la capitale, compte entre 200 et 250 lits
  • Lors de l'audience, Médecins du monde (MdM) et Utopia 56 demandaient au juge des référés d'enjoindre la préfecture d'Ile-de-France à ouvrir à d'autres personnes sans-abri les lits vacants dans ce centre

PARIS: Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté lundi la demande des associations Médecins du monde et Utopia 56 d'ouvrir aux autres nationalités un centre d'hébergement réservé aux réfugiés ukrainiens, selon une ordonnance consultée par l'AFP.

Le Paris Event Center, situé dans le nord-est de la capitale, compte entre 200 et 250 lits. Il n'accueille en moyenne qu'entre 120 et 130 personnes par nuit, selon les chiffres fournis par la préfecture d'Ile-de-France au tribunal.

Lors de l'audience, qui s'est tenue vendredi, Médecins du monde (MdM) et Utopia 56 demandaient au juge des référés d'enjoindre la préfecture d'Ile-de-France à ouvrir à d'autres personnes sans-abri les lits vacants dans ce centre.

"La requête présentée par les associations Médecins du monde et Utopia 56 est rejetée", tranche le juge des référés dans son ordonnance.

C'est "une décision ahurissante qui nous indigne évidemment énormément", a réagi auprès de l'AFP Paul Alauzy, chargé des questions migratoires à MdM.

"Cette décision reconnaît qu'il y a des places vides, reconnaît les défaillances du 115 et reconnaît la vulnérabilité des personnes qui dorment dehors", a-t-il ajouté, estimant que l'ouverture des places vacantes était "une question de bon sens".

Le juge des référés motive sa décision par le fait que le dispositif d'accueil des réfugiés ukrainiens "est spécifique de manière à ne pas saturer les dispositifs de droit commun de l'hébergement d'urgence".

"Par ailleurs, il répond à la nécessité de pouvoir continuer à assurer à tout moment la prise en charge immédiate des personnes relevant de ce dispositif exceptionnel qui n'ont pas vocation à bénéficier des dispositifs de droit commun", ajoute le juge des référés dans son ordonnance.

Il en résulte qu'en réservant exclusivement ces dispositifs d'hébergement (...) aux déplacés ukrainiens, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ne peut être regardé comme manquant à ses obligations à l'égard des autres populations susceptibles de bénéficier d'un hébergement d'urgence", conclut-il.

MdM et Utopia 56 doivent en outre verser 800 euros à l'Etat au titre des frais de justice. "800 euros, c'est 800 couvertures de survie, c'est 40 tentes", s'est ému Paul Alauzy.

Les deux associations envisagent de faire appel devant le Conseil d'Etat, a-t-il précisé.


Prix des transports en Ile-de-France: le gouvernement prêt à « travailler» avec Pécresse

"C'est un dossier suivi à très haut niveau, par la Première ministre (Elisabeth Borne), les ministres concernés. On va continuer à travailler avec elle (Valérie Pécresse, ndlr) pour trouver des solutions, pour l'aider", a assuré Gabriel Attal. (AFP).
"C'est un dossier suivi à très haut niveau, par la Première ministre (Elisabeth Borne), les ministres concernés. On va continuer à travailler avec elle (Valérie Pécresse, ndlr) pour trouver des solutions, pour l'aider", a assuré Gabriel Attal. (AFP).
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  • Actuellement vendu à 75,20 euros par mois, le tarif du pass Navigo mensuel pourrait passer à 90 euros, et celui du ticket de métro unitaire de 1,90 à 2,30 euros si IDFM ne trouve pas de nouvelles sources de financement
  • Une éventuelle hausse de 20% que Valérie Pécresse a déjà jugée «inacceptable»

PARIS : S'il refuse d'être le "tiroir-caisse" d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'Etat est néanmoins prêt à "travailler" avec l'autorité régionale des transports pour l'aider à boucler son budget 2023 et éviter une hausse brutale du prix des abonnements, a indiqué lundi Gabriel Attal.

"Il y a un besoin de financement pour IDFM", a reconnu le ministre des Comptes publics sur BFMTV/RMC, alors que la présidente de l'institution Valérie Pécresse doit trouver 450 millions d'euros avant le conseil d'administration de mercredi pour équilibrer le budget 2023.

"C'est un dossier suivi à très haut niveau, par la Première ministre (Elisabeth Borne), les ministres concernés. On va continuer à travailler avec elle (Valérie Pécresse, ndlr) pour trouver des solutions, pour l'aider", a assuré Gabriel Attal.

"Mais il faut qu’elle nous aide à l'aider, en regardant les autres possibilités" que la hausse du forfait mensuel Navigo pour boucler le budget 2023, contraint par l'inflation et la flambée des prix de l'énergie.

Actuellement vendu à 75,20 euros par mois, le tarif du pass Navigo mensuel pourrait passer à 90 euros, et celui du ticket de métro unitaire de 1,90 à 2,30 euros si IDFM ne trouve pas de nouvelles sources de financement.

Une éventuelle hausse de 20% que Valérie Pécresse a déjà jugée "inacceptable".

"Les Franciliens ne sont pas un tiroir-caisse sur lesquels on peut pomper en augmentant indéfiniment le pass Navigo, et l'Etat non plus n'est pas un tiroir-caisse", a martelé lundi Gabriel Attal, lui-même élu en Ile-de-France.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lui a emboîté le pas sur France Inter, affirmant être "comptable de l'argent de tous les Français".

"C'est compliqué pour moi d'aller expliquer à quelqu'un qui habite à Nantes, à Nevers ou à Romorantin que je vais prendre de l'argent public qui lui appartient aussi pour aider la région la plus riche de France", a attaqué le numéro 2 du gouvernement.

Dans une délibération qu'elle doit soumettre mercredi au conseil d'administration d'IDFM, Valérie Pécresse a menacé de suspendre une série de paiements liés à de grands projets, à commencer par la préparation des Jeux Olympiques et le métro du Grand Paris, si l'Etat ne fait pas de geste pour éviter une trop forte hausse des tarifs des transports en commun.

Mme Pécresse, qui ne veut ni baisser l'offre de transport - qui doit tout juste remonter à 100% -, ni renoncer à ses investissements, a demandé à l'Etat de pouvoir augmenter le versement mobilité - une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 employés - dans les zones les plus denses, une baisse de la TVA de 10% à 5,5% et une transformation en subvention des avances remboursables consenties par l'Etat pendant la pandémie.

L'élue (LR) a aussi évoqué une taxe de séjour sur les hôtels de plus de 4 étoiles.