Les liens entre la Chine et l’Arabie saoudite accélèrent la transition énergétique mondiale

Le roi Salmane au côté du président Xi Jinping, en mars 2017 à Pékin (Photo, AFP).
Le roi Salmane au côté du président Xi Jinping, en mars 2017 à Pékin (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 décembre 2022

Les liens entre la Chine et l’Arabie saoudite accélèrent la transition énergétique mondiale

Les liens entre la Chine et l’Arabie saoudite accélèrent la transition énergétique mondiale
  • La coopération bilatérale s’est rapidement étendue aux énergies renouvelables, aux villes intelligentes, à l’intelligence artificielle, à l’aéronautique et à d’autres domaines
  • À l’échelle mondiale, la Chine est à la pointe des technologies d’énergie renouvelable et joue un rôle de plus en plus essentiel dans la transition énergétique mondiale

L’énergie est le fondement de la civilisation humaine. Face à une crise climatique imminente, tous les pays du monde partagent la responsabilité d’accélérer la transition vers l’énergie verte.

Cette année, les conflits géopolitiques et les conditions météorologiques extrêmes ont perturbé l’approvisionnement mondial en énergie, attirant davantage l’attention sur l’importance de la sécurité et de la transition énergétiques.

Partageant le même objectif stratégique de développement durable et écologique, l’Arabie saoudite et la Chine illustrent la manière dont les pays ont accéléré leur action pour relever le défi climatique mondial.

Pionnière de la transition énergétique, l’Arabie saoudite a établi sa feuille de route stratégique dans la Vision 2030 et vise à porter les énergies renouvelables à 50% de la capacité totale de production d’énergie d’ici 2030 et à atteindre zéro émission nette d’ici 2060.

Pour concrétiser cette vision ambitieuse, l’Arabie saoudite tire parti de ses atouts dans le domaine des énergies traditionnelles et fait avancer le développement des énergies renouvelables et la diversification économique, en introduisant des mesures telles que l’adoption active de l’énergie solaire et éolienne, le développement du piégeage, de l’utilisation et du stockage du carbone, la promotion de la rénovation des bâtiments à haut rendement énergétique et l’électrification des transports.

Des progrès tangibles peuvent être observés grâce à des indicateurs clés de la transition énergétique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part du pétrole dans la production totale d’électricité de l’Arabie saoudite a diminué de 63% en 2015 à 42% en 2018, tandis que celle du gaz naturel a considérablement augmenté pour atteindre plus de 58% en 2018.

Bien que les énergies renouvelables ne soient pas encore la source dominante de production d’électricité en Arabie saoudite, selon S&P Global, cela va changer au cours des prochaines années car des projets d’une capacité totale de 7,1 gigawatts sont actuellement en construction.

Les travaux de construction de la méga-usine d’hydrogène vert et d’ammoniac à Neom sont également en cours. Ils soutiennent les ambitions saoudiennes de produire 3 millions de tonnes par an d’hydrogène propre d’ici 2030.

De l’autre côté de l’Asie, la Chine avance avec détermination vers son programme «30-60», qui vise à atteindre le pic des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2030 et la neutralité carbone d’ici 2060.

Avant même de dévoiler ces objectifs en 2020, la Chine avait déjà commencé à transformer rapidement sa structure industrielle, passant de la dépendance aux combustibles fossiles à l’utilisation de plus d’énergie verte.

Selon l’Administration nationale de l’énergie de Chine, la capacité totale installée du pays pour les énergies renouvelables a atteint 1063 gigawatts en 2021. Les énergies renouvelables représentaient 44,8% de la capacité totale installée de production d’électricité en Chine l’année dernière, soit une hausse de 11 points de pourcentage par rapport à 2015.

À l’échelle mondiale, la Chine est à la pointe des technologies d’énergie renouvelable et joue un rôle de plus en plus essentiel dans la transition énergétique mondiale en prêtant son expertise et en aidant à construire des infrastructures énergétiques pour les pays connectés à l’initiative «La ceinture et la route».

Il est crucial que la Chine et l’Arabie saoudite mobilisent davantage d’entreprises, de fonds et d’entrepreneurs pour communiquer des idées, mettre en commun des ressources et partager des compétences techniques

Huang Zhaohui

Depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1990, la Chine et l’Arabie saoudite coopèrent étroitement dans le commerce du pétrole et du gaz. Plus récemment, la coopération entre les deux pays s’est rapidement étendue aux énergies renouvelables, aux villes intelligentes, à l’intelligence artificielle, à l’aéronautique et à d’autres domaines dans le cadre de l'initiative La ceinture et la route».

D’après les données du China Global Investment Tracker de l’American Enterprise Institute, Pékin est devenu un partenaire important dans la diversification économique et les réformes structurelles de l’Arabie saoudite, les investissements chinois cumulés en Arabie saoudite depuis 2013 dépassant les 30 milliards de dollars (1 dollar = 0,96 euro).

Pour ce qui est de l’avenir, la Chine et l’Arabie saoudite partagent une grande vision de la coopération bilatérale, notamment en ce qui concerne le développement des industries de l’énergie verte et le renforcement des industries de l’énergie traditionnelle.

Les dirigeants chinois ont réitéré la volonté du pays de renforcer et d’approfondir la collaboration avec le Royaume dans les domaines de la protection de l’environnement, de la conservation de l’énergie, de la réduction des émissions, des infrastructures vertes et de la finance verte dans le cadre de l’initiative «La ceinture et la route». La complémentarité entre les industries chinoises et saoudiennes entraînera probablement de plus grandes synergies.

Alors que la transition vers les sources d’énergie verte se fait progressivement, la Chine et l’Arabie saoudite tireront également profit de leur coopération plus étroite pour garantir la stabilité et la sécurité des énergies traditionnelles.

En renforçant leur coopération dans le domaine des énergies traditionnelles et renouvelables, la Chine et l’Arabie saoudite joueront ensemble un rôle important dans l’accélération de la transition écologique mondiale et la stabilisation des marchés énergétiques internationaux.

Enfin, pour que la vision commune de la création d’un paysage énergétique plus propre, plus diversifié et plus durable devienne réalité, il est crucial que la Chine et l’Arabie saoudite mobilisent davantage d’entreprises, de fonds et d’entrepreneurs pour communiquer des idées, mettre en commun des ressources et partager des compétences techniques.

Étant l’une des banques d’investissement les plus importantes et les plus internationalisées de Chine, la CICC sert depuis longtemps de passerelle entre les clients en Chine et à l’étranger.

Nous sommes désireux et capables de promouvoir des flux de capitaux bilatéraux plus importants et des liens industriels plus forts entre la Chine et l’Arabie saoudite et nous nous réjouissons de travailler avec plusieurs parties en Arabie saoudite afin de contribuer à la transition énergétique et au développement économique durable dans la région et dans le monde.

Huang Zhaohui est le PDG de la CICC.

NDLR: L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com