De jeunes migrants campent dans le froid devant le Conseil d'Etat

Des enfants (mineurs) migrants non accompagnés sont assis sous des tentes devant le Conseil d'État lors d'un happening organisé par les associations Utopia 56, Les midis du mie, Tarale et Timmys pour exiger la mise à l'abri des mineurs non accompagnés sans abri, à Paris, le 2 décembre , 2022. (AFP).
Des enfants (mineurs) migrants non accompagnés sont assis sous des tentes devant le Conseil d'État lors d'un happening organisé par les associations Utopia 56, Les midis du mie, Tarale et Timmys pour exiger la mise à l'abri des mineurs non accompagnés sans abri, à Paris, le 2 décembre , 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 06 décembre 2022

De jeunes migrants campent dans le froid devant le Conseil d'Etat

  • Depuis vendredi après-midi, des dizaines de tentes bleues ont investi la place du Palais-Royal, devant le Conseil d'État et face au Musée du Louvre
  • "Ils ont conscience de la difficulté, du froid, du danger", mais "on parle de jeunes qui ont vu des proches se noyer dans la Méditerranée", expose Sylvie Brugnon, bénévole pour l'association les Midis du MIE

PARIS: Plus de 300 jeunes migrants, qui se revendiquent mineurs, s'apprêtaient lundi soir à passer leur quatrième nuit dans des tentes devant le Conseil d'État, malgré le froid et dans l'espoir d'une mise à l'abri.

"Je suis ici depuis quatre jours et c'est extrêmement difficile. On dort sur un sol glacé, nos pieds sont congelés. L'eau suinte sur les tentes", confie Fabrice*, originaire du Cameroun, en France depuis quelques mois.

Il fait partie des plus de 400 jeunes migrants qui vivaient depuis six mois dans un campement d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

En attendant une décision de justice pour trancher sur leur âge, ces jeunes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique de l'Ouest ou d'Afghanistan, se voient privés d'un hébergement et d'une prise en charge par l'Aide sociale à l'enfance.

Depuis vendredi après-midi, des dizaines de tentes bleues ont investi la place du Palais-Royal, devant le Conseil d'État et face au Musée du Louvre.

"Une localisation symbolique, afin de faire réagir les passants alors que sous un pont à Ivry-sur-Seine, tout le monde s'en fiche", explique Zelda Gayet, coordinatrice à Utopia 56, une des associations qui ont mené cette action.

Ses volontaires, ainsi que ceux de Médecins sans frontières (MSF), Médecins du monde et des Midis du MIE, se relaient depuis quatre jours auprès des jeunes migrants.

"Tous mes membres sont glacés. J'ai dû rater une journée d'école pour être ici, pour être certain d'avoir une place où dormir", raconte Habib Babak, originaire d'Afghanistan. Au froid s'ajoutent l'humidité et la promiscuité dans les tentes.

Dix jeunes ont été évacués par les pompiers depuis vendredi, pour des cas d'hypothermie, selon les associations. Mais les autres restent déterminés.

« Beaucoup de solidarité »

"Ils ont conscience de la difficulté, du froid, du danger", mais "on parle de jeunes qui ont vu des proches se noyer dans la Méditerranée", expose Sylvie Brugnon, bénévole pour l'association les Midis du MIE.

Les associations leur fournissent des chaussures, des manteaux d'hiver ou encore des paires de gants.

A quelques mètres du campement, des dizaines de jeunes emmitouflés dans leur capuches tentent de se réchauffer près d'un stand de nourriture.

"Il y a beaucoup de solidarité", explique Nora*, bénévole aux Midis du MIE, qui souligne qu'en plus des associations, "beaucoup de personnes se mobilisent d'elles-mêmes" pour apporter de l'aide.

Une partie de foot s'improvise, d'autres jeunes hèlent une bénévole pour récupérer leurs téléphones portables qu'elle recharge et transporte dans un sac où des fils dépassent de partout.

"On n'a pas le choix de dormir dehors et de s'installer ici, parce qu'on ne peut pas travailler, on ne peut pas aller à l'école, on ne peut pas avoir de titre de séjour", résume amèrement Fabrice.

"La situation perdure, et nous n'avons eu aucune réponse politique. Le gouvernement est dans le déni", fustige Sylvie Brugnon, or le nombre de jeunes migrants sans abri ne cesse de s'accroître.

La mairie d'Ivry-Sur-Seine a proposé d'héberger certains jeunes dans un gymnase de la ville, mais attend le feu vert de la préfecture du Val-de-Marne. Insuffisant aux yeux des associations. "On ne veut pas des miettes, on veut la mise en place d'un dispositif pérenne", ajoute Yann Manzi, cofondateur d'Utopia 56, pour qui l'accueil des Ukrainiens prouve que "l'État dispose de toutes les places qu'il veut".

*(nom d'emprunt)


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.