Inflation, prix de l'énergie, ces menaces qui pèsent sur les fromages grecs

Le berger Yannis Karganis trait ses animaux dans sa ferme sur l'île égéenne de Naxos, le 11 novembre 2022. (AFP).
Le berger Yannis Karganis trait ses animaux dans sa ferme sur l'île égéenne de Naxos, le 11 novembre 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Inflation, prix de l'énergie, ces menaces qui pèsent sur les fromages grecs

  • Au moment où la Grèce se débat avec une inflation qui a grimpé à 12% en septembre avant de refluer légèrement en octobre (9,1%), de lourdes menaces pèsent sur un secteur agricole qui emploie 11% de la population active
  • Dans tout le pays, la détresse sociale monte face à l'envolée des prix de l'énergie notamment: une grève générale pour dénoncer la vie chère a paralysé la Grèce début novembre

NAXOS : Derrière sa ferme dévorée par les bougainvilliers, le Grec Yannis Karganis trait ses brebis en broyant du noir. Assommé par la flambée des prix, cet agriculteur de l'île grecque de Naxos craint désormais pour la survie de sa petite fromagerie.

"Je ne gagne rien avec mes fromages. Je travaille jour et nuit et malgré cela, je ne peux pas vivre", se désole ce septuagénaire qui produit chaque année deux tonnes de gravièra de Naxos, un fromage réputé dans toute la Grèce et au-delà.

"L'an dernier, nous achetions le sac de semences 14 euros. Cette année, c'est 21 euros. Le prix de l'essence est monté en flèche, à 2,30 euros le litre en ce moment", souffle dans son verre de raki cet agriculteur, une tignasse poivre-et-sel dressée sur un visage ridé comme un pruneau.

Sur cette île agricole de l'archipel des Cyclades, comme dans le reste du pays, éleveurs et fromagers sont à cran.

Au moment où la Grèce se débat avec une inflation qui a grimpé à 12% en septembre avant de refluer légèrement en octobre (9,1%), de lourdes menaces pèsent sur un secteur agricole qui emploie 11% de la population active.

Détresse sociale

Dans tout le pays, la détresse sociale monte face à l'envolée des prix de l'énergie notamment: une grève générale pour dénoncer la vie chère a paralysé la Grèce début novembre.

Si rien ne change, "à moyen terme, il n'y aura plus de lait sur le marché grec, ni de viande, ni de pommes de terre, ni rien qui provienne du secteur" agricole, prophétise Dimitris Kapounis, le président de l'Union des coopératives agricoles de Naxos (EAS).

Petit ou gros producteur, la crise touche tout le monde sur cette île aux traditions rurales bien enracinées.

Avec sa pâte dure et son fort caractère, le gravièra, composé à 80% de lait de vache et à 20% de lait de brebis ou de chèvre, dispose du précieux label européen AOP (Appellation d'origine protégée).

Les Grecs l'aiment saupoudré sur les pâtes, frit ou en fromage de table. Il s'exporte aussi dans une dizaine de pays, des Etats-Unis à l'Allemagne.

Cette année, la production de plus de 1 250 tonnes par an accuse déjà une chute de 130 tonnes.

En cause? Le manque de lait dû notamment à la hausse des prix de la nourriture pour animaux provoquée par la guerre en Ukraine d'où sont importées les céréales et les coûts de transport élevés dus eux aussi au conflit en cours.

Abattus

Au bout d'une route de montagne aux flancs râpés avec vue plongeante sur la mer Égée, le berger Yannis Vavoulas, les yeux sur son troupeau, livre lui aussi ses tourments.

"Nous ne nourrissons pas (les bêtes) comme nous le devrions", explique cet homme de 42 ans. "Nous les nourrissons 2 ou 3 fois (par jour mais) avec peu de nourriture" donc les bêtes produisent moins de lait.

La crise est si aigüe que certains éleveurs ont dû abattre une partie de leur cheptel, réduisant encore la production de lait.

Yorgos Margaritis, qui élève 250 vaches, a déjà pris cette décision douloureuse. "Tous ces animaux que vous voyez auraient dû être inséminés" pour vêler. "Ils seront abattus".

A la rentrée, le gouvernement a bien ficelé un paquet d'aides d'urgence de 280 millions d'euros pour plus de 10 000 jeunes agriculteurs. Mais elles n'ont pas mis un terme à l'angoisse qui ronge les agriculteurs.

"Si les producteurs de lait ne sont pas aidés pour qu'au moins la production de fromage vers l'Europe soit maintenue, alors nous sommes tous perdus", se lamente dans son hâloir Yannis Kavouras, 56 ans, à la tête de la plus grosse fromagerie de Naxos.

Et impossible de faire venir du lait d'autres régions. La fabrication du gravièra AOP répond à un cahier des charges rigoureux.

Et les coûts de transport pour faire venir des marchandises du continent s'avèrent prohibitifs. Il faut plus de 5 heures de bateau pour relier le port du Pirée près d'Athènes à Naxos.

"Si les producteurs n'apportent plus de lait, qu'est-ce que je vais utiliser?", lance-t-il, une charlotte enfoncée sur la tête. "De l'eau?".


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.