Kanye West suspendu de Twitter après avoir affiché son admiration pour Hitler

Ces dernières semaines, plusieurs membres de son ancien entourage professionnel avaient dénoncé auprès de médias américains la fascination de Kanye West pour Hitler. (Photo de OLIVIER DOULIERY / AFP)
Ces dernières semaines, plusieurs membres de son ancien entourage professionnel avaient dénoncé auprès de médias américains la fascination de Kanye West pour Hitler. (Photo de OLIVIER DOULIERY / AFP)
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Publié le Vendredi 02 décembre 2022

Kanye West suspendu de Twitter après avoir affiché son admiration pour Hitler

  • «J'aime Hitler», avait lancé la star à plusieurs reprises, déclenchant un déluge de condamnations sur les réseaux sociaux
  • Propriétaire et patron de la plateforme depuis octobre, Elon Musk prônait jusqu'à présent une vision absolue de la liberté d'expression

LOS ANGELES: Twitter a suspendu vendredi le compte du rappeur américain Kanye West pour "incitation à la violence", après la publication d'une image représentant une croix gammée entrelacée avec une étoile de David ainsi que des propos admiratifs pour Hitler.

"Simplement pour clarifier que son compte a été suspendu pour incitation à la violence", a indiqué le patron du réseau social Elon Musk, en réponse à l'image associant les symboles du régime nazi et du judaïsme postée par le rappeur, de plus en plus isolé après ses récentes remarques antisémites.

Propriétaire et patron de la plateforme depuis octobre, Elon Musk prônait jusqu'à présent une vision absolue de la liberté d'expression.

Lors d'une apparition ubuesque dans l'émission "Infowars", animée par le présentateur complotiste Alex Jones, le rappeur américain, qui se fait désormais appeler Ye et portait une cagoule noire recouvrant la totalité de son visage, s'était lancé jeudi dans une tirade sur le pêché, la pornographie et le diable.

"J'aime Hitler", avait lancé la star à plusieurs reprises, déclenchant un déluge de condamnations sur les réseaux sociaux.

«Tu es allé trop loin»

Et quelques heures plus tard, le patron de Twitter annonçait sa suspension du réseau social après un échange entre les deux hommes que le rappeur a ensuite rendu public.

"Désolé mais tu es allé trop loin, ce n'est pas de l'amour", a écrit le patron de Twitter dans un message privé. West a répondu en défiant Elon Musk: "qui a fait de vous le juge"?

Le rappeur avait également partagé une photo d’un Elon Musk torse nu se faisant arroser d’eau, qui était sous-titré: "Souvenons-nous toujours de cela comme mon dernier tweet".

Avant même cette suspension et en raison de plusieurs propos antisémites, de nombreuses marques avait coupé les ponts ces dernières semaines avec Kanye West, notamment l'équipementier sportif Adidas, la chaîne de prêt-à-porter Gap et la maison de mode Balenciaga.

La maison mère de Parler, Parlement Technologies, a pour sa part annoncé qu'elle renonçait à se faire racheter par le géant du rap. Une décision "prise mi-novembre", a assuré l'entreprise aux commandes de ce réseau social, très populaire auprès des ultra- conservateurs pour sa défense d'une liberté d'expression quasiment sans limite.

Kanye West avait initialement fait part de sa volonté de racheter Parler, après les récents propos antisémites qui ont fait de lui une persona non grata dans le monde des affaires et lui avait valu des suppressions de ses posts sur Instagram et Twitter.

«J'adore les nazis»

Sur le plateau d'"Infowars" jeudi, le rappeur de 45 ans, qui dit souffrir de troubles bipolaires et a récemment suggéré qu'il pourrait briguer la présidence des Etats-Unis en 2024, a redoublé de provocation.

"Je vois des choses positives aussi concernant Hitler", a-t-il déclaré. "Ce mec (...) a inventé les autoroutes, a inventé le microphone que j'utilise comme musicien. On ne peut pas dire publiquement que cette personne a fait quoi que ce soit de bien, et j'en ai assez."

"J'en ai assez des étiquettes, tout être humain a apporté quelque chose ayant une valeur, surtout Hitler", a-t-il insisté, déclenchant des rires choqués de la part de son hôte, le complotiste d'extrême droite Alex Jones.

"Les nazis étaient des voyous et ont fait des choses très mauvaises", a tenté de le corriger M. Jones, récemment condamné à payer près d'un milliard de dollars pour avoir nié la réalité d'une tuerie dans une école.

"Mais ils ont fait de bonnes choses aussi", lui a rétorqué le rappeur. "Nous devons arrêter d'insulter les nazis en permanence. (...) J'adore les nazis."

Ces dernières semaines, plusieurs membres de son ancien entourage professionnel avaient dénoncé auprès de médias américains la fascination de Kanye West pour Hitler.

Ce nouveau scandale du rappeur a poussé la Republican Jewish Coalition à interpeller directement ses amis politiques jeudi.

Proche du "Grand Old Party", l'organisation, qui a récemment reçu de nombreuses figures du parti républicain à Las Vegas, a dénoncé Kanye West comme un "sectaire infâme et répugnant qui a ciblé la communauté juive avec des menaces et de la diffamation digne des nazis".

"Les conservateurs qui ont fait l'erreur de tolérer Kanye West doivent être clairs sur le fait qu'il est un paria", a-t-elle ajouté.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com