L'UE adopte des règles pour verdir ses batteries, des smartphones aux voitures

Pascal Canfin, eurodéputé français du groupe Renew Europe et président de la commission de l'environnement (Photo, AFP).
Pascal Canfin, eurodéputé français du groupe Renew Europe et président de la commission de l'environnement (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

L'UE adopte des règles pour verdir ses batteries, des smartphones aux voitures

  • Les fabricants devront, dès 2024, renseigner l'empreinte carbone totale attendue de chaque batterie
  • Le texte adopté couvre l'ensemble du cycle des batteries, de leur conception à leur fin de vie

BRUXELLES: L'UE va obliger les industriels à rendre les batteries plus écologiques, plus facilement remplaçables et recyclables, selon un accord trouvé vendredi entre les eurodéputés et les Etats membres, qui mise sur "l'économie circulaire" pour doper la production de batteries en Europe.

Le texte adopté couvre l'ensemble du cycle des batteries, de leur conception à leur fin de vie, et s'appliquera à tous les types de batteries vendues dans l'UE – smartphones, ordinateurs, électroménager, scooters, voitures, batteries industrielles... –, précise un communiqué du Parlement européen.

Les fabricants devront, dès 2024, renseigner l'empreinte carbone totale attendue de chaque batterie, de l'extraction minière au recyclage. Et après 2027, seules les batteries des voitures électriques ne dépassant pas un seuil maximal pourront être commercialisées. Des critères de durabilité et de performance seront également imposés en 2026.

D'ici trois ans et demi, les smartphones ou appareils électroniques devront par ailleurs être conçus pour pouvoir enlever et remplacer facilement la batterie.

Surtout, les entreprises incluant des batteries dans leurs produits devront respecter des objectifs contraignants de collecte:  45% des batteries de téléphones ou d'ordinateurs devront être collectées d’ici 2023, et au moins 73% d'ici 2030.

Pour les batteries de vélos, scooters et trottinettes électriques, le taux minimal de reprise s'élèvera à 61% d'ici 2031.

Toutes les batteries collectées devront être recyclées, avec des niveaux élevés de récupération pour les composants critiques: d'ici 2027, les processus employés devront permettre de recycler au moins 90% du cobalt et du nickel des batteries, ainsi que 50% du lithium (puis 80% en 2031).

«Référence mondiale»

Enfin, la composition des nouvelles batteries devra inclure des niveaux minimums de métaux issus de la valorisation des déchets: après 2031, les batteries des véhicules électriques devront incorporer 16% de cobalt, 6% de lithium et de nickel recyclés.

"Ces exigences environnementales s'appliqueront aux batteries produites en Europe comme aux batteries importées, et restreindra progressivement l'accès au marché européen aux batteries les plus durables", explique Pascal Canfin (Renew, libéraux), président de la commission Environnement au Parlement européen.

Avec pour effet de muscler la production européenne et de réduire, grâce au recyclage, la dépendance de l'UE aux importations de métaux critiques (lithium, cobalt...), observe-t-il.

"C'est un bond en avant pour renforcer notre compétitivité, alors que l'UE est très loin derrière l'Asie et les Etats-Unis en matière de batteries", abonde l'eurodéputée Jessica Polfjard (PPE, droite), négociatrice de l'accord.

L'UE vise 25% de la production mondiale de batteries d'ici 2030, contre 3% seulement en 2020. Le continent, qui a massivement musclé ses investissements dans le secteur, comptait l'an dernier environ une quarantaine de projets d'usines de batteries.

"La concurrence mondiale est féroce et la demande a fortement augmenté; nous voulons nous assurer que nous ne serons pas un simple sous-traitant dépendant des autres, et que la mobilité propre génèrera des emplois en Europe", insiste le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton.

Le texte entend augmenter l'information du consommateur: les batteries devront porter des étiquettes et QR-codes renseignant sur leurs performances et durée de vie, et un "passeport numérique" sera créé pour en détailler l'origine et la composition, qui facilitera in fine son recyclage.

Cette loi "permet de rééquilibrer les règles du jeu entre industriels européens et importateurs" et contribuera à faire des batteries vendues en Europe "la nouvelle référence mondiale en termes de durabilité", salue Lucien Mathieu, de l'ONG Transport&Environment.

D'autant que les vendeurs de batteries devront également s'assurer que les composants (lithium, nickel, cobalt) ont été extraits en respectant des normes environnementales et sociales élevées, un "devoir de vigilance" s'appliquant à toute la chaîne d'approvisionnement, note-t-il.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.