Chine: Appel à la «répression» après les manifestations

Cette image tirée de la vidéo d'un témoin oculaire mise à disposition par l'AFPTV le 27 novembre 2022 montre des manifestants criant des slogans à Shanghai. (AFP).
Cette image tirée de la vidéo d'un témoin oculaire mise à disposition par l'AFPTV le 27 novembre 2022 montre des manifestants criant des slogans à Shanghai. (AFP).
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Publié le Mercredi 30 novembre 2022

Chine: Appel à la «répression» après les manifestations

  • La présence policière dans les rues empêchait pour l'instant tout nouveau rassemblement
  • Le taux insuffisant de vaccination en Chine est l'un des arguments mis en avant par le gouvernement

SHANGHAI: Le principal organe de sécurité chinois a appelé mardi à la "répression" des "forces hostiles", deux jours après des manifestations contre les restrictions sanitaires et pour plus de libertés inédites depuis 1989.

La présence policière dans les rues empêchait pour l'instant tout nouveau rassemblement.

C'est dans ce contexte que le président du Conseil européen Charles Michel part mardi soir pour Pékin où il rencontrera jeudi Xi Jinping.

"Il abordera les questions des droits de l'homme et des libertés fondamentales" et "entend avoir un dialogue franc" avec le président chinois, a assuré un responsable européen.

Londres a par ailleurs convoqué l'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Zheng Zeguang, après l'interpellation dimanche d'un journaliste de la BBC qui couvrait les manifestations à Shanghai.

La Commission des affaires politiques et juridiques du Parti communiste chinois - qui supervise les forces de l'ordre - a estimé qu'il était "nécessaire de réprimer les activités d'infiltration et de sabotage des forces hostiles conformément à la loi", selon le compte rendu d'une réunion, diffusé par l'agence de presse étatique Chine nouvelle.

Cet organisme estime crucial de "réprimer résolument conformément à la loi les actions criminelles visant à briser l'ordre social et protéger avec détermination la stabilité sociale".

Accélérer la vaccination 

La Commission nationale de la santé s'est de son côté engagée à "accélérer la hausse du taux de vaccination des personnes âgées de plus de 80 ans et à continuer d'augmenter le taux de vaccination des personnes âgées de 60 à 79 ans".

Le taux insuffisant de vaccination en Chine, particulièrement chez les plus âgés, est l'un des arguments mis en avant par le gouvernement pour défendre sa stricte politique sanitaire, avec confinements à répétition, quarantaines à l'arrivée de l'étranger et tests quasi-quotidiens pour la population.

En vigueur depuis bientôt trois ans, cette politique a été la cible de manifestations le week-end dernier dans plusieurs villes, le mouvement de contestation le plus étendu depuis les mobilisations pour la démocratie réprimées dans le sang en 1989.

En toile de fond également, de profondes frustrations vis-à-vis du système politique, comme l'ont montré des slogans scandés par les manifestants, certains ayant exigé que M. Xi Jinping et le Parti communiste quittent le pouvoir.

L'élément déclencheur : un incendie mortel la semaine dernière à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest).

Les restrictions sanitaires sont accusées d'avoir empêché le travail des secours, des arguments balayés lundi par le gouvernement.

«Trop strict»

Après un week-end agité, l'important déploiement policier dans les grandes villes chinoises semblait avoir dissuadé mardi les contestataires, selon l'AFP à Pékin et à Shanghai.

Dans la capitale, des journalistes de l'AFP ont vu quelques véhicules de police, mais aucun manifestant au croisement près du village des Jeux asiatiques où une manifestation avait été prévue. Les températures très basses, de moins neuf degrés Celsius, avaient sans doute contribué à décourager tout nouveau rassemblement.

Des participants aux manifestations du week-end à Pékin avaient raconté lundi à l'AFP avoir reçu des appels téléphoniques de policiers s'informant de leurs déplacements.

La frustration envers les mesures draconiennes prises pour lutter contre la Covid restait palpable. "La politique (zéro Covid), c'est vraiment trop strict", a confié à l'AFP à Shanghai un passant âgé de 17 ans, qui a souhaité conserver l'anonymat. "Elle tue plus de gens que la Covid".

Certains ont toutefois réussi à se réunir mardi soir, notamment à Hong Kong -secoué en 2019 par des manifestations en faveur de la démocratie- où des dizaines de personnes ont rendu hommage, à l'Université chinoise, aux victimes de l'incendie d'Urumqi, a constaté l'AFP.

Dans la ville voisine de Shenzhen, en Chine continentale, des témoins ont dit à l'AFP avoir observé une forte présence policière après des rumeurs sur les réseaux sociaux d'appels à manifester.

«Une période de très grande incertitude»

Le contrôle strict des autorités sur l'information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l'intérieur de la Chine compliquent l'évaluation du nombre total des manifestants pendant le week-end.

Mais un soulèvement aussi étendu est rarissime en Chine, compte tenu de la répression de toute forme d'opposition au gouvernement.

Il a immédiatement suscité l'attention de la communauté internationale, le président américain Joe Biden ayant à cet égard dit se tenir "informé".

Si Pékin maintient pour l'instant sa stricte politique face à la Covid, quelques gestes d'assouplissement sont apparus ces derniers jours.

Ainsi, à Urumqi, la population pouvait à nouveau se déplacer en bus mardi pour faire ses courses, après des semaines de confinement.

La municipalité de Pékin a pour sa part interdit "la pratique consistant à bloquer les portes des bâtiments dans les complexes résidentiels fermés", selon Chine Nouvelle, un procédé qui a alimenté la colère populaire.

Dans cette "période de très grande incertitude", le Fonds monétaire international pourrait quant à lui devoir réviser à la baisse ses prévisions sur l'économie chinoise, a averti mardi sa directrice Kristalina Georgieva.

Pour elle, "deux facteurs sont à l'origine de ce ralentissement de la croissance : les restrictions liées à la Covid et les difficultés du secteur immobilier", frappé par une succession de faillites de promoteurs et des difficultés pour achever les travaux.

Ce qui n'empêchera pas a priori l'arsenal nucléaire chinois d'être en voie de plus que tripler d'ici à 2035, a estimé dans un rapport rendu public le même jour le Pentagone.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.