Au Royaume-Uni, l’instabilité politique retarde le projet énergétique anglo-marocain

L’entreprise Xlinks, qui détient 18 milliards de livres sterling, soit 22 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro), devrait devenir opérationnelle en 2027. Elle fournirait au Royaume-Uni 8% de ses besoins énergétiques. (Reuters).
L’entreprise Xlinks, qui détient 18 milliards de livres sterling, soit 22 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro), devrait devenir opérationnelle en 2027. Elle fournirait au Royaume-Uni 8% de ses besoins énergétiques. (Reuters).
Short Url
Publié le Lundi 05 décembre 2022

Au Royaume-Uni, l’instabilité politique retarde le projet énergétique anglo-marocain

  • Le Maroc est un leader reconnu sur le marché dans le secteur de l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique
  • Le câble longera la côte marocaine, le Portugal, le nord de l’Espagne et l’ouest de la France avant de former une boucle autour des îles Scilly et de rejoindre le comté anglais du Devon

LONDRES: À Londres, les troubles politiques ont retardé d’«au moins un an» un ambitieux plan conjoint anglo-marocain qui vise à fournir de l’énergie à la Grande-Bretagne au moyen d’un câble traversant le désert du Sahara, a rapporté dimanche dernier l’hebdomadaire The Observer.

L’entreprise Xlinks, qui détient 18 milliards de livres sterling, soit 22 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro), devrait devenir opérationnelle en 2027. Elle fournirait au Royaume-Uni 8% de ses besoins énergétiques à partir d’énormes parcs éoliens et solaires dans le désert via un câble de 3 800 kilomètres qui alimenterait jusqu’à sept millions de maisons d’ici à 2030.

Le Maroc est un leader reconnu dans le secteur de l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique. Il se classe en deuxième position derrière l’Égypte en termes d’intensité solaire (indice qui permet de mesurer la puissance de production).

Cependant, la liaison a été retardée au jusqu’à la fin de l’année 2023, fait savoir The Observer. Sir Dave Lewis, président exécutif du projet, affirme que les troubles politiques qu’a récemment vécus la Grande-Bretagne – trois Premiers ministres en moins de six mois – en ont ralenti l’évolution.

«Nous avons passé beaucoup de temps avec le secrétaire d’État aux affaires de l’époque [Kwasi Kwarteng], qui a déclaré: “Nous aimons beaucoup cette initiative, mais elle doit être validée par le Trésor.” Nous avons donc soumis le projet au Trésor, au bureau du conseil des ministres et au département des affaires, qui a été très positif», précise M. Lewis à The Observer.

«Lorsque nous avons commencé à aborder les détails, la crise politique a explosé, et tout s’est arrêté. Tout le monde a changé, donc c’était un peu comme s’il fallait tout recommencer», déplore-t-il.

«Il est temps pour le Royaume-Uni d’atteindre ses ambitions de zéro émission nette en vue de sécuriser l’approvisionnement énergétique et de réduire les factures. Nous avons déjà perdu un an.»

Le câble qui transportera l’électricité longera la côte marocaine, puis le Portugal, le nord de l’Espagne et l’ouest de la France avant de former une boucle autour des îles Scilly et de rejoindre le comté anglais du Devon, où Xlinks a déjà approuvé des connexions d’1,8 gigawatt.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.