Le paracétamol, emblème des craintes concernant l'accès aux médicaments

De janvier à novembre, Sanofi observe une augmentation de 47% des demandes de livraisons de Doliprane sur la gamme pédiatrique de la part des pharmacies françaises. (AFP)
De janvier à novembre, Sanofi observe une augmentation de 47% des demandes de livraisons de Doliprane sur la gamme pédiatrique de la part des pharmacies françaises. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Le paracétamol, emblème des craintes concernant l'accès aux médicaments

  • Face à des tensions d'approvisionnement, les autorités ont recommandé aux pharmaciens, courant novembre, de ne pas vendre plus de deux boîtes par patient
  • En cause, la menace d'une triple épidémie mêlant grippe, Covid-19 et bronchiolite, qui pèse en particulier sur les formes pédiatriques

PARIS: Peut-on encore trouver du Doliprane en France ? Face à des pénuries croissantes de médicaments, l'antidouleur préféré des Français cristallise les craintes des patients.

Le paracétamol est omniprésent dans les armoires à pharmacie. Le Doliprane, sa version produite par le laboratoire français Sanofi, était même en tête des marques préférées des Français en 2021, devant Samsung et Doctolib, selon un sondage Yougov.

Mais face à des tensions d'approvisionnement, les autorités ont recommandé aux pharmaciens, courant novembre, de ne pas vendre plus de deux boîtes par patient. En cause, la menace d'une triple épidémie mêlant grippe, Covid-19 et bronchiolite, qui pèse en particulier sur les formes pédiatriques.

"Cette pénurie est mondiale, elle est liée à une pénurie de médicaments et de paracétamol en particulier, liée à la crise de la Covid, qui a modifié de manière importante les comportements de consommation et la distribution entre la ville et l'hôpital", a souligné devant le Sénat, mercredi, Roland Lescure, le ministre de l'Industrie.

Substitution 

Il y a, notamment, une explosion de la demande. De janvier à novembre, Sanofi observe une augmentation de 47% des demandes de livraisons de Doliprane sur la gamme pédiatrique de la part des pharmacies françaises. Le laboratoire, qui produit plus d'un million de boîtes de cet antalgique par jour, dit faire tourner le site de Lisieux, en Normandie, à pleine capacité 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Le laboratoire Upsa note lui aussi une progression de l'activité. Il explique avoir ainsi doublé en 2022 sa production de paracétamol, l'Efferalganmed pédiatrique. Mais le laboratoire admet "au regard de l'importance et la soudaineté des ruptures actuelles des références d'autres opérateurs, qu'il ne pourra absorber l'ensemble des volumes actuellement en rupture."

Quelles conséquences dans les pharmacies ? "Pour les formes adultes de paracétamol, il existe plein de solutions de substitution", rappelle Philippe Besset, président de la FSPF, premier syndicat des pharmaciens.

Mais "sur la forme pédiatrique, 95% du marché est produit par Sanofi, il n'est pas possible de reporter tous les volumes sur un autre acteur", dit-il à l'AFP, expliquant n'avoir plus de Doliprane en suppositoires depuis deux mois dans sa pharmacie.

"Ce n'est pas un problème de production" mais "surtout de distribution", a expliqué sur BFM TV vendredi François Braun, le ministre de la Santé, pointant du doigt les effets d'un "mouvement social" dans la distribution.

Interrogé, Sanofi a souligné de son côté que le mouvement social en cours dans le groupe n'impactait pas les sites produisant cet antalgique, reconnaissant quelques ralentissements sur un des sites de distribution en France, mais pas de nature à créer des pénuries en pharmacie.

François Braun a appelé à éviter tout mouvement de panique. "Hier, en une journée, ont été consommées trois journées de stock", a-t-il regretté.

Les autorités ont convenu de faire temporairement passer les commandes par les grossistes-répartiteurs pour la suspension pédiatrique, afin de mieux répartir les lots sur le territoire.

Apaiser les craintes 

En réalité, le paracétamol n'est pas seul concerné par les ruptures d'approvisionnement. Le phénomène frappe notamment certains antibiotiques, au risque d'un problème majeur de santé publique selon certains médecins. Sont aussi concernés des insulines, un traitement de tumeurs de la vessie...

Mais le paracétamol a un statut emblématique qui cristallise les inquiétudes.

"C'est le produit d'une histoire", remarque auprès de l'AFP Etienne Nouguez, sociologue à Sciences Po, qui a notamment travaillé sur les médicaments. "Il y a l'idée que le Doliprane, parmi tous les antalgiques, est le moins à risque, ce qui conduit à oublier que cela peut être dangereux aussi" en cas de surconsommation, dit-il.

Le sociologue voit dans ce médicament "une arme aux mains des médecins et des parents pour gérer la bobologie et tous les inconforts. C'est un objet du quotidien, qui apaise les angoisses si l'enfant a mal à la tête. Manquer de cet objet-là n'est pas seulement un risque pour la santé de l'enfant mais cela met en danger le fonctionnement interne de la famille", analyse-t-il.

En 2021, le président Macron avait annoncé un plan de souveraineté sanitaire, comprenant la relocalisation en France du principe actif du paracétamol. Mais les fabricants de génériques ne sont pas convaincus, estimant que les prix trop bas pour leurs produits ne permettent pas le maintien de l'activité sur le territoire.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.