Allemagne: inquiétudes à propos de l'achat prévu de F-35

Le chancelier allemand Olaf Scholz passe devant un avion de combat Lockheed Martin F-35 à Schoenefeld, près de Berlin, dans l'est de l'Allemagne, le 22 juin 2022 (Photo, AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz passe devant un avion de combat Lockheed Martin F-35 à Schoenefeld, près de Berlin, dans l'est de l'Allemagne, le 22 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Allemagne: inquiétudes à propos de l'achat prévu de F-35

  • Berlin avait annoncé en mars l'achat de 35 exemplaires de cet avion fabriqué par Lockheed Martin, aux côtés de 15 Eurofighter
  • Les coûts de ces avions doivent être financés à partir d'une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d'euros annoncée pour moderniser son armée par l'Allemagne

BERLIN: Le ministère allemand de la Défense a soulevé des inquiétudes concernant l'achat prévu de chasseurs américains F-35 dans le cadre de la modernisation de son armée, selon un document dont l'AFP a pris connaissance.

Berlin avait annoncé en mars l'achat de 35 exemplaires de cet avion fabriqué par Lockheed Martin, aux côtés de 15 Eurofighter, pour remplacer une partie de sa flotte vieillissante de chasseurs Tornado.

Un choix lié à la guerre en Ukraine, avait alors expliqué Berlin en disant continuer à miser à plus long terme sur l'avion de combat européen (SCAF).

Mais le ministère de la Défense soulève des inquiétudes liées à des "délais et coûts additionnels" éventuels pour cette commande de près de dix milliards d'euros, selon un courrier classifié adressé à la commission parlementaire du budget.

Les facteurs de risque tiennent au travail de mise à niveau des terrains d'aviation nécessaire pour accueillir les F-35 ainsi qu'aux exigences de sécurité et aux problèmes éventuels pour l'approbation des opérations de vol en Allemagne, selon ce courrier.

Un porte-parole du ministère de la Défense a assuré qu'il y aurait "une coopération étroite" avec le Parlement et une "clarification" de ces questions.

Une rencontre d'urgence est prévue lundi au ministère de la Défense, avec la participation de membres de la commission du budget appartenant aux trois partis de la coalition gouvernementale, ont indiqué à l'AFP des sources parlementaires.

La commission doit en principe approuver le 14 décembre une première tranche de financements pour le projet.

Le document, dont l'AFP a pris connaissance, a été préparé pour la commission par le ministère des Finances en se fondant sur des évaluations du ministère de la Défense.

Selon ce document, il existe des doutes sur la capacité d'achever d'ici 2026 et le début de la livraison des chasseurs les travaux nécessaires sur la base aérienne de Buechel censée les accueillir.

Le calendrier actuel est "extrêmement ambitieux", explique-t-il. En outre, les exigences de sécurité imposées par les Etats-Unis sont complexes, ce qui pourrait ajouter des délais et des coûts supplémentaires, ajoute le document.

Il existe également un risque que les approbations des opérations de vol des F-35 en Allemagne ne puissent être obtenues dans les temps faute de disposer des documents nécessaires, estime-t-il encore. Cela signifierait que les vols pourraient n'être opérés qu'avec des restrictions.

Le document cite d'autres facteurs qui pourraient provoquer des coûts supplémentaires, comme l'inflation, les fluctuations des taux de change entre le dollar et l'euro ou la hausse des coûts de production.

Les coûts de ces avions doivent être financés à partir d'une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d'euros annoncée pour moderniser son armée par l'Allemagne fin février après l'invasion russe en Ukraine.

La question du remplacement des Tornado, datant des années 1980 et 1990, occupe depuis longtemps le monde politique allemand. Le pays dispose d'une flotte de 93 exemplaires, pour certains vétustes.

Le chancelier Olaf Scholz a déclaré la semaine dernière vouloir finaliser d'ici la fin de l'année en cours le contrat pour les F-35, considéré comme l'avion de chasse actuellement le plus performant.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.