Dissonances au gouvernement, Macron recadre

Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter en 2027, avait déjà appelé fin août sa majorité à "réaffirmer une unité très forte" et à ne pas céder à la tentation de la "démagogie". (Photo, AFP)
Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter en 2027, avait déjà appelé fin août sa majorité à "réaffirmer une unité très forte" et à ne pas céder à la tentation de la "démagogie". (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 30 novembre 2022

Dissonances au gouvernement, Macron recadre

  • Le président de la République a invité, en conseil des ministres, les membres de son gouvernement à se concentrer « sur les fondamentaux» et à ne pas alimenter un climat de « démagogie»
  • L'injonction du chef de l'Etat était glissée à l'intention de Bruno Le Maire: le ministre de l'Économie a reconnu, dimanche, des « abus» et une « dérive» passés dans le recours des ministères aux cabinets de conseil privés, tel que l'américain McKinsey

PARIS: Emmanuel Macron a dû recadrer ses ministres après que plusieurs d'entre eux ont exprimé des dissonances au sein du gouvernement, jouant des coudes en vue des futures échéances électorales.

Le président de la République a invité, en conseil des ministres, les membres de son gouvernement à se concentrer "sur les fondamentaux" et à ne pas alimenter un climat de "démagogie", selon un ministre, dont les propos ont été corroborés par une autre source ministérielle.

Il n'y a rien de nouveau, modère un conseiller, Emmanuel Macron appelle à "l'unité toutes les semaines".

L'injonction du chef de l'Etat était glissée à l'intention de Bruno Le Maire: le ministre de l'Économie a reconnu, dimanche, des "abus" et une "dérive" passés dans le recours des ministères aux cabinets de conseil privés, tel que l'américain McKinsey, au centre de deux informations judiciaires notamment pour éventuel favoritisme.

Le lendemain, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran réfutait toute "dérive" ou "abus".

Le Maire, à qui est prêté des ambitions jusqu'à l'Elysée, "la joue un peu solo. Il avait très envie de dire qu’il avait baissé le recours à McKinsey" dans son ministère, sourit un autre conseiller.

D'autres dissensions ont émergé dimanche entre les ministres des Comptes publics, Gabriel Attal, et des Transports, Clément Beaune.

Le premier a affirmé dans le Parisien vouloir aider surtout "la France laborieuse", reprenant des expressions aux accents très sarkozystes, le second a répondu sur Europe 1 que "le travail n'est pas réservé à quelques-uns" et appelé "au contraire à avoir un discours de rassemblement".

«Emulation»

Ils n'ont pas semblé non plus d'accord sur la manière de pallier l'endettement de la Ville de Paris. Clément Beaune n'a "pas exclu" une mise sous tutelle de la capitale, une éventualité qui n'est "pas d'actualité" pour Gabriel Attal.

Ces divergences sont le reflet d'une "course à la mairie" de Paris en vue des élections municipales de 2026, relève une source gouvernementale.

Plus généralement, un autre ministre ne voit pour l'instant dans ces dissonances qu'une "compétition au sens émulation", entre Bruno Le Maire et d'autres membres du gouvernement, comme le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui aurait aussi de grandes ambitions pour 2027.

Cette concurrence est "plus enrichissante que problématique" à ce stade, mais "je ne suis pas garant dans un an" de la situation, prévient la même source.

De quoi en tout cas compliquer la tâche de la Première ministre Elisabeth Borne, déjà privée de majorité absolue, et qui a appelé récemment son gouvernement à la "mobilisation" sur des réformes difficiles à venir, comme les retraites.

Selon un autre ministre, d'autres dissensions couvent à l'approche du débat sur l'immigration le 6 décembre entre Gérald Darmanin et le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.

Succession

Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter en 2027, avait déjà appelé fin août sa majorité à "réaffirmer une unité très forte" et à ne pas céder à la tentation de la "démagogie", quand certains ministres suggéraient, après un été caniculaire, de réguler les jets privés.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel voit dans ces dissonances "un manque de cohérence gouvernementale qui va croissante", "des ambitions pour quelques-uns", mais aussi de "vraies ruptures sur la ligne idéologique" entre l'aile gauche de la Macronie revendiquée par Clément Beaune, et les partisans du dépassement comme Gabriel Attal.

Il n'y a "pas de divergences de vues",rétorque un conseiller.

"C'est le signe que la succession est ouverte", note l'historien Jean Garrigues, qui vient de publier "Elysée contre Matignon" (éditions Tallandier). Il rappelle que le premier à être sorti du bois fut l'ex-Premier ministre Edouard Philippe quand il a créé en octobre 2021 le parti Horizons.

Pour lui, ces discordances peuvent certes "fragiliser" la Première ministre. Mais, cela peut en même temps "renforcer" son image de cheffe de gouvernement "sérieuse", "au service du bien commun".


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Short Url
  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".